Frank Turner
Critique Publié le

Frank Turner au Corona | Intime et bienveillant

Presque un an jour pour jour, Frank Turner investissait le théâtre Corona avec ses Sleeping Souls pour la tournée de son album «Be More Kind». Ce mardi 8 octobre, revoilà donc le Britannique, toujours accompagné par ses fidèles musiciens, sur le plancher du Corona pour défendre son opus fraîchement sorti «No Mans Land». 

Allez venez Milord, vous asseoir à ma table…

Pour ceux qui seraient étrangers au style de Frank Turner, celui-ci oscille entre folk pur et dur et punk-rock énervé. Alors que l’an passé, le musicien avait opté pour un show punk-rock bien agité, cette année, Frank et son équipe ont décidé de faire ça façon cabaret. Ce qui est raccord avec son dernier album qui se veut très acoustique et intime. Ainsi, des chaises sont disposées en rang dans le parterre du Corona, mais aussi sur la scène. Quelques éléments de décors dont un guéridon sont là pour renforcer cette atmosphère de cabaret intimiste. L’artiste entre humblement sur la scène et vient prendre place sur la chaise postée en avant. Derrière lui, les musiciens sont déjà en place: batterie, basse, guitare électrique et clavier. Parfois, une mandoline sera aussi de la partie.

Bien du monde pour un No Mans Land

Bien entendu, inutile de préciser que la salle est pleine à craquer. Après un petit discours pour remercier tout le monde d’être présent, l’artiste bien posé sur sa chaise, guitare acoustique en main, attaque par Jinny Bingham’s Ghost, la chanson d’ouverture de son dernier-né. D’ailleurs, dans cette première partie, de nombreuses chansons interprétées viendront de cet opus fraîchement paru. Ce qui n’empêche pas le public de les connaître déjà par coeur. Ainsi, on peut entendre l’audience reprendre comme un seul homme les refrains de I Believed You William Blake ou The Lioness. Cependant, le point d’orgue reviendra au moment où Frank Turner lancera le refrain de The Way I Tend to Be, une de ses chansons phares. Déjà un crève-coeur à la base, l’entendre se faire entonner par un Corona complet a dû donner des frissons à de nombreux spectateurs. Çà et là, des couples s’enlacent et se serrent dans les bras. Cela continuera avec There She is, où l’artiste passera derrière le piano pour l’occasion. Au total, le musicien interprétera une trentaine de morceaux et finira son set par Be More Kind, un titre qui prendra tout sens, au vu du déroulé de la soirée.

Frank, le grand frère

Déjà, dans ma chronique de l’an passé, je louais le musicien, mais aussi l’homme derrière la musique. En effet, l’homme de 37 ans fait toujours preuve d’autant de bienveillance et de bonté. À un détail près, de jeune homme fougueux auparavant, celui-ci donne maintenant l’image d’un homme apaisé et avisé. Et pour cause, il faut dire qu’un mariage est passé par là entre-temps. Et comme il le dit lui-même pendant le concert: «Quand vous êtes heureux et amoureux, vous n’êtes plus obligé d’écrire sur vos peines d’amour, et ça laisse le temps d’écrire sur bien d’autres sujets.» C’est une bonne nouvelle car sans s’en apercevoir, Frank Turner endosse maintenant le rôle de grand frère à la perfection. Pas celui qui, par jalousie, fera tout pour vous diminuer et vous rendra désarmé dans votre vie d’adulte. Au contraire, là, on a devant soi un grand frère bienveillant, celui qui vous donne des bons conseils et sur qui on peut compter au quotidien, dans les moments de bonheur comme dans les plus difficiles. Alors, Frank, pour ta musique et pour tous les petits frères dont tu prends soin, merci…

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