Frank Turner
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Frank Turner au Corona | L’énergie en toute simplicité

On l’attendait depuis au moins février dernier, le troubadour punk avait annoncé qu’il passerait par Montréal à la rentrée dans la cadre de la tournée suivant la sortie de son septième album Be More Kind (notamment dans l’entrevue qu’il nous avait accordée et que vous pouvez lire par ici.)

C’est chose faite depuis hier soir, samedi 22 septembre où l’artiste britannique a mis le feu au Théâtre Corona. Mais avant de débouler sur scène avec son éternelle chemise blanche, sa cravate noire et son air nonchalant, petit retour sur les premières parties.

BAD COP / BAD COP et SAM COFFEY & THE IRON LUNGS

C’est le girls band punk-rock Bad Cop / Bad Cop qui a ouvert les hostilités. Les méchantes représentantes de l’ordre ont offert un set énergique et frais, parfait pour chauffer la salle. La chanteuse-guitariste Stacy a même eu droit un gâteau de fête apporté par l’hôte de la soirée, sous les applaudissements du public.

C’est au tour du band Sam Coffey & the Iron Lungs d’investir le stage. Le groupe composé de six bonhommes offre un power rock rétro sympathique qui n’aurait pas fait tache dans la B.O des Gardiens de la galaxie. Un peu redondant sur la fin peut-être.

 

Punk et British

Puis vient enfin la venue du maître de cérémonie. Accompagné de son band The Sleeping Souls, Frank Turner prend place au centre de la scène, guitare acoustique en main. Il attaque son set par la chanson éponyme de son nouvel album Be More Kind. Une belle ballade pour saisir le public en douceur. Instant de tranquillité qui ne s’éternisera pas car comme il le dit lui-même « We are in a punk-rock show ! Right ?! ». Et c’est parti ! Le Britannique enchaîne les titres électriques aussi bien de son dernier album comme 1933 ou des plus anciennes comme Get Better. L’homme est survolté, il va et vient sur la scène, sa grande silhouette se détachant sous la lumière des spots. Il hurlera à la foule entre deux refrains « Welcome at our 2241 concerts ! » sous les vivas de la foule.

Après ce déferlement d’énergie, Turner retrouve sa guitare acoustique pour quelques chansons plus calme. Notamment une, très courte, que l’artiste interprète en français non sans une certaine difficulté. On n’a pas saisit toutes les paroles mais ça finissait par le mot « Putain ! »  Quoi de plus Français après tout ?

Sur ce joli mot, le Britannique en remet une couche avec Recovery et Little Changes où il invite le public à sortir ses meilleurs pas de danse.

Petite pause avant un final survolté

Seul en scène seulement éclairé par des spots blancs, le chanteur nous fait don de quelques chansons acoustiques où on peut apprécier à sa juste mesure, son talent de musicien et de chanteur. Il nous offrira notamment une reprise du groupe Chas & Dave, groupe préféré de Turner, en hommage à Chas Hodges décédé le matin même du concert.

Retour au choses sérieuses avec un final survolté. Le chanteur est en feu ; il saute, court, harangue la foule. Il finit son set par le classique Photosynthesis, chanson folk-punk par excellence. Avant un rappel dantesque où Frank Turner s’offrira un bain de foule à plusieurs reprises tout en chantant comme un beau diable. Et tout ça sans même froisser sa chemise blanche. « British style » comme on dit.

 

Un homme bien

Ce qu’il y a de bien chez Frank Turner, outre ses chansons qui sont de véritables tubes, c’est son attitude et son discours. Il représente l’homme normal dans tout ce qu’il a d’exceptionnel. Jamais moralisateur, ses chansons abordent souvent le thème du dépassement de soi mais dans le sens d’être meilleur et non Le meilleur. Et la nuance est importante. Tout ce qu’il demande, c’est un peu de compassion, d’altruisme envers les autres au quotidien où comme il l’a dit plus simplement et plusieurs fois au cours de la soirée « Don’t be an asshole in your life ! » Message reçu Frank.

Une belle bouffée d’énergie et de positivisme pour cette soirée intense. À la sortie, beaucoup d’espoir et de bonnes ondes qui font du bien à l’âme et au corps, car mine de rien pendant qu’on s’amuse et qu’on chante, lui arrive sournoisement, doucement mais sûrement…Qui ça ?

L’hiver voyons !

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