Heavy Montréal
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Heavy Montréal 2015 – Jour 3 | Slipknot, Lamb of God et la fin officielle des Ramones

En ce troisième (et dernier) jour du Heavy Montréal 2015, il y avait une fois de plus du grandiose, de la surprise, de la déception et du gros fun. 


LE PLUS GRANDIOSE

La grande finale, Slipknot. Ou « SLIP-FUCKING-KNOT  » comme le hurlaient quelques dividus particulièrement enthousiastes.

Les géants masqués n’ont pas perdu de temps et ont commencé plein gaz. Leur scène comprenait deux étages entre lesquels sautaient sans cesse le membre numéro 0, y’avait une immense tête de bélier, des flammes, des miroirs.

Et les percussionnistes se trouvaient sur des plateformes tournantes qui montaient et descendaient dans les airs selon l’intensité de la musique.

Tout ça, en même temps.

Mais malgré tout, c’est le talent des gars, pas rouillés pour deux cennes, qui restait le centre d’attention. Surtout celui de Corey Taylor, chanteur de la formation.

Sa voix, autant chantée que criée, est d’une puissance déconcertante.

Il a mené son groupe à travers une poignée de pièces tirées de .5 : The Gray Chapter avant d’officiellement tomber dans les classiques Wait and Bleed, Before I Forget puis, en guise de rappel, People=Shit et (sic).

Et il s’est amusé avec la foule, leur parlant un peu en français, leur donnant un discours sur la famille et les faisant tous s’asseoir un moment pendant Spit it Out.

Du gros fun, avec une grosse foule (qui contenait son lot de festivaliers masqués et attriqués comme leurs idoles).

Ce fut par contre la seule foule de la journée à être d’une envergure comparable aux éditions précédentes du Heavy Montréal.

(N.D.L.R. : evenko déclare 40 000 festivaliers sur 3 jours, comparativement à 75 000 sur 2 jours pour l’année précédente, qui était toutefois exceptionnelle en raison de la présence de Metallica)

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Photo par Renaud Sakelaris.

LE PLUS DÉCEVANT

Alors que l’annonce de la venue du légendaire Marky Ramone, qui serait accompagné d’Andrew W.K, avait de quoi faire rêver, ce fut un flop monumental.

W.K., reconnu pour être Mr. Party en personne, était quasi immobile. Et sa voix, qu’on sait puissante, n’était pas là pantoute. Elle doit être restée quelque part avec l’ampli de basse aussi, parce qu’on n’entendait aucune note de cet instrument pourtant primordial en spectacle extérieur.

De voir en plus le visage aucunement enjoué et vieillissant de Marky Ramone à travers ce fouillis était simplement triste. T’sais quand tu regardes quelque chose de malaisant à la télé et que tu zappes pour éviter de vivre ce moment pénible? C’était comme ça, mais sans la zapette.

Andrew WK (chant) et Marky Ramone (batterie). Photo par Karine Jacques.

Andrew WK (chant) et Marky Ramone (batterie). Photo par Karine Jacques.

LE PLUS LE FUN

De faire jouer Upon A Burning Body, un des groupes les plus pesants de la journée, sur la scène de la Forêt tirait pas mal de la mauvaise idée au départ.

Parce que ladite scène était minuscule et située au milieu d’un bon paquet d’arbres. Imaginez des centaines de personnes mosher, les deux pieds dans le bran de scie, entre les arbres. Et imaginez les blessures potentielles.

Mais finalement, c’était fou raide.

La foule était complètement dingue, le décor était complètement dingue, personne ne s’est cassé la face sur/dans un arbre (parce que plusieurs ont essayé de grimper).

Et le chanteur du groupe, du haut de son corps sculpté, a profité de l’énergie de son public pour créer des scènes mémorables, genre demander à tout le monde de créer des circle pits autour de chacun des conifères.

Et ils ont terminé sur leur reprise de Turn Down For What.

Upon A Burning Body. Photo par Karine Jacques

Upon A Burning Body. Photo par Karine Jacques

LE PLUS SURPRENANT

On savait que la prestation de Dead Tired allait être quelque chose, mais on s’attendait pas à ce quelque chose là.

Ce qui arrive, c’est que Dead Tired est la nouvelle formation de George Pettit, chanteur d’Alexisonfire. Et s’il est surexcité et presque mignon avec AOF, avec Dead Tired, c’est un tout autre homme.

Il est arrivé sur scène en se traînant les pattes, une glacière de bières à la main et une bedaine de bière à l’abdomen. Entre les pièces il jouait avec sa bave et insultait amicalement la foule, puis il a terminé la prestation en déchirant son chandail de manière blasée.

Ses confrères n’étaient guère mieux, le bassiste s’amusant à cracher en l’air et à faire retomber ça dans sa barbe. C’était vraiment dégueu. Mais étrangement, c’était excellent.

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EN VRAC

LAMB OF GOD

Lamb of God a offert une super bonne prestation. Mais qui était presque la même que l’an dernier. C’est-à-dire sensiblement le même setlist, avec les mêmes projections vidéos.

Mais pourquoi changer une formule gagnante.

JASTA

Le chanteur de Hatebreed, Jamey Jasta, a vraiment beaucoup d’amis. Il a emprunté un guitariste à Crowbar, a performé une chanson qu’il a originalement écrite avec Zakk Wylde et a fait monter sur scène son pote Randy Blythe (de Lamb of God). Et à voir son grand sourire, son message d’acceptation de tous les sexes/races/religions et le fait qu’il ait donné son bracelet à un enfant en fin de spectacle, on comprend pourquoi il a temps de chums.

 

ASKING ALEXANDRIA

Dur de remettre le party après les performances très bof de Dokken et Marky Ramone, mais la foule a semblé apprécier AA. Et ce, malgré leur utilisation constante d’un backtrack et leurs refrains qui remplissent tous les clichés de la scène emo.

 

IHSAHN

Peut-être trop cérébral pour un festival, mais Ihsahn reste un artiste incroyable. Et ses musiciens, qui ont l’air d’avoir 30 ans de moins que lui, sont à la limite du prodigieux.

Ihsahn. Photo par Renaud Sakelaris

Ihsahn. Photo par Renaud Sakelaris

COAL CHAMBER

Dur de remplir une demi-heure de musique avec deux hits, hein.

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