Richard Reed Parry
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FIJM 2019 I Le voyage extraordinaire de Richard Reed Parry à la SAT

Après sa première monture de « Quiet River of Dust », Richard Reed Parry fait son grand retour sur disque, et évidemment sur scène dès aujourd’hui. Soulignant la parution du 2e volume dans le cadre de l’édition 2019 du Festival International de Jazz de Montréal (FIJM), le Canadien renouvelle l’expérience immersive jouée en automne dernier sous la satophère de la Société des Arts Technologiques (SAT). Et que dire, si ce n’est que le multi-instrumentiste est un artiste fabuleux.

Un monde mystérieux et envoûtant

D’abord, les pièces qu’il propose sur ce double-album sont sublimes car elles explorent le monde mystérieux de la musique pour en extraire des patterns rythmiques originaux et autres sonorités vaporeuses. Ensuite, le pari tenté par le membre d’Arcade Fire avait de quoi être casse-gueule initialement puisque la SAT étant davantage réservé à des performances de DJ que de musiciens organiques.

Enfin, de l’expérience des images et sonorités envoûtantes déployées en novembre 2018, l’artiste en dégage aujourd’hui une version plus consistante et amplifiée sur 75 minutes. Tout simplement bluffant.

Profiter de la musique allongé dans un sofa

En toute franchise, il est très difficile de faire une critique d’un spectacle de la sorte puisque les tableaux relatifs aux pièces sont tous différents et s’écoutent d’une traite. À aucun moment une pause s’avère nécessaire pour applaudir et une ovation finale suffira.

Allongé dans des sofas, le public savoure un thé offert à l’entrée avant de se laisser bercer ensuite par des vidéos représentant la nature immense qui nous entoure. Ce n’est pas celle de tous les jours, non. Richard Reed Parry transporte son petit monde à travers le minuscule, où les galets reluisants se marient avec des animaux marins ignorants admirés par des montréalais.

Et parfois, c’est au coeur d’une forêt, comme pour la dernière fois, que le guitariste nous amène, faisant prendre conscience à quel point l’humain n’est qu’un être insignifiant face à la grandeur de la terre. Et de voir à quel point elle doit être protégée.

Photo de Sébastien Roy

 

Une collaboration qui porte ses fruits

Comparativement au volume 1, ce nouveau offre toujours autant de sensations auditives. Soutenu par des géniaux instrumentistes (Corwin Fox, Stefan Schneider, Laurel Sprengelmeyer et Jordy Walker), Parry est accompagné avec justesse pour offrir des moments gracieux, où la réverbération fait écho à l’immensité spatiale.

En terme de visuel, la collaboration entre le musicien et la SAT a porté ses fruits, amenant le projet vers quelque chose de plus grand, plus exploratoire et même davantage psychédélique qu’auparavant. Les images produites par Parry se superposent désormais, offrant une multitudes de possibilités.

Il y a par exemple cette épaisse fumée qui s’immisce au coeur d’un univers de mousses dans In a Moment. Il y a aussi cette aura verte et jaune qui glorifie la forêt et ses immenses arbres dans Song of Wood, ou encore ce fond marin grossissant à mesure que la musique s’intensifie et qui, par un enchaînement malin, se transforme en un ciel enragé traversant les cimes enneigées illustrant le nouvel album de Parry.

Bref, le FIJM était bien chanceux d’ouvrir sa série de concerts en salle par ce concert unique en son genre. Un immanquable qu’il serait dommage de manquer puisque The Quiet River of Dust est encore présenté chaque jour jusqu’au 6 juillet à la SAT (dates à découvrir ici).

 

Liste des chansons :

  1. Long Way Back
  2. Where Did I Go
  3. Lost in the Waves
  4. Throw A Cup of Water
  5. Heaeven For Meg
  6. Gentle Pulsing Dust
  7. Song of Wood
  8. In a Moment
  9. It’s All Around You
  10. I Was in the World (Was the World In Me)

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