Charlotte Cardin
Critique Publié le

FIJM 2019 I Charlotte Cardin ouvre avec brio la 40e édition du Festival

Resplendissante dans sa robe blanche, Charlotte Cardin a ouvert ce jeudi soir avec brio la 40e édition du Festival International de Jazz de Montréal (FIJM). Dans ce délicat exercice qui a vu passer de grandes vedettes internationales, la Québécoise a prouvé aux yeux de tout le monde que la musique d’ici, bien qu’anglophone, n’a rien à envier à ses voisins tous azimuts.

 

 


 

Une Place des Festivals pleine de tous bords

Ouvrant sur Échardes, une chanson en français, Charlotte Cardin pose d’emblée la forme de l’heure et demie qui attend le festivalier : ce sera un spectacle chanté en bilingue, entrecoupé de temps à autre par des interventions dans la langue maternelle de la jeune femme hypnotique.

Devant une Place des Festivals complète de tous bords et suffoquant d’une affluence gargantuesque jusqu’à cette rue Ste-Catherine qui n’entend malheureusement rien du spectacle, Charlotte Cardin mesure progressivement l’ampleur de son succès lorsque viendront les premiers applaudissements nourris après notamment Big Boy, Drive ou plus tard Dirty Dirty.

À l’aise derrière son piano qui masque ses doigts fins, l’artiste vacille entre l’avant de la scène ou sa cachette instrumentale qui lui laisse quelques instants de répits. Cependant, sa voix sublime ne sera jamais ébranlée et même, elle ne manquera pas de sourire ou regarder, avec assurance, son public droit dans les yeux. Comme si elle avait fait ça toute sa vie, alors qu’elle n’a pas encore fait paraître un album au complet et qu’elle compte seulement deux EP, Big Boy (2016) et Main Girl (2017), à son actif. Sidérant.

On repassera cependant sur le contenu des discours entre les morceaux qui manquaient souvent de caractère ou d’anecdotes passionnantes à découvrir.

Soirée marquante pour des invités de marque

Accompagnée d’un batteur et d’un bassiste-machiniste (s’essayant parfois au piano), Charlotte Cardin profite de cette expérience hors du commun pour tester du nouveau matériel, comme à mi-chemin du set lorsqu’elle entonna Good Girl en même temps que les orages au loinUn titre efficace, comme elle sait faire, et qui augure inévitablement un futur album à suivre prochainement.

Hors l’expérimentation, l’artiste saisi cette magnifique vitrine pour s’amuser également avec des artistes de haut calibre baignant, tout comme elle, dans cette vibrante scène musicale québécoise qui vit probablement ses meilleures heures. Ce fût le cas notamment avec la venue sur scène de Aliocha qui illumina de sa voix soyeuse et de son jeu de guitare son titre Flash in the Pan avant que plus tard, Main Girl et Daydream soient interprétées en trio avec Laurence Lafond-Beaulne et Camille Poliquin qui composent le groupe d’électro-pop montréalais Milk & Bone.

Entre temps, The Kids et California auront fait réagir fortement le public par ses rythmes entraînants avant que le clou du spectacle ne soit offert par la présence inattendue de Loud, rappeur avec qui Charlotte Cardin a collaboré avec succès sur Like it doesn’t et Sometimes All the Time.

La jeune artiste reviendra une dernière fois sur scène pour interpréter Faufile mais aussi, juste avant, une chanson de son « idole absolue », Daniel Bélanger. Sa reprise de Fous N’importe où fait mouche et on aperçoit, dans la foule, des milliers de lèvres reprendre les strophes de ce morceau culte de la culture musicale québécoise.

Finalement, ce fût tout un symbole de voir l’une des vedettes de cette magnifique culture réussir l’ouverture de la 40e édition d’un événement suivi à l’international.

Bravo pour l’audace, le FIJM !

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