Fête nationale du Québec à Laval
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Fête nationale du Québec à Laval | Du beau monde devant une foule gigantesque

Comme le veut la tradition, c’était la fête hier soir à Laval, et pas n’importe laquelle ! Pour une 5e​ année consécutive, le Centre de la Nature était l’hôte du grand spectacle lavallois de la St-Jean, qui est l’un des plus importants de la province. 

Toujours friande de programmer de grande figures de la musique québécoise pour sa soirée phare, la ville de Laval invitait cette année Marie-Mai, Loud, Paul Piché, Hubert Lenoir, Patrice Michaud, Guylaine Tanguay, Breen Leboeuf, Mara Tremblay, Fanny Bloom, King Abid, Ilam et Flavia Nascimento, qui étaient rejoints, selon la tradition, par Les Petits chanteurs de Laval.

Animation peu digne des géniaux musiciens

Mis en scène par Émilie Laforest, sous la direction musicale de Denis Faucher, la belle soirée était animée par l’exténuant NEEV, dont la capacité à lire des fiches impressionne à défaut de savoir improviser. Un comble pour un humoriste qui, par ses interventions saccadées ou maladroites dignes d’une soirée Bingo dans un obscure village, n’aura pas réussi à souvent faire lever l’impressionnante foule amassée sur la plaine gazonnée.

Tout le contraire des artistes, qui pouvaient compter sur une animation musicale de prestige menée par le guitariste Olivier Langevin (Galaxie), le bassiste-réalisateur Philippe Brault (Philémon Cimon, Safia Nolin, Koriass), le batteur José Major (Marie-Pierre Arthur, Salomé Leclerc, Catherine Durand) ou encore le pianiste Denis Fauché (Pierre Lapointe). Impressionnant, sans oublier la resplendissante Mara Tremblay qui, outre ses chansons (Les Aurores et Ton corps au mien), intervenait dans d’autres titres au violon.

Photo par Marc-Étienne Mongrain

40 000 spectateurs venus fêter le Québec

Montée pour l’occasion, la grande scène donnait lieu à des moments dansants et résolument magiques emmené . Soutenue par 150 choristes lavallois, Guylaine Tanguay ouvrait la cérémonie par une interprétation profonde de Il était une fois… en hommage à Nicole Martin, qui a quitté ce monde au début de cette année 2019. Un beau moment de communion qui se manifestera également par l’entrée remarquée de Patrice Michaud sur Kamikaze avant un duo avec Ilam sur Éloïse. « Je pense que tous les astres sont alignés pour passer une soirée exceptionnelle », dira celui qui officie cette année comme artiste-passeur pour le Festival en chanson de Petite-Vallée, et que l’on a eu en entrevue récemment.

Photo par Marc-Étienne Mongrain

Le Gaspésien laissera sa place pour la venue du énergique Hubert Lenoir, qui traîne encore son Darlène supposé décédé aux dernières Francos de Montréal. Sans excès notable, le jeune artiste jouera sobrement deux titres de son album à succès avec Recommencer et Ton hôtel. Respectueux du public, le digne représentant d’une jeunesse décomplexée aura respecté son public, s’effaçant discrètement de la scène pour donner pleine lumière à l’une des têtes d’affiche de la soirée, Marie-Mai.

Marie-Mai et la foule en délire

Dès la venue sur scène de l’ex-participante à Star Académie, on peut sentir rapidement l’engouement suscité qui justifie, de toute évidence, le fait d’avoir comblé à trois reprises les gradins du Centre Bell. Sur Je décolle, le public le fera tout autant en sautant de plus belle, avant que ce dernier fredonne les paroles de Exister et C’est moi. 

Photo par Marc-Étienne Mongrain

À deux reprises, la native de Varennes invitera en duo l’excellente Fanny Bloom sur Piscine et Mentir, quelques minutes avant que King Abid et le chanteur du dimanche Neev viennent jouer une version reggae étonnement réussie de Entr’ deux joints de l’illustre Robert Charlebois.

Par la suite, Guylaine Tanguay offrira sur Il m’a montré à yodler un cours particulier de cette pratique vocale des Alpes aux 40 000 spectateurs avant que ceux-ci ne s’enthousiasment à la venue de l’autre tête d’affiche, Loud. Le rappeur québécois aura fait une apparition éclair pour interpréter Toutes les femmes, la nouvelle Fallait y aller? et Devenir Immortel. Un moment expéditif qui aura su donner évidemment de la joie aux jeunes, mais qui manqua d’originalité puisqu’il aurait été par exemple audacieux de convaincre l’artiste de partager la scène avec d’autres. Ce n’est pas aujourd’hui que l’on verra Loud en duo avec Paul Piché.

Photo par Marc-Étienne Mongrain

Une clôture sous le signe de la communion

Avant l’arrivée de l’auteur de L’escalier pour la clôture, le large public aura eu le droit à une interprétation enchanteresque de Fanny Bloom sur Mon pays, entourée avec justesse par les Petits chanteurs de Laval. Assurément le plus beau moment du spectacle, amplifié dans la foulée par le texte patriotique d’une citoyenne lavalloise qui aura été récité par Béatrice Picard.

Les drapeaux du Québec sont brandis et secoués frénétiquement jusqu’à la fin du spectacle, se conjuguant avec le souverainiste Paul Piché, qui jouera sur scène avec Flava Nascimento sur Château de sable, puis Patrice Michaud sur Arrêtez. Le morceau s’immisce à la suite d’un discours à l’attention de cette jeunesse qui manifesta contre le réchauffement climatique avant que l’artiste, profondément humain, ne soit rejoint en fin de spectacle par tous les artistes (exceptés Loud et Hubert Lenoir) pour un final sur Heureux d’un printemps.

Photo par Marc-Étienne Mongrain

Un dernier instant qui aura égayé la fin de soirée de nombreuses personnes présentes sur le site du Centre de la Nature, avant que n’éclate un beau feu d’artifice malheureusement peu synchronisé avec le DJ set de King Abid.

Cher Jean, à l’année prochaine.

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