Limp Bizkit
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Heavy Montréal 2018 – Jour 2 | Du nu metal, du stoner metal, du thrash metal et trop de métal poche

La première journée du Heavy Montreal 2018 aura somme toute été un correct succès : Baroness étaient divins, Marilyn Manson n’a même pas annulé son show après 2 tounes (quoiqu’une pluie biblique lui aura quand même écourté le set) et les feux d’artifices étaient jolis. La deuxième journée, par contre, aura eu des hauts et des bas. Plus de bas que de hauts, en fait.

Rien de désastreux, qu’on se dira. Mais certainement rien de frais, pas de nouveauté, juste les mêmes vieux bands qui passent et repassent de programmation en programmation sans changer quoi que ce soit à leur performance.

D’abord, les photos :


 

Blind Witness et leur metalcore usé à la corde étaient là, devant une foule de bonnes gens qui avaient probablement déjà vu cet exact même spectacle 10 fois.

Trivium et peu importe le style de musique qu’ils font désormais étaient là, à se sortir la langue à toutes les 3 notes pour tenter de nous faire croire qu’ils avaient de l’entrain.

Hollywood Undead étaient là, à jouer leurs hits misogynes et adolescents qui ont donc ben mal vieilli, hein? Et aussi leurs plus récentes compositions à saveur de « on aimerait ça revenir dans les palmarès fait qu’on est prêts à jouer n’importe quel type de pop ». Tout était fake dans cette représentation : le faux solo de voix du batteur qui était clairement préenregistré, les reprises bâclées de Enter Sandman et Du Hast, les masques qui sont tombés après une seule chanson. Les fans ont eu l’air d’apprécier par contre, donc on peut leur donner ceci : ils ont quand même réussi à faire lever le party.

* Photo par Thomas Mazerolles

Les légendaires et québécois Voivod étaient là aussi, et eux étaient assez bons. Malheureusement, c’est le son qui n’était pas au rendez-vous. Mais même sans son adéquat, on pouvait apprécier la bonne humeur et l’amitié palpable de ces gars qui ont fondé ce band il y a 35 ans. Bonne fête les boys.

Mais heureusement.

Heureusement il y avait Sleep et leur stack d’amplis Orange crinqués à 11. Les rois incontestés du stoner metal ont hypnotisé la foule avec leurs lents, violents, distordus riffs. Sous un soleil de plomb et un épais nuage de boucane aux effluves de moufette ont pouvait apercevoir les têtes headbanger au rythme lourd des coups de snare qui sonnaient comme des coups de gun tant ils étaient percutés avec force.

C’était nice ça.

Aussi nice fut le début de journée tout en thrash, gracieuseté des Texans de Power Trip. Impossible de ne pas avoir envie de se faire aller la couette à l’écoute de Executioner’s Tax et Nightmare Logic, on vous le promet.

* Photo par Jesse Di Meo

Emmure itou étaient en forme et ont donné naissance à un des pits les plus endiablés du festival. Shout out au gars qui se roulait par terre à travers les coups de poings et encore plus shout out au jeune homme en chaise roulante qui est venu faire quelques spins en plein milieu de l’arène. Il faut dire qu’avec Limp Bizkit comme têtes d’affiche, Emmure et leur deathcore très teinté de rap et de nu metal (le chanteur portait d’ailleurs une camisole de Korn, tsé) était un très bon choix de hors-d’œuvre.

Parlant de Limp Bizkit.

C’était Avenged Sevenfold qui devait clore cette édition du festival, mais pour des raisons de santé le groupe a dû annuler sa présence (tout comme il avait annulé au FEQ plus tôt dans le mois) et c’est à Limp Bizkit qu’est revenue la tâche.

Il y avait de valables raisons pour être un peu inquiet. Le groupe ne tourne plus vraiment, les prestations sont rares et donc, on en déduit, les pratiques moins fréquentes. En plus, ils apprennent leur venue à la dernière minute, donc encore moins de préparation. Ajoutons à cela le tempérament, mettons, explosif de Fred Durst et ç’aurait très bien pu être une catastrophe.

Mais hey. Même pas.

Durst est encore à l’aise sur scène et se permet même de petits commentaires baveux comme il l’aurait fait naguère, lorsqu’il était au top du monde. Wes Borland est magnifiquement costumé, tout de noir peint sauf le top de son crâne. DJ Leathal semble en forme. Ça roule, ça roule.

Et le choix de chansons, bien qu’assez conservateur, était judicieux : Nookie, Take A Look Around, My Way, Faith, Behind Blue Eyes, ça ratisse assez large dans les succès du band (et les succès que le band a volés, fait remarquer en riant Durst).

Les héros des pants baggy et des casquettes New Era ont même été généreux avec leur public au point de faire monter sur scène un jeune homme pour chanter en duo avec Fred. Après une première personne qui a floppé complètement, ce jeune homme a, lui, torché, comme dirait l’autre.

Tout ça devant une foule en pas pire délire.

Pas mal pour un groupe dont tout le monde aime rire, hein?

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