Ghost
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Ghost au Métropolis | Effrayant, mais accessible

Le phénomène suédois Ghost était de retour à Montréal pour prêcher Lucifer en musique devant un parterre de fidèles comblés.

De nos jours, rares sont les « nouveaux » groupes qui suscitent un tel engouement. Les mystérieux scandinaves de Ghost ont le vent en poupe avec leur formule satanique effrayante mais accessible, gagnant chaque jour plus de fidèles sur la planète rock et métal.

L’ambiance est déjà posée avant qu’ils ne montent sur scène, puisque c’est leur musique « d’église » qui joue dans le Métropolis, donnant une ambiance presque étrange avec l’odeur d’encens. Une ovation accueille le Pape Emeritus III et ses 5 moines diaboliques qui lancent Spirit. Sur fond de grands vitraux, la troupe suédoise emporte le public avec son imagerie assez envoûtante et ses mélodies efficaces. Le charismatique chanteur enchante la foule, et fait preuve d’une bonne communication avec les fans montréalais, mentionnant la beauté de la ville et son regret de ne pas pouvoir parler en français.

Le style de chant très particulier, presque murmuré parfois, donne définitivement du caractère à l’ensemble, mais ne permet peut-être pas de libérer le reste à pleine puissance : le son est correct, mais manque un peu de volume.

Ghost, photo par Thomas Mazerolles

Ghost, photo par Thomas Mazerolles

Les extraits du premier album comme les excellents Ritual et Con Clavi Con Dio (enchaînés si tôt dans la grille de chansons !), ressortent du lot avec leurs riffs plus accrocheurs. Les chansons du dernier opus, Meliora, s’avèrent très efficaces comme l’épique From The Pinnacle To The Pit, mais leur côté « pop » donne parfois des longueurs.

Ghost s’approprierait-il un statut de groupe effrayant à l’image du diable, mais à la musique accessible au grand public ? Si on imagine un instant enlever les décors et les masques, certains morceaux pourraient manquer d’intérêt… alors que d’autres sont magnifiques.

Qu’importe, pop ou pas, Ghost continue à invoquer le malin, et livre un bon spectacle, piochant dans ses trois albums. Et le groupe possède tout le mérite et l’honneur de créer un son et un univers qui lui est propre. Emeritus III enlève la coiffe et la robe à mi-concert, ce qui lui donne un style presque horror-rockabily. Les suédois s’offrent même le luxe d’une chanson acoustique, prouvant que Satan peut aussi la jouer unplugged.

Après le très plat et pop If You Have Ghosts (reprise de Roky Erickson…), les suédois reviennent en rappel pour finir en beauté avec le majestueux Monstrance Clock, dont le refrain rassembleur hantera nos têtes toute la nuit.

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