Feu! Chatterton
Critique Publié le

Feu! Chatterton à St-Malo | L’effervescence avant l’obscurité

En pleine tournée à la suite de la sortie de leur album Ici le Jour (a tout enseveli), le groupe parisien Feu! Chatterton s’arrêtait dans la petite ville bretonne de Saint-Malo ce vendredi 13 novembre. La superstition aurait-elle eu un rôle ? En tous les cas, le drame qui s’est déroulé à Paris le soir-même a apporté avec lui un voile noir qui a enveloppé toute la belle réalité que le groupe a partagée durant le concert.  


Le public s’échauffait dans la petite salle de la Nouvelle Vague en attendant le groupe français qui fait beaucoup parler de lui en ce moment : Feu! Chatterton. Maniant la langue de Molière avec brio et redonnant au rock en français toute sa saveur, le quintette parisien redore de comparaisons flatteuses allant de Gainsbourg à Bashung en passant par Radiohead.

Quelques incidents techniques plus tard, et Sébastien, Clément, Antoine, Raphaël et Arthur arrivaient sur scène avec le premier titre de l’album, Ophélie. Dès les premiers accords, le groupe emportait avec lui le public. Les guitares résonnaient. Sur le front d’Arthur, le chanteur, les gouttes de sueur perlaient déjà.

Damnés vendredis 13…

Un brin de déraison avec Fou à lier, et les notes de Côte Concorde éclataient dans la salle, soutenues par le chant d’une grande partie du public. Un moment assez tragique quand on sait que le naufrage du Costa Concordia avait eu lieu un vendredi 13, alors qu’Arthur se demandait ce qu’il pourrait se passer de nouveau vendredi empli de superstitions.

Puis A l’Aube, un autre morceau déchirant a suivi avant que le quintette n’entame Bic Medium, une chanson longue de 15 minutes. La maîtrise des musiciens sautait aux yeux. Leur énergie communicative a transporté la salle tandis qu’Arthur racontait le désir et la volupté. Puis l’élégant chanteur proposa aux spectateurs de l’accompagner dans les bois, et c’est avec frénésie que le groupe a interprété La Mort dans la Pinède.

La chaleur était intense quand les premières notes de Boeing ont retenti et tout le monde s’est mis à danser, dans la salle mais aussi sur la scène. Les cinq gentlemen se sont laissé emporter par le titre le plus pop de l’album avant de quitter l’estrade.

Feu! Chatterton est alors revenu pour un rappel de deux morceaux : Porte Z et La Malinche. Ce dernier a laissé la salle dans un état de transe et d’exaltation que la réalité n’a pas réussi à rattraper immédiatement. Le groupe n’est pas revenu pour un deuxième rappel, l’obscurité avait déjà tout enseveli.

Artistes
Villes
Salles

Vos commentaires