Feu! Chatterton
Critique Publié le

Francos 2018 | Danser sur le spleen avec Feu! Chatterton

Le charme des dandys Feu! Chatterton séduira-t-il pour une troisième fois les Montréalais ? Ils ont conquis les mélomanes de la métropole lors de la première partie de Fauve durant les Francos de 2015, année de parution d’Ici le jour (a tout enseveli). Puis, leur succès auprès du public québécois s’est confirmé dans un Club Soda bondé en 2016.

Photos du spectacle d’hier:


Le quintette parisien présentait hier au MTELUS L’oiseleur, lancé en mars dernier. Un album moins frénétique, mais encore tout en verve. Sous des éclairages parfois aveuglants, parfois stroboscopiques, mais appuyant toujours parfaitement l’atmosphère musicale, le groupe a donné une performance à la hauteur de leur réputation : une interprétation envoûtante, des mélodies riches. Du spleen qui a du swing.

Les deux guitaristes bondissaient à quelques reprises sur scène donnant des airs de rockeurs téméraires. Le parolier Arthur Teboul chantait d’une théâtralité et d’un lyrisme assumé. Il laissait l’impression d’être confus, désemparé puis complètement éméché, vacillant comme un navire sur le bord du naufrage. Puis, d’un regard vif et sombre, il restait droit et fier derrière son pied de micro avant d’offrir quelques pas de danse.

Séducteur et décomplexé, le chanteur s’adressait à la foule comme à une gente dame. Il lui a même proposé : « Nous allons tous faire l’amour, debout Métropolis ! » Oui, le Métropolis. Clairement, il n’avait pas été informé par le changement de nom de la salle depuis leur dernier passage à Montréal. MTELUS ou Métropolis, le public criait de plaisir et de satisfaction en répétant tous les refrains. Le charme de Feu ! Chatterton a opéré encore une fois.

L’Impératrice

Le sextuor parisien L’Impératrice assurait première partie. Quoiqu’avec une heure de prestation, il s’agit presque d’un plateau double.

Et le public les attendait, connaissait autant les paroles de Matahari paru cette année que des chansons tirées de leurs nombreux EP. Douce grisaille pour Erreur 404, le soleil et la danse revenaient pour Agitations Tropicales. De sa voix cristalline, la chanteuse Flore Benguigui invitait la foule à s’imaginer dans la jungle.

Souriante et l’air rêveuse, elle brillait sous les éclairages dans sa robe satinée bleu poudre. Sur les mélodies les plus énergiques, elle s’amusait, sautillait. Autrement, elle était plutôt éloignée.

Elle s’éclipsait même durant les longs segments instrumentaux. Ses temporaires disparitions dévoilaient sans le vouloir une certaine dynamique de groupe.

L’Impératrice existe depuis 2012, mais l’ajout de voix n’a été fait que trois ans plus tard. Ne savait-elle pas quoi faire sur scène lorsqu’elle ne chantait pas ? Laissait-elle toute la place au guitariste qui prenait l’avant-scène au grand plaisir du public qui l’acclamait ?

La foule dansait, dandinait, se trémoussait : voilà l’essentiel.

 

Grille de chansons (Feu! Chatterton)

  1. Ginger
  2. L’Oiseau
  3. Côte Concorde
  4. Zone Libre
  5. Ophélie
  6. L’Ivresse
  7. À l’aube
  8. La mort dans la pinède
  9. Boeing

Premier rappel

  1. Souvenir
  2. Porte Z
  3. La Fenêtre
  4. La Malinche

Deuxième rappel

Sari D’Orcino

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