Greyson Chance
Critique Publié le

Greyson Chance au Bar Le Ritz PDB | Continuer sur la bonne voie

Greyson Chance était de passage hier au Ritz Le Bar PDB, dans le cadre de la tournée mondiale de son album « Portraits ». Offrant un spectacle généreux et intime, il a su faire oublier temporairement le froid de novembre en proposant un spectacle dynamique et original.


 

L’étoile montante

Greyson Chance: à première vue, ce nom ne vous dit probablement rien. Pourtant, le chanteur de 21 ans a atteint la célébrité à un très jeune âge. En 2010, alors qu’il était âgé de 12 ans, Greyson Chance devient un phénomène viral grâce à sa reprise de Paparazzi de Lady Gaga, qu’il a effectuée lors d’un talent show à son école. La vidéo du cover, qui dépasse aujourd’hui les 66 millions de visionnements, lui a valu notamment une visite à l’émission d’Ellen Degeneres.

Voguant sur ces nouveaux « phénomènes viraux », Greyson Chance sort ensuite des chansons originales atteignant une certaine popularité. Encore aujourd’hui, les chansons Waiting Outside The Lines et Unfriend You restent, après sa reprise de Paparazzi, les vidéos les plus visionnées de sa chaîne Youtube. Ces deux chansons sont tirées de son premier album, Hold On ‘til the Night, sorti en 2011 et produit notamment par Degeneres.

Or, malgré le fait que Hold On ‘til the Night soit sur papier son premier album, Greyson Chance considère son récent album Portraits, sorti en mars dernier, comme étant son premier.

Une renaissance entamée

Il est vrai que les huit ans séparant les deux albums créent une différence remarquable. Dans Portraits, nous retrouvons Chance sous toute sa vulnérabilité. Finis les confettis de la pré-adolescence, le spleen de surface: dans Portraits, Chance s’est entouré de peu de personnes et explore de manière beaucoup plus honnête et franche ses relations, faisant davantage preuve d’introspection. Le tout, dans un style unique à mi-chemin entre Harry Styles et Troye Sivan, avec une voix rappelant parfois Sam Smith.

Greyson Chance a offert un spectacle complet, avec des effets lumineux adaptés pour chacune des chansons, des introductions astucieusement revisitées pour ses chansons et même un changement de vêtements! Il faut souligner que Greyson Chance a construit avec peu : accompagné d’un seul musicien sur scène et ayant comme seul décor des tubes lumineux sur l’avant-scène et l’arrière-scène, Greyson Chance a charmé par ses mouvements sentis et sa puissante voix, qui est aussi maitrisée que sur son album.

La chance d’être proche

Greyson Chance détient un contrôle stylistique bluffant, sachant mettre à profit la taille de la salle et de son auditoire. Il garde une prestance tout en restant authentique et tout en se permettant des commentaires entre les chansons, et parfois même durant les chansons (« il fait froid » ou « f*ck ton Instagram » l’avons-nous entendu dire). Ayant appris le français à l’université, Greyson Chance s’est passé du simple « Bonjour Montréal » pour offrir quelque chose de plus personnalisé pour sa première apparition dans la ville.

Proche de son public (dans tous les sens du terme), Chance a pris le cellulaire d’une fan pour se filmer durant la prestation de Seasons Nineteen. Plus tard dans la soirée, il fait monter sur scène Taylor et Anthony, un couple rencontré plus tôt durant le Meet & Greet de l’artiste, souhaitant tout simplement leur souhaiter du bonheur et dire qu’il les trouvait mignons ensemble. Puis, l’interprétation de sa chanson Good as Gold a su en émouvoir plus d’un, résultant en un certain intermède sans toutefois créer de longueur. Chance a offert un spectacle généreusement garni, ajoutant même deux nouvelles chansons : Overloved et le très récent Boots, sorti la journée même.

Lorsque interpellé par un spectateur afin de refaire le cover de Paparazzi, le chanteur accueille le commentaire avec une tiédeur détonante, qu’il passera après sous le biais de l’humour. Il finit par ajouter, afin d’expliquer son refus de rejouer la pièce: « Je suis très fier de ce cover, mais, en toute franchise, Lady Gaga m’a dit d’arrêter et de trouver ma propre voie ». Greyson Chance ne devrait plus s’en soucier: il l’a indubitablement trouvée.

En première partie, Claire Ridgely en a surpris plusieurs avec sa voix à la hauteur de celle d’Alessia Cara, voire de Charlotte Cardin. Explorant un style entre l’indie pop, le folk et le new soul, Ridgely était visiblement très heureuse, ne cessant de sourire et de remercier le public. Cette première partie, remarquée par sa simplicité et ses ballades, a suscité l’intérêt de plusieurs et adhérait bien au style légèrement décalé de Greyson Chance.

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