kNoname artist
Critique Publié le

Festival Quartiers Danses 2018 | Entre ballet urbain et hip-hop contemporain pour 36 chorégraphes et 140 danseurs

Le 16e Festival Quartiers Danses, qui court jusqu’au 15 septembre avec 10 spectacles en salle et 20 en extérieur dans 7 quartiers de la métropole, contribue cette année encore au rayonnement artistique de Montréal en tant que ville de danse à l’international.

La soirée d’ouverture à la Cinquième Salle de la Place des Arts vendredi donnait toute la place au chorégraphe Roderick George et sa troupe berlinoise kNoname artist, avec un programme double comprenant DUST et Fleshless Beast, deux œuvres qui se complètent bien en offrant chacune 27 minutes d’une intensité de style qui ne ressemble à personne.

Roderick George, qui danse aussi dans ses deux chorégraphies, a été formé à la prestigieuse Alvin Ailey School de New York et à la Houston Ballet Academy au Texas. Il a dansé déjà pour des chorégraphes de renom comme William Forsythe et Jîri Kylian.

Photo par Jubal Battisti

DUST a été conçue pour un quatuor exclusivement masculin où chaque danseur se démarque en créant néanmoins un tout qui se tient admirablement. Qu’ils soient en maillot, en boxer, en leggins ou en jogging, les quatre interprètes confirment que la danse doit venir du cœur pour pouvoir passer par tout le corps.

Parfaitement synchronisés dans leurs mouvements, ils sont la preuve vivante que la danse moderne peut aussi bien se nourrir de l’esthétique du hip-hop en la transposant à la scène.

Photo par Jubal Battisti.

Plus tribale, avec une ascendance primitive qui se développe tout en langueur et en lascivité, Fleshless Beast est présentée par un sextet qui compte une seule danseuse. Portant invariablement les mêmes collants rayés, en chaussettes noires plutôt que pieds nus, les six danseurs s’exécutent en questionnant les notions de genre et de couleur de peau. L’apparition soudaine en fond de scène d’une croix lumineuse restera un mystère pour cette chorégraphie pourtant dépourvue de tout penchant mystique ou religieux dans son rendu.

 

Quartiers Danses : festival de découvertes et événement médiateur

Le Festival Quartiers Danses s’est toujours voulu une manifestation qui ouvre des portes favorisant les découvertes et les différences. C’est ce qu’entend par « médiation culturelle » le comédien et danseur Marc Béland qui en est le porte-parole pour la septième année.

Il performera d’ailleurs en première mondiale dans une chorégraphie d’Alix Dufresne qui a souvent emprunté des éléments venus du théâtre dans sa démarche en danse. Béland, qui a fait les beaux jours de la compagnie La La La Human Steps sous la direction d’Édouard Lock, propose un solo de 15 minutes intitulé Chutes : Descendre au ciel, portant sur le thème difficile à aborder de la dégénérescence, physique et mentale, comme étant le mal du siècle.

Des 36 chorégraphes présents cette année, 29 sont Québécois. Ce festival incontournable est aussi l’occasion de tenir des tables-rondes sur les enjeux évolutifs de la danse, de même que la projection de 31 courts-métrages d’autant de vidéastes, et une exposition de photos, à la croisée du monde en perpétuelle mouvance qu’est la danse.

Vos commentaires