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Fouki et Quiet Mike au Artgang Plaza | Une soirée des plus Zay

Après la parution de son premier album, Zay, le 13 avril dernier, Fouki et son acolyte instrumentiste Quiet Mike sont venus présenter le fruit de leurs efforts dans une salle pleine à craquer avec plus d’une surprise en réserve.

Avec une promesse (tenue) de la présence d’un foodtruck distribuant à qui mieux mieux des pizzas gratuites, personne n’avait d’excuses pour arriver à ce concert avec du retard. Oclaz était donc aux platines pour accueillir les plus affamés et assurer l’ambiance de la première partie pour finalement laisser place aux artistes qui avaient pour mandat de réchauffer la salle déjà impatiente. Vendou s’est emparé du micro, en compagnie de Bkay, membre de LaF, et de Carey Size, pour présenter son plus récent projet Doux or Die.

Il a chanté les morceaux teintés d’une mélancolie amoureuse sans retenue, surfant sur l’ambiance planante des projections colorées et des éclairages brumeux. Indigo et Piscine Love ont particulièrement emballé la foule, mais c’est l’interprétation a capella d’un de ses textes qui aura été le souvenir le plus mémorable de la performance de Vendou. Livré avec aisance et témoignant d’une plume aiguisée, le rappeur a su montrer une autre facette de son écriture et de son univers.

Les premières parties étaient courtes et condensées, permettant au public de ne pas perdre le focus et de préserver une ambiance des plus douces. C’est donc Kevin Na$h qui a enchaîné, choisissant Sin City, l’interlude accrocheur de son plus récent projet Pure Fiction, pour entamer son acte. La manière décontractée du rappeur d’interpréter ses morceaux ressort du lot et lui donne une couleur toute particulière. Ce sont des performances simples, mais d’une exactitude indiscutable que peut assurer Na$h. Il a clos son passage par une collaboration avec Mike Shabb, prochain MC sur la liste.

Le jeune prodige de Make it Rain Records est connu pour son énergie et la fougue de ses performances, laissant toutefois une partie du public sur sa faim, vue la trop grande omniprésence du playback. Sa voix, loin d’être mauvaise, n’est toutefois pas aussi puissante et ne projette pas autant que les rappeurs précédents. Les morceaux, comme No Diggity, sauvent pourtant la situation, qui est loin d’être catastrophique, qui entraînent sans difficulté le public dans des bousculades.

Plat de résistance

Après un interlude musical de la part de Michel Silencieux, Fouki est finalement monté sur scène au plus grand plaisir de ses fans. Il a fait le choix de chanter son album Zay en entièreté et dans l’ordre, ajoutant au passage quelques petits bonus. Zay Go, iii, BTT, Nonon et Makeup ont réchauffé la foule encore davantage, avec Fouki laissant la foule scander les paroles à tue-tête sans aucune indécision.

La première surprise de la soirée s’est matérialisée avec un des emblèmes de 7ième Ciel Records, Koriass, qui en toute modestie a laissé la scène à Fouki pour son moment de gloire, l’accompagnant avec aisance sur leur morceau collaboratif All Zay. Après une performance avec Kevin Na$h sur Eau et un remerciement envers sa soeur, venue tout droit de Cuba pour voir ce spectacle, Fouki a enchaîné avec le succès Playa et Gentil Gang, marquant le retour de Vendou sur scène. Pour clore l’album, un autre vétéran du rap est venu accompagner le nouveau prodige: Jam.

La présence de Jam et Koriass marquait une sorte de passation tranquille du flambeau, laissant entre les mains de Fouki le soin de connecter avec son public, sans empiéter sur son heure de gloire à laquelle eux ont eu droit à de multiples reprises. Leur présence parlait d’elle-même, une sorte de gage de confiance ou de satisfaction quant à l’étoffe de la relève du rap québécois. Fouki a clos son spectacle avec ses trois morceaux les plus en vue : Gayé, Mabad et Zeya.

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