Francis Faubert
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Francis Faubert lance Maniwaki à La Vitrola

Francis Faubert a fini de broyer du noir, deux ans après cette infâme mésaventure du RIME – une histoire de fraude financière dont plusieurs artistes québécois ont été victimes en 2013 – qui lui aura coûté des sous, un album presque complet, et probablement beaucoup d’élan. Après avoir fait table rase de ce qui allait devenir à l’époque son deuxième album complet, il nous revient avec Maniwaki, un nouvel album tout neuf, fait d’un trait aux côtés de Dany Placard, de Mathieu Vézio et d’une bonne dose de pédales de fuzz et d’amplis qui grichent.


Faisait longtemps qu’un artiste québécois solo ne nous avait pas servi un album avec de la grosse guit’ comme cet étonnant Maniwaki.  Francis Faubert laisse un peu de côté l’approche country-folk qu’il avait exploitée sur son premier disque homonyme en 2011 et le EP subséquent (Duclos – St-Prime en 2013), et embrasse pleinement ses influences de 70’s rock et de grunge. Il multiplie les solos de guitare et les accords bruyants, qui font sortir le méchant et replongent les musiciens dans un trip d’ado bien assumé.

Les chansons de ce Maniwaki abordent de thèmes lourds, la vie dure, le désespoir, le coeur sur la flotte, son rapport à son père et sa propre paternité, mais sans tomber dans le mélodrame. D’un ton québécois bien assumé – ni trop joual, ni trop normatif – il exprime avec coeur les méandres des vies ordinaires mais pas faciles d’une pléiade personnages issus de Duclos, son petit patelin en Outaouais où il s’est réfugié et retrouvé après quelques années à Montréal. On sent qu’il y a beaucoup de lui-même dans toutes ces histoires, mais aussi de ses proches, de gens qu’il observe et probablement quelques faits inventés parce qu’après tout, c’est de la chanson rock, pas du documentaire.

Lors de son lancement à la Vitrola, mardi soir, Faubert s’est montré tour à tour ému, humble et parfois enragé. Avant Le Courage est mort hier, qui met en musique l’esprit de Gérald Godin, il fait un lien avec les élections fédérales de lundi prochain. « J’ai écrit celle-là quand Couillard a pris le pouvoir. Arrangez-vous pas pour que j’en écrive une autre… », laisse-t-il tomber, avant d’ironiser « bin non, au fond, peu importe de quelle couleur, tant que vous votez ».

Avec ses potes Placard et Vézio, mais aussi Antoine Corriveau appelé en renfort quelques jours avant le lancement, il en met plein la gueule avec du gros volume, des solos, des phrases coup de poing qui frappent au thorax, mais aussi quelques moments plus tendres, comme la jolie Moman interprétée seul à la guitare électrique, et Chaque fois, dédiée à sa fille aînée.

Le son était plus que décent, surtout pour les lieux, signe de quoi Faubert n’a pas fait appel à son petit cousin qui rêve d’un jour étudier dans une bonne école de sonorisation à Montréal, nenni : il s’agissait plutôt de David Laurendeau du Cernatola Studio, qui a aussi mixé l’album. Une bonne main d’applaudissement pour lui aussi aux remerciements, tant qu’à y être.

Faubert sera en première partie de Bernard Adamus le 5 novembre prochain au Club Soda, dans le cadre de Coup de coeur francophone.

Consultez notre entrevue avec Francis Faubert (avec performance live en studio de la chanson Moman) à l’émission Sors-tu (à la radio) ?  (vers 19:15) :

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