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Francofolies 2017 | Samuele, Blondino, Karim Ouellet et Fishbach réussissent leurs paris

Le ciel était menaçant de pluie, mais Samuele, Blondino, Karim Ouellet et Fishbach ont fait oublier la météo à la foule par leur bonne humeur contagieuse. Les artistes étaient visiblement ravis que le public soit sorti, malgré les avertissements de Météomédia.

En plus, le pire qu’on ait vu, c’est quand il s’est mis à mouillasser. Rien de plus. Et la seule qui y ait vraiment goûté, c’est Samuele lors de son premier spectacle sur la gigantesque scène Bell. Elle était d’ailleurs très impressionnée d’y jouer, soulignant que de ses 15 ans à rouler sa bosse en musique, c’est la première fois que son projet se concrétise autant qu’en étant là.

Comme d’habitude, elle nous a servi des messages d’amours et une sensibilisation sur la question des genres. C’est une des excellentes militantes queer qui utilise sa plateforme pour informer les gens.

Elle a réussi à bien remplir la très large scène. Elle avait invité une section de cuivre spécialement pour la soirée, soulignant que ce n’est que pour les événements exceptionnels comme celui-ci qu’elle pouvait le faire. Samuele sautillait et dansait d’un bout à l’autre de la scène au grand plaisir de la foule qui n’était pas énorme, mais qui semblait très heureuse de la découverte ou redécouverte.

Séduction impeccable

Le rendez-vous de Blondino à la Zone Coors Light était plus que bienvenu puisqu’il avait lieu sous la tente, protégé de la mouillasse. La chanteuse française en était à sa première visite chez nous grâce à l’invitation de Safia Nolin pour qui Blondino ouvrira samedi.

En plus d’un toit, la Zone Coors Light propose à la foule une ambiance cabaret avec des tables et des chandelles. Mais, les Québécois étant des Québécois, tout le monde s’assoyait ensemble à une table, sans joindre des groupes d’inconnus. Le résultat: le parterre semblait vide à cause des duos et trios qui occupaient les tables qui auraient pu prendre cinq personnes.

Malgré tout, Blondino a convaincu les passants de la rue Ste-Catherine de s’arrêter deux minutes pour écouter, et la foule a tranquillement grossi. Elle et ses musiciens nous ont présenté les titres de son album Jamais sans la nuit et l’électro-pop qui en émane n’a pu qu’acheter la foule présente.

Il a quand même fallu quelques morceaux à la chanteuse pour réellement se laisser aller, peut-être déstabilisée par la foule éparse, peut-être stressée des yeux de Safia Nolin sur elle dans la foule. En tout cas, elle a de quoi se laisser plus aller parce que ce qui est très solide sur album, l’est d’autant plus en live.

Karim et les curieux

Fidèle à lui-même, Karim Ouellet a fait déplacer une foule impressionnante. Il a même fait déplacer des invités de renom du milieu hip hop, à commencer par MHD en début de soirée, lui qui était la tête d’affiche du Métropolis quelques minutes plus tard.

Karim Ouellet a enchaîné ses pièces les plus entraînantes les unes après les autres, exagérant pour certaines les rythmes reggae, au plus grand plaisir de la foule qui se déhanchait. Lui qui a déjà conquis son public depuis des lustres pouvait habilement faire chanter sa foule, et rapidement, le plancher de la scène Bell lui chantait en retour le refrain simple de Marie-Jo, un moment particulièrement touchant de la soirée.

Bien qu’il nous ait surpris en début de spectacle avec la visite de MHD, celle de Sans Pression et Muzion était prévue au programme. Tout d’un coup, les festivaliers étaient replongés dans les années 2000. La foule était sans doute composée au deux-tiers de fans de Karim Ouellet et d’un tiers de curieux voulant voir comment les deux groupes phares du hip hop montréalais s’en sortirait. En tout cas, c’était pari réussi pour Karim Ouellet alors que la foule s’est enflammée.

Conquête frenchie

Un peu plus loin, le groupe Fishbach montait sur scène devant une foule étonnamment bien remplie. C’était étonnant considérant les nombreux « Hein, c’est ben bon! » et les « Sa voix est donc ben spéciale, j’aime ça! » qui se faisaient entendre à travers la foule, démasquant tous ceux qui la voyaient pour la première fois.

Le projet Fishbach a quelque chose de très français dans sa présentation (mis à part le fait que le groupe soit français, bien sûr). Les musiciens sont très dramatiques, se déplacent de mouvements calculés, et sont extrêmement expressifs, surtout la chanteuse à la tête de la formation. En plus, la voix particulière de la chanteuse est très singulière de la pop française.

Avant d’entonner le morceau À ta merci, chanson titre de son plus récent album, la chanteuse nous a confié que cet opus n’était pas encore disponible chez nous. Elle s’est donc dit à la merci du public québécois pour importer son répertoire ici. Avec le spectacle d’hier soir, elle peut être assurée que sa conquête est triomphante.

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