Funny Girl
Critique Publié le

Funny Girl au Centre Segal

Le Centre Segal amorçait sa saison 2015-2016 ce jeudi 15 octobre et pas qu’à moitié avec la comédie musicale de renom Funny Girl. Jouée sur les planches de Broadway en 1964 avant de devenir un long métrage, cette œuvre racontant la vie de Fanny Brice est plus qu’un hommage à l’original et lui donne un vent de fraîcheur. Retour sur une pièce habilement renouvelée.


Des grands souliers à porter

Gabi Epstein avait toute une pression sur les épaules en interprétant Fanny Brice, comédienne excentrique des années 20, puisque ce rôle a fait de Barbra Streisand une icône sur les planches et à l’écran. Chapeau donc, à la jeune Canadienne, vocalement irréprochable, qui a brillamment jouée du début à la fin. Au-delà d’une tentative d’imitation, Gabi Epstein donne à Fanny Brice une couleur bien à elle, tout en poussant la note à la perfection dans les succès comme People ou Don’t Rain on My Parade.

Toute la distribution est aussi impeccable. Corrine Koslo, dans le rôle de Mrs Brice entre autres, a réussi à incarner ce parfait mélange entre le comique et le tragique reflété dans Funny Girl, encore plus que le personnage principal. Les harmonies de l’ensemble et la chimie des comédiens sur scène sont également dignes de mention.

Un classique fidèle, mais bien actualisé

Avec cette histoire d’une comédienne un peu gauche qui a connu la gloire alors qu’elle n’avait rien du modèle de beauté typique et qu’elle se moquait d’à peu près tout, le metteur en scène Peter Hinton est arrivé à recréer l’univers de Broadway avec une touche de modernité très subtile, mais bien pensée. Funny Girl n’a rien d’une comédie musicale typique : l’histoire d’amour tourne plutôt mal et la gloire est au centre du sarcasme marqué tout au long de la pièce.

La critique du American Dream a été vue et revue, mais en se replongent dans le contexte des années 60, force est d’admettre qu’il s’agit d’une comédie musicale révolutionnaire pour son temps, brisant des barrières autour du mariage, de la célébrité et des femmes juives de l’époque.

Le visionnement du film original ne nuit heureusement pas à l’appréciation de cette version de Funny girl, fidèle à l’histoire initiale, autant qu’il n’est pas nécessaire de l’avoir vu pour saisir parfaitement l’esprit de Fanny Brice grâce à l’excellent travail de Peter Hinton et évidemment, de Gabi Epstein. Une comédie musicale renouvelée avec brio.

 

 

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