Hubert Lenoir
Critique Publié le

Francos 2019 – Jour 1 | Je suis venu vous dire qu’Hubert n’a pas changé…

Bon sang qu’il s’en est passé des choses depuis que la comète Hubert Lenoir a pris d’assaut le p’tit milieu du jetset québécois il y a une quinzaine de mois. On ne s’ennuie pas! Dernier rebondissement en règle : sa collaboration avec Yes McCan, qui devait donner lieu à une série de 3 spectacles aux Foufs dans le cadre des Francos, est annulée, ou reportée ou on sait pas trop. (C’est probablement juste mort dans l’oeuf, cette fausse bonne idée). Mais par le biais d’un « courriel troublant », il nous annonçait que ces 3 shows seraient finalement remplacés par les derniers derniers spectacles de « Darlène » pour toujours, à tout jamais, ciao bye.

Le gars est claqué. Comme plein d’autres travailleurs autonomes qui se défoncent pour faire leur place et qui ne veulent jamais dire non de peur que ça s’arrête au moment même où ça fonctionne. Il n’est pas le seul dans cette situation. Sauf qu’il l’exprime. Et comme toujours avec Hubert, les mots sont assez explosifs. Des phrases comme « il faut que je la sorte de ma vie avant qu’elle ne me tue, avant qu’elle ne nous tue tous, moi je débarque du char, le band aussi, on est fatigués, brûlés, toastés, complètement décâlissés », ça déclenche de fortes réactions, évidemment. Des médias y voient du bonbon à sensations, d’autres le maternent à distance et veulent envoyer Tel-Jeunes à ses trousses, alors que mononc’ Dutrizac se demande ce qu’il « a toujours à brailler, lui?»

Peu importe notre posture, forcément, ça teinte notre vision quand on arrive aux Foufs pour le premier de trois shows « en résidence ».  On va voir les derniers derniers shows de Darlène, promis… avant ceux de Saint-Eustache, Laval, Gatineau, Tadoussac, la France, la Belgique. Bref, il sort Darlène de sa vie comme on s’est tous déjà sorti d’une relation toxique, c’est-à-dire oui oui je la sors de ma vie, mais pas tout de suite là, je vais l’endurer encore quelques mois…

 * Photo par Benoit Rousseau.

Peu importe, ceux et celles qui s’attendaient à voir Hubert Lenoir au bout du rouleau ont découvert, sans grande surprise, qu’il a le rouleau pas mal plus tough qu’on le soupçonne. Parce que le show d’hier, c’était tout simplement un beau gros crisse de party à fond la caisse.

S’il utilise beaucoup des métaphores incendiaires dans ses communications récemment, vendredi soir, il y a juste le setlist qui a été « crissé en feu ». (Et si j’étais un journaliste musical en début de carrière, je vous dirais qu’il a « LITTÉRALEMENT MIS LE FEU AUX PLANCHES », mais je vous ferai pas ça, vous méritez mieux).

* Photo par Benoit Rousseau.

Pour le reste, il nous a offert ce qu’il fait de mieux : un spectacle furieux et bien construit, livré avec toute la dégaine d’une bande qui sait faire la fête et donner un bon show rock. Et puisqu’on est aux Foufs, ça donne un petit quelque chose d’un peu plus punk qu’à l’habitude, ce qui n’est pas sans plaire au principal intéressé.

Parlant de punk, le duo tonitruant Crabe était invité, non seulement pour assurer la première partie, mais aussi pour venir interpréter leur excellent brulot Ma collection de gicles et de ouaches en plein milieu du set. Entre ça et Yes McCan, faites votre choix. Nous, on préfère Crabe, merci.

La grille de chansons était sensiblement la même qu’à l’habitude, avec la quasi-totalité des chansons de Darlène, et les deux nouveaux titres qu’il affine en tournée, Quatre quarts et Sucre et sel, qui commencent à être drôlement bien rodées. D’ailleurs, Hubert confiait à la foule qu’on aurait droit à de la nouvelle musique de sa part « plus vite que vous le croyez ». À suivre. Mais on sait déjà qu’il peut compter sur deux solides hits éventuels.

Le tout s’est terminé en apothéose avec Filles de personnes II et III, et du bodysurfing sur All Star de Smash Mouth jouée par le DJ. Le show se transformait en dance party des années 1990 quand on a quitté la salle.

* Photo par Benoit Rousseau.

Bref. Je pense que ça va. Hubert Lenoir et sa gang ont beau être « décâlissés », rien n’y paraît sur scène.

Dommage que Dutrizac n’était pas dans la salle. Il aurait pogné de quoi.

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