Festival Transamériques
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FTA 2018 | Pré-dévoilement de six spectacles qui promettent

Martin Faucher, directeur artistique du Festival TransAmériques (FTA), vient de déclencher la frénésie coutumière à l’approche du FTA en dévoilant six spectacles en théâtre et en danse qui feront partie de la 12e édition, du 23 mai au 7 juin, dans 17 hauts lieux culturels à Montréal, transformant chaque fois la ville en capitale bouillonnante des arts vivants à l’international.

On savait depuis novembre que le délinquant metteur en scène belge Ivo van Hove serait de retour au FTA, après un passage tapageur en 2010 avec ses Tragédies romaines d’après trois Shakespeare. Portée par 17 comédiens et 6 musiciens live, la pièce Kings of War fera la démonstration que le maître n’en a pas fini avec Shakespeare. Cette fois, c’est à Henri VHenri VI et Richard III qu’il s’en prend, avec leur soif immodérée du pouvoir et ses jeux de coulisses, ses assassinats politiques et ses intrigues cruellement despotiques. Un spectacle de plus de quatre heures que Martin Faucher a vu au Théâtre national de Chaillot à Paris il y a deux ans, et qu’il rêvait d’amener à Montréal.

Kings of War. Crédit photo: Jan Versweyveld

Kings of War. Crédit photo: Jan Versweyveld

Incarnant l’avant-garde chinoise en danse contemporaine, le jeune chorégraphe Tao Ye, 31 ans, viendra présenter un programme double intitulé 6 & 9 en ouverture du FTA. Avec sa compagnie de Beijing, il continue ainsi son exploration minimaliste du corps humain, comme en un choc métaphysique de son endurance et de sa puissance d’évocation artistique. La performance chinoise sera présentée au Théâtre Jean-Duceppe.

FTA 18 - 6 & 9 par Fan Xi

6 & 9. Crédit photo: Fan Xi

Après s’être frotté au genre absurde avec L’effet de Serge au FTA de 2010, le metteur en scène français Philippe Quesne nous revient avec une proposition déroutante intitulée La nuit des taupes. Un spectacle sans parole, où les taupes du titre ont l’air de gorilles qui philosophent sur la folie du monde hors de leur terrier qu’hébergera l’Usine C pour l’occasion.

Aboutissement très attendu d’une résidence d’écriture de trois ans à l’Espace Go, Évelyne de la Chenelière arrivera avec La vie utile, une œuvre éclatée sur le temps et la fin de vie que mettra en scène Marie Brassard, une habituée du FTA des trente dernières années, si l’on tient compte de ses collaborations avec Robert Lepage, en plus de ses créations propres. Christine Beaulieu et Sophie Cadieux font partie de la distribution qui donnera sa première chance au tout jeune comédien sans école, Jules Roy-Sicotte.

À l’opposé, mais sans qu’il y ait conflit générationnel, le danseur et chorégraphe Paul-André Fortier fera ses adieux à la scène avec Solo 70. Pour marquer ses 70 ans, le chorégraphe a fait appel à l’auteur allumé qu’est Étienne Lepage et à la conception visuelle de Marc Séguin, sans oublier la musique live aux accents résolument punks de Jackie Gallant. Un faux solo donc, où le comédien Étienne Pilon chuchote ou vocifère, se voulant un hommage à Martine Époque, décédée récemment, et qui fut une muse pour la compagnie Fortier Danse-Création.

En clôture du FTA 2018, la chorégraphe de Vancouver Crystal Pite, souvent qualifiée d’électrisante, se joindra à l’acteur et dramaturge Jonathon Young pour Betroffenheit à la Salle Pierre-Mercure. Un spectacle qui s’annonce comme une plongée survoltée dans la spirale infernale d’un personnage hanté par la perte. Voyage hypnotique empreint d’ironie et de gravité, envoûtant autant que dérangeant, le spectacle promet un coup de fouet asséné à nos certitudes de spectateurs même les plus endurcis.

Les billets pour ces six spectacles sont déjà en vente, alors que la programmation du FTA dans son entièreté sera annoncée le 20 mars prochain. Les festivaliers montréalais, reconnus comme intrépides et aventuriers, n’ont qu’à bien se tenir d’ici là.

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