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Critique Publié le

Fringe Montréal 2017 | j’suis jamais malade en été d’habitude

Diplômée en Intermedia et en maîtrise en Etudes des arts, Patricia Rivas est une artiste montréalaise qui s’intéresse à l’interdisciplinarité, mêlant art vidéo au théâtre et à l’art performatif. Elle écrit et livre des monologues avec le collectif Les intimistes depuis 2016 avec qui elle traite le plus souvent de questions identitaires, de figures de marginalité et d’intimité. Ajoutée au festival Fringe il y a seulement trois semaines, l’artiste nous livre une réalité sensible sur la maladie de la sclérose en plaques dans sa pièce j’suis jamais malade en été d’habitude.

 

Un récit autobiographique brillamment mené

L’artiste entre en scène, seule, pour un monologue d’environ 45 minutes. Seule une chaise est là. Elle s’y assoit et ouvre un petit cahier, un journal intime sur ses ressentis d’il y a six ans. D’une façon courageuse, naturelle et très optimiste, elle dévoile jour après jour, semaine après semaine, les événements qui ont précédé l’annonce du diagnostique de la maladie. « Je crois que mes jambes sont remplies de boisson gazeuse », « peut-être une écharde ». La jeune femme redécouvre son corps par l’arrivée de ces sensations simplement « bizarres » au départ.

Avec humour, elle dévoile sa gêne devant les médecins et son innocence, certaine de ne rien avoir de grave. S’ensuivent les examens, les observations et le résultat « le médecin m’examine et me rassure « t’as la sclérose en plaques » ». L’artiste nous livre alors durant cette performance tous les petits détails de sa nouvelle vie dans laquelle il faut trouver une nouvelle énergie, s’adapter à son corps instable et réussir à expliquer à son entourage.

Entre l’annonce à son chum, le passage dans l’association des individus atteints par la sclérose en plaques ou encore les paroles plus ou moins rassurantes de ses amies, Patricia Rivas conte au public ce gros changement de vie, avec humour, légèreté et un bel optimisme au fond des yeux.

Sensibiliser la population par l’art

Dans son introspection, Patricia Rivas engage non seulement sa voix et son histoire mais met aussi en place des scènes de cette vie, comme des cases de bande dessinée, en invitant le public à la suivre, de son canapé à son lit, en passant par la télévision et l’ordinateur. Durant la performance, l’artiste construit un petit univers intimiste avec quelques éléments de décor, le tout entrecoupé par des musiques aux sonorités intenses et modernes, comme l’artiste.

Elle rajoute un ordinateur qu’elle consulte au début de ses symptômes, elle profite du canapé de ses parents en mangeant des chips devant un documentaire sur la sclérose en plaques ou encore elle réécoute les paroles de son entourage, qui réagit sur cette maladie et livre leurs points de vue.

L’artiste utilise aussi sa création pour sensibiliser le public à cette maladie. Données scientifiques et chiffres nous apprennent que 100 000 personnes sont touchées par cette maladie dégénérative incurable au Canada, particulièrement les femmes. Les causes en sont encore inconnues à ce jour.

Entre rires et larmes, le public, peu nombreux malheureusement, a été réactif et très touché par cette création sensible touchant d’un sujet grave sans pour autant devenir une création lourde et ennuyante. On assiste alors à un récit d’introspection rythmé, intime et bien senti qui apporte informations et émotions.

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