Festival Vue sur la relève
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Festival Vue sur la Relève | Des découvertes avant tout le monde

La 23e édition du Festival Vue sur la Relève bat son plein jusqu’au 19 mai avec 29 spectacles présentés au Monument-National, ainsi que plus haut sur le boulevard Saint-Laurent, à la nouvelle salle Le Ministère.

Soutenir la jeune création en arts vivants est le point d’honneur du Festival Vue sur la Relève par lequel sont passés une pléiade d’artistes maintenant confirmés. Qu’on pense en chanson et musique à Yann Perreau, Karkwa, Vincent Vallières, Radio Radio, Alex Nevsky, Klô Pelgag, Martin Léon ou Pierre Lapointe, ils ont tous tenté leur première chance à Vue sur la Relève.

Même chose en danse pour Estelle Clareton, Manon Oligny, Emmanuel Jouthe, le Rubberbandance Group ou Virginie Brunelle. Et en théâtre et conte pour Fred Pellerin, Fabien Cloutier ou même Evelyne de la Chenelière. Il faut bien commencer quelque part, et se faire connaître est tout simplement vital.

La fondatrice de Vue sur la Relève, Marie-André Thollon, qui annonce sa retraite avec le sentiment du devoir accompli, a fait énormément pour permettre aux artistes émergents d’être vus et entendus. C’est le cas depuis 35 ans avec Créations Etc… où elle a mis temps et énergie, beaucoup de flair aussi, pour nous présenter le meilleur des jeunes artistes de la relève.

La directrice artistique du Festival, Sarah Labelle, écrit dans le programme de la présente mouture : « La musique, les mots, la lumière, le mouvement : les arts ont cette capacité inexplicable de nous toucher, de nous faire sortir de nous-même tout en nous permettant de mieux s’ancrer, de mieux se comprendre, de mieux s’habiter ». Alors que Priscilla Lapointe (la sœur de Louise Portal), qui agit en tant que consultante artistique à Vue sur la Relève, parle de « l’immense privilège d’avoir pu partager ma grande passion pour les arts de la scène à vos côtés ».

Kreatur de Pauline Gervais. Crédit photo Jackie Hopfinger.

Mardi soir, au Studio Hydro-Québec du Monument-National, un programme triple en danse nous a permis de considérer pour la première fois le travail de trois jeunes chorégraphes : Sébastien Provencher avec Children of Chemistry, Pauline Gervais avec son solo Kreatur, et la compagnie A Fichu Turning avec Being Heard Hearing. Trois styles de danse, trois personnalités artistiques différentes, mais qui à tour de rôle ont conquis un public curieux et avisé.

Children of Chemistry (les titres en anglais sont très tendance dans le milieu de la danse) s’est avérée la chorégraphie la plus achevée. L’œuvre de Sébastien Provencher, dont l’ouverture gagnerait à être plus concise, est élaborée en fonction de cinq danseurs illustrant la gent masculine à travers le sport, la mode, et la culture populaire. En cherchant à briser des tabous et en s’attaquant aux stéréotypes de la masculinité, le chorégraphe explore un monde de gars qui s’affirme haut et fort par la danse.

C’est lui aussi qui a dessiné les costumes des danseurs, dont ces collants rouges moulants, torse nu, et coiffés de casques de footballers rouges aussi qui s’avèrent d’une grande efficacité pour passer son message. Sans voix et sans mots, la danse de Sébastien Provencher parle beaucoup.

Plein de choses intéressantes restent encore à être présentées. Comme en théâtre, une production de La Fratrie intitulée Mononucléose, écrite et interprétée par Alex Trahan. Sa création met en scène la détresse et la solitude d’un jeune homme surfant sur l’humour autant que sur le cynisme de la musique pop ambiante. « Une incursion personnelle dans la folie qui nous saute dans la face quand on se retrouve devant l’absence de l’autre », nous dit le programme.

Le 18 mai au Ministère, l’occasion sera bonne pour capturer sur scène l’énergie que le groupe Yokofeu a mis dans son récent album Les enfants sauvages. Attirée par la lignée post-punk anglaise à la Joy Division, la musique de Yokofeu est un matériau vivant qui bouge et se transforme dans l’urgence, répondant à une démarche où la chanson est avant tout scénique et théâtrale.

Le lendemain soir, un programme triple sera présenté à la même salle. D’abord Maysun avec Sun & IceEtienne Mason crée des textures sonores en temps réel avec synthétiseurs et batterie. Puis, Deep Rivers en chanson avec Straight Shooter où l’auteur-compositeur-interprète et guitariste André Pelletier propose une combinaison de folk intime avec l’énergie et la palette sonore de l’indie-rock.

En fin de programme, on entendra le quatuor Louize dont l’album Imitation Gold vient de sortir en février dernier. Nouvelle mouture du duo Fire/Works devenu plus rock pesant avec des grooves corrosifs, Louize promettent de nous sortir complètement des sentiers battus.

Fort de sa cinquantaine de partenaires, le Festival tiendra sa Soirée de remise des Coups de pouce le 23 mai au Ministère. Et le plus beau avec Vue sur la Relève, c’est de pouvoir dire qu’on a connu tel ou tel artiste avant tout le monde.

Pour se procurer des billets, c’est par ici!

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