Tentacle Tribe
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Ghost (Tentacle Tribe) | La puissance du souffle dansée à la Cinquième Salle

Ghost est le nouvel opus créé par le duo chorégraphique formé par Emmanuelle Lê Phan (Canada) et Elon Höglund (Suède). Durant 65 minutes, la Cinquième Salle de la Place des Arts respire au rythme des 6 interprètes de talent de la Tentacle Tribe. Retour sur la première du 13 novembre.

Attraper un esprit

L’expression anglophone to catch a ghost, attraper un fantôme (ou un esprit), est régulièrement utilisée par les danseurs hip hop. Attraper un esprit, c’est entrer dans la zone. Pour les néophytes, lorsqu’un danseur atteint cette zone, le niveau de concentration est tel pour l’interprète, que celui-ci ne fait plus qu’un avec la danse, oubliant le monde extérieur ou même son propre corps pour n’être plus que mouvement.

Ghost est une pièce fondée sur le concept de cette zone, concept qui se rapproche de concepts orientaux connus (Qigong, yoga) ou de la méditation. L’objectif est ici que chacun des danseurs atteignent cette zone et surtout y restent. Si atteindre cette zone est accessible pour les danseurs en solo, maintenir une cohésion dans une formation de 6 danseurs aux styles distincts est nettement moins aisé. C’est là tout le pari (réussi!) de ce nouvel opus et celà, par l’usage du souffle.

Le souffle omniprésent

Le souffle, étudié au préalable par les danseurs par l’intermédiaire de techniques yogiques et d’apnée, est le fil conducteur de Ghost. Il lie chorégraphie, danseurs, trame musicale, lumière et public. Ici, il n’y a pas de signification complexe à chercher à la pièce. Les chorégraphes laissent l’interprétation libre au public. L’objectif n’est pas de connaître le pourquoi des choses mais de profiter de la réflexion elle-même.

Sur une scène sans artifices, les 6 danseurs de la Tentacle Tribe se comportent comme une entité indissociable. La respiration est présente à tous les niveaux. En danse, elle initie le mouvement, uni les danseurs qui se meuvent dans le langage chorégraphique qui caractérise la formation: un mélange physique et technique de danse de rues, de danse contemporaine, et d’arts martiaux. Chaque respiration, chaque mouvement, aussi subtil soit-il, impactera l’ensemble des danseurs, créant des effets d’optique saisissants. Le son produit par la respiration sera aussi amplifié par des capteurs, se transformant alors en élément rythmique et musical. Le souffle guidera aussi les éclairages. Dans Ghost, le souffle est omniprésent.

Photo © Alexandre Gilbert. Interprètes Elon Höglund, Emmanuelle Lê Phan.

Tentacle Tribe

Le duo Emmanuelle Lê Phan / Elon Höglund s’est rencontré en 2005. Depuis la formation de Tentacle Tribe en 2012, le succès du duo prolifique se démarque à l’international. Du Cirque du Soleil aux scènes londoniennes, les créations du duo s’élargissent maintenant à 4 autres interprètes supplémentaires. Depuis 2016, Victoria MacKenzie, Mecdy Jean-Pierre, Marie-Reine Kabasha et de Rahime Gay-Labbé, sont les 4 danseurs et danseuses de haut calibre qui sont venus s’ajouter à la formation. Tous sont des figures actives et renommées du monde de la danse montréalaise et le résultat est excellent. Ghost est le premier opus créé pour un groupe. Ici pas de duos ou de solos, c’est ;e groupe au complet mis à l’honneur.

Pari réussi ce mardi 13 novembre pour cette nouvelle collaboration de Danse Danse avec la Tentacle Tribe. Les 6 danseurs connectent, leurs corps s’entre-mêlent avec fluidité, enchaînent les prouesses techniques, les effets visuels saisissants, le tout teinté d’une pointe d’humour. Le spectacle se clôture sous les applaudissements enthousiastes d’un public éclectique où se mélangent les spectateurs de tout âge, amateurs de hip-hop et amateurs de danse contemporaines, ce public est le reflet du caractère multidisciplinaire de la compagnie. La Tentacle Tribe est en présente Ghost à la Place des Arts jusqu’au 17 novembre.

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