Francouvertes
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Francouvertes 2019 – Soir 2 | Anaïs Constantin, Simon Daniel et Foisy se révèlent

Hier soir avait lieu au Cabaret Lion d’Or la deuxième ronde des préliminaires des Francouvertes. Dans le bel écrin de la rue Ontario, Anaïs Constantin, Simon Daniel et Foisy se seront succédés sur scène après une ouverture du parrain de la soirée, Keith Kouna.

 


Replaçant au pied levé Philippe Brach qui ouvrira le tremplin musical le 1er avril prochain, Keith Kouna a inauguré cette deuxième salve de performances avec l’humour pince sans rire qu’on lui connaît. Participant de la 8ème édition des Francouvertes avec son groupe Les Goules, il joua une des chansons de la formation québécoise, Coat de cuir, après avoir entamé sa courte performance par Berceuse (tiré de Bonsoir Shérif) et l’hilarante Lichou, à paraître sur un album absurde destiné aux kids. Keith Kouna, sur scène, reste comme toujours un grand enfant avec qui passer un bon moment.

Une Anaïs Constantin au texte sensible

Un changement de plateau rapide s’opère. C’est Anaïs Constantin qui prend place en première sur scène pour y dévoiler des pièces de son premier EP réalisé par Antoine Corriveau. Musicienne pour Groenland, Rosie Valland ou encore Maude Audet, la native de Sherbrooke est à l’aise en solo sur scène, n’hésitant pas à raconter des histoires sensées et touchantes entre ses pièces.

Le tempo est adéquat et le public embarque assez vite dans cette musique qui manque peu être d’originalité dans le vaste univers pop/folk québécois. Malgré tout, l’artiste se dévoile avec tendresse à travers des arrangements sobres qui font la force de son essai musical, En face de chez Line.

L’artiste aborde avec sa guitare électrique des phases tantôt mélancoliques, tantôt révélatrice d’une société aux milles facettes comme sur la magnifique Nulle Part Sur Ontario. Ses textes sont finement écrits et l’accompagnement d’Emilie Proulx a la guitare sèche amplifie ce sentiment d’être face à une auteure-compositrice de talent.

Moment évasif avec Simon Daniel 

Un air du Nouveau-Brunswick s’est immiscé dans le froid montréalais avec la venue de Simon Daniel, qui participa déjà aux Francouvertes il y a trois ans de cela. Toujours généreux dans ses arrangements musicaux, le natif de Moncton s’est davantage affirmé dans son style singulier à la parution de Nightcrawler.

Nageant entre une pop onirique et un psychédélisme évasif, Simon Daniel semblait un peu stressé par l’enjeu ne sachant pas quoi dire sur scène. Cela ne l’a pas empêché de réchauffer les cœurs du Lion d’Or par ses envolées lyriques parfois saisissantes, bien accompagnées – il faut le dire – par des excellents musiciens qui le soutiennent avec brio.

On regrettera toutefois chez l’Acadien des textes peu développés, interprétés de façon peu distinctive dans la masse sonore qui se déploie sur ses titres. À l’inverse, ça reste prometteur musicalement et nul doute qu’avec le temps, Simon Daniel s’imposera dans un style qui lui est propre.

Audace et panache chez Foisy

Proche trentenaire, Foisy s’immisce dans une carrière solo avec panache, en témoigne son plaisant premier EP éponyme. Sur scène, Foisy est plus rock que sur disque, étant entourés de musiciens qui poussent son projet vers une dimension plus incisive. Un aspect audacieux qui rend intéressant l’approche polyvalente de sa musique, s’adaptant tout aussi bien dans un salon que dans une salle de spectacle.

Derrière sa musique folk se dévoile par ailleurs des textes troublants, révélant un quotidien composé parfois de zones d’ombres. Et c’est le propre d’un artiste d’ouvrir le fond de ses pensées. On ressent ainsi dans les paroles de Foisy une sincérité qui se manifeste dans toutes les strates de sa prestation, jusqu’à celle qui alimente les pauses entre ses morceaux… Une sincérité peut-être un peu trop manifeste, l’artiste témoignant ses angoisses dans des tirades parfois peu concises et souvent volatiles.

Elles étirent en longueur sa performance scénique pour réduire son temps de jeu propre. Pourtant, on voudrait plus entendre cet artiste au potentiel certain. On voudrait plus entendre ses phases stoner sur Corbeau ou cette sensibilité qui émane de son titre Aux grands vents. Parce qu’il y a de quoi se réjouir, sincèrement.

 

Rendez-vous la semaine prochaine, même heure même lieu, pour la troisième soirée des préliminaires. Le lundi 4 mars, c’est Comment Debord, P’tit Belliveau et les Grosses Coques et Alex Burger qui se partageront la scène avec Lydia Képinski comme invitee.

 

Palmarès (après 2 soirées)

  1. Ce7te Life
  2. Anaïs Constantin
  3. Foisy
  4. Marie-Gold
  5. Simon Daniel
  6. Miles Barnes

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