Girlpool
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Girlpool au Bar le Ritz PDB | Un doux chaos

C’est devant un public tranquille mais conquis que la formation californienne Girlpool a présenté son dernier album au bar le Ritz PDB dimanche. La foule polie et silencieuse a en effet écouté avec attention alors que Cleo Tucker et Harmony Tividad se partageaient les micros.

Il faut dire que ce n’était pas la première fois que le groupe se produisait dans cette petite salle de spectacle. En 2015, Tucker et Tividad s’étaient présentés seuls, armés d’une guitare et d’une basse, en première partie de Waxahatchee. Puis, le duo était revenu en 2017 après la sortie de l’album Powerplant.

Cette fois-ci, Girlpool venait présenter le disque What Chaos Is Imaginary, paru en février dernier. Afin de recréer les textures sonores riches de ce dernier opus, le groupe comptait sur un batteur, une claviériste et un autre musicien qui alternait avec eux entre deux guitares électriques et une basse.

Cléo Tucker trouve sa voix

La différence la plus notable toutefois entre la performance de dimanche et celle d’il y a deux ans vient des changements dans la vie de Cleo Tucker, qui a amorcé sa transition en 2017. Dans une entrevue accordée au magazine i-D l’an dernier, Cleo optait pour des pronoms neutres en explorant son identité de genre : il utilise maintenant des pronoms masculins.

Depuis deux ans donc, son registre de voix a baissé d’une octave grâce à sa prise régulière de testostérone. C’est peut-être ce qui explique pourquoi les chansons de What Chaos Is Imaginary occupaient une si grande place pendant le concert : il n’est tout simplement plus capable d’atteindre toutes les notes des succès d’antan.

Toutefois, sa nouvelle voix sait porter une émotion brute unique dans des pièces comme Hire. Sa performance vocale en spectacle était d’ailleurs beaucoup plus crue que sur la version studio parue à la fin de l’année dernière. Lorsque c’était le tour de Tividad de chanter, les harmonies vocales de Tucker donnaient une autre dimension aux pièces. On pense ici entre autres à It Gets More Blue, parue avant sa transition. Au final, même si les arrangements ont changé, la chimie entre les deux meilleurs amis est restée intacte.

Sur scène, le groupe garde son naturel, discutant candidement de marijuana entre deux chansons et rigolant un peu lorsque des problèmes techniques s’invitent à la fête au début de Minute In Your Mind. Cleo se permet même de trinquer avec des membres du public au milieu du concert. Celui-ci reste timide mais respectueux: il ne deviendra bruyant que lorsque les membres du groupe quitteront la scène pour une première fois. Durant tout le spectacle, les cellulaires se faisaient plutôt discrets, tout comme les placoteux de première. L’occasion était donc belle de fermer les yeux et de se laisser imprégner par la musique de plus en plus envoûtante de la formation.

Cleo et Harmony sont revenus seuls sur scène pour le rappel, interprétant Chinatown au grand plaisir des fans de première heure. Juste avant la chanson, Cleo Tucker prend un moment pour s’accorder: Harmony en profite pour noter le calme et le respect du public. Alors que leur batteur et guitariste/bassiste remontaient sur scène, les deux BFF ont demandé à la foule de leur proposer des titres de pièces pour finir le concert. Cleo a ensuite interprété seul All Blacked Out, tiré du dernier album, avant de laisser son amie chanter 123. C’est sur cette chanson de Powerplant, qui commence comme une ballade mais qui évolue en monstre rock, que Girlpool a tiré sa révérence pour de bon.

 

Hatchie, un nom à retenir

Après le passage timide mais charmant de Claud, c’était au tour d’Hatchie de prendre la scène avant l’arrivée de Girlpool. Musicalement, Hatchie affiche toujours une belle sensibilité pop grâce à des mélodies hyper accrocheuses qui collent à la peau. Le tout est enrobé dans une belle couche psychédélique de réverbération, avec des sonorités qui rappellent le dreampop de Jesus and Mary Chain. Sur scène, l’Australienne mélange rock et new wave entourée de trois musiciens, alors qu’elle joue de la basse.

Avec un nouvel album à paraître bientôt, Hatchie a performé beaucoup de nouveau matériel. Without A Blush, premier extrait du projet, fonctionne aussi bien sur scène qu’en studio avec son côté grunge un peu sucré. On aurait aimé entendre le deuxième extrait Stay With Me, paru au début du mois, mais les autres chansons inédites confirment le potentiel de ce premier album complet. Il faudra donc surveiller la sortie de Keepsake, prévue pour le 21 juin.

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