Festival FME
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FME 2018 | Premier jour avec Hubert Lenoir, Nakhane et Pierre Lapointe

L’édition 2018 du Festival de Musique Emergente (FME) en Abitbi-Témiscamingue est lancée, et avec la manière ! Pour la soirée d’ouverture, Nakhane a étonné, Hubert Lenoir a confirmé et Pierre Lapointe s’est quant à lui éclaté sur scène avec Les Beaux Sans-Cœur.

 

C’est par un temps frais, mais ensoleillé, que les festivaliers arrivent progressivement au niveau de la 7ème rue de Rouyn-Noranda. Beaucoup sont d’ici, le festival résonnant dans la ville comme un événement annuel à ne pas manquer. D’autres viennent de plus loin : Montréal, Québec, Gatineau… et même de France. Pourquoi cet engouement ? Parce qu’en 16 ans, le FME s’est imposé dans le paysage de la musique indépendante québécoise grâce à sa diversité d’artistes, ses genres variés et son accueil chaleureux qui joue un rôle important dans le succès de l’événement.

 

La 7ème rue, centre névralgique du FME

Le monde arrive progressivement, de près ou de loin. Autour du centre névralgique qu’est la 7ème rue, on retrouve la scène extérieure Desjardins mais aussi quelques autres qui seront lieux de belles performances : le Petit Théâtre du Vieux Noranda, l’espace lounge Hydro-Québec ou encore l’Agora des Arts. Tout est concentré pour vivre ainsi une expérience à échelle humaine.

Le temps de se délecter d’un délicieux BBQ gracieusement offert devant la scène Desjardins, les gens se déplacent et se placent pour les concerts à venir. Il y aura Random Recipe et The Brooks d’un côté, en extérieur, ou Nakhane et Hubert Lenoir de l’autre, en salle. On choisit la deuxième option, curieux de (re)découvrir deux artistes qui détonnent.

Nakhane étonne, Hubert Lenoir confirme

Avec un peu de retard sur le programme, c’est une silhouette élancée qui s’avance dans la pénombre de l’Agora des Arts. Sur fond d’électro-pop aux arrangements saisissants, le Sud-Africain Nakhane dévoile sa voix douce découverte récemment sur l’album You Will Not Die. Personnage androgyne, il offre un registre musical mariant douceur et hargne, symbole de textes en proie d’un combat contre les injustices.

Photo par Louis Jalbert.

La poursuite de la soirée sera un combo réussi. Connu désormais de tous, Hubert Lenoir rythme sa musique de thématiques controversées. Et c’est avec son habituelle décontraction sur scène que l’auteur de Darlène prouve que son succès n’est pas volé. Le Québécois aura virevolté, fait danser le monde et inévitablement surfer sur eux avant de monter au balcon pour un bain de foule jouissif.

* Photo par Louis Jalbert.

Photo par Louis Jalbert.

Un Pierre Lapointe qui s’éclate dans son projet rock

Dehors, le froid s’installe mais au lounge Hydro-Québec, les Hôtesses d’Hilaire réchauffent le monde avec leur rock endiablé d’excellente qualité. Puis les portes du Petit Théâtre du Vieux Noranda s’ouvrent. Dans la salle, le public constate une scène colorée affublée de guirlandes. Les Beaux Sans-Cœur entrent sur scène pour une longue introduction rock avant que Pierre Lapointe s’amène tout de blanc vêtu, tel un prophète.

Loin de la mélancolie de ses albums solo, son nouveau projet est plus joyeux à défaut d’être révolutionnaire. Aurait-il autant de succès s’il n’était pas le frontman ? Quoiqu’il en soit, le moment est festif. Le public verra des ballons, capotes, bulles de savon et autres confettis être lancés en tous temps mais aussi un Pierre Lapointe pudique face à ses musiciens en chest.

 

Que voir en spectacle cette fin de semaine ?

Vendredi, il y a Lydia Képinski et sa voix singulière à la salle Évolu-Son (17h) puis l’exceptionnel Jesse Mac Cormack dans l’Agora des Arts (21h). C’est aussi l’occasion de découvrir enfin sur scène Yes Mccan, ancien des Dead Obies (22h45, scène Paramont). Enfin, à minuit dans l’Agora des Arts, Karkwatson (Karkwa + Patrick Watson) est probablement le concert à ne pas manquer.

Tôt le samedi, la scène Desjardins accueille la pop 60’s de The Blaze Velluto Collection (12h) tout comme le rock expérimental de Corridor (13h15). Le surprenant Les Louanges est à espionner au Café-Bar l’Abstracto (17h) ainsi que la révélation rap Zach Zoya à 20h sur la scène Desjardins. Et pour les curieux noctambules, le rock progressif de Teke Teke est se passe à minuit au sous-sol PTVN.

Dernière journée de festival, le dimanche nous réserve un tableau aux styles opposés avec d’un côté le métal de Depths of Hatred (21h45) et Cattle Decapitation (22h45) au Petit Théâtre du Vieux Noranda, et de l’autre la pop soyeuse de Holy Two (20h) et celle du phénomène Milk & Bone (21h) à l’Agora des Arts.

Tout un programme !

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