Les Vulgaires Machins
Critique Publié le

Francos 2019 – Jour 5 | Le triomphal retour des Vulgaires Machins devant un parterre plein à craquer!

« Il y a 6 ans, on a essayé de sortir le punk de nos vies. On a fait des enfants, on a torché des culs, et 6 ans plus tard, on s’est rendu compte qu’on était plus en crisse et plus inquiets que jamais. »

C’est ainsi que Guillaume Beauregard a expliqué le retour des Vulgaires Machins, lors de l’une de ses très rares interventions ponctuant ce grand spectacle de retour, sur la grande scène de la Place des Festivals aux Francos.

Parce que les retrouvailles, c’était entre le public et les bonnes vieilles tounes des Vulgaires que ça se passait. Pas beaucoup de blabla. Pas d’invités spéciaux. Juste les Vulgaires Machins, le public (c’était noir de monde jusqu’à Ste-Cath), et les tounes, ces brulots marquants de la culture punk au Québec qui ont franchement bien vieilli!

Ça a commencé par l’arrivée de trois mariachis qui ont interprété une étonnante relecture de Cocaïnomane. »Je fais de la poudre, pour travailler plus, pour faire plus d’argent, pour faire plus de poudre… », chanté par trois musiciens mexicains aux sombreros, c’est quand même pas mal drôle.

* Photo par Victor Diaz Lamich

Puis, Guillaume Beauregard, Marie-Ève Roy, Maxime Beauregard et Pat Sayers se sont pointés sur scène, et c’est parti en flèche en deux temps trois mouvements avec Parasite, Dieu se pique, Un vote de moins.

Si on peut se plaindre des décibels beaucoup trop contrôlés un peu partout sur le site extérieur des Francos, il n’y a pas trop de problème sur la Place des Festivals, Dieu merci. Bon sang que ça sonne bien, les grosses guitares des Vulgaires, dans ce contexte de nineties revival!  On l’avait oublié, mais Et même si s’ajoute aux nombreuses bonnes chansons du groupe, et vient donner une saveur un peu différente avec son air country ; c’était la seule chanson originale de l’album homonyme acoustique paru en 2011.

Puis ça repart. La deuxième moitié du set est encore plus chargée. Dès Anéantir le dogme, ça devient une coche plus lourd, plus intense. Et puis Compter les corps, Légaliser l’héroïne, Puits sans fond, La Chasse est ouverte et on conclut le tout avec Je m’appelle Guillaume et son intense finale.

Au bout du compte, on aura eu droit à 22 chansons bien choisies, bien tassées en tout juste 75 minutes qui ont passé vite comme l’éclair, laissant le parterre satisfait et les musiciens visiblement émus de cette retrouvaille pas mal sans faille.

* Photo par Victor Diaz Lamich

« Est-ce qu’ils vont faire un nouvel album, tu penses? », me demande un collègue journaliste. Dur à dire. Pas certain que ce soit la meilleure idée : leur corpus est déjà bien garni, ils sont tous un peu passés à autre chose, notamment Guillaume, qui sera d’ailleurs en spectacle avec son projet solo mercredi soir à l’Astral avec des cordes et des vents. Et s’il y a bien un genre musical qui donne des mauvais résultats quand c’est forcé, c’est le punk.

Mais cette perfo de mardi soir nous rappelle à quel point il n’y a plus vraiment de groupes qui proposent ce genre de chansons un peu « dins dents », frondeuses, avec un message social sans détour, ni finesse.

À moins que ça revienne à la mode… On verra bien.

 

Grille de chansons

  1. Cocaïnomane
  2. Parasite
  3. Arrachez-moi les yeux
  4. Dieu se pique
  5. Un vote de moins
  6. Comme une brique
  7. Longer les murs
  8. Être un comme
  9. Un peu plus fort
  10. Et même si
  11. Dommage collatéral
  12. Triple meurtre
  13. Anéantir le dogme
  14. Compter les corps
  15. Mythe de la démocratie
  16. Légaliser l’héroïne
  17. Gens de l’Occident
  18. Rue Déragon
  19. Puits sans fond
  20. La Chasse est ouverte
  21. A
  22. Je m’appelle Guillaume

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