Heavy Montréal
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Heavy Montréal – Jour 2 | Faith No More, Iggy Pop, NOFX, Billy Talent et plus!

Deuxième journée très attendue et surtout chargée pour le festival de musique punk et métal de la métropole, alors que Faith No More y effectuait son grand retour après une absence de plus de 23 ans en sol montréalais.


Le retour de Faith No More

Presque un événement historique, cette présence de Faith No More à Montréal, exactement 23 ans après leur dernier passage, jour pour jour, le 8 août 1992, alors que le groupe prenait part à la tournée conjointe de Metallica et Guns N’ Roses qui a tourné à l’émeute, au Stade Olympique.

Faith No More était le seul des trois groupes à compléter sa prestation en totalité, avant que le chaos ne s’empare de l’endroit. Événement que Mike Patton et sa bande semblent avoir oublié, préférant ne pas y faire référence, samedi soir, lors du spectacle en tête d’affiche de Heavy Montréal.

Faith No More, photo par Renaud Sakelaris

Faith No More, photo par Renaud Sakelaris

 

Le groupe a tout de même offert une bonne prestation pour les nostalgiques, rodée au quart de tour, et qui manquait peut-être parfois de spontanéité. La grille de chansons offerte était sensiblement la même qu’à Boston, quelques jours plus tôt, comme nous le rapportait notre rédacteur en chef, Marc-André Mongrain.

Ceci dit, la polyvalence de la voix de Mike Patton n’est plus à prouver, mais on en profite également pour souligner la même qualité pour les musiciens et le groupe en entier. Un concert de Faith No More nous permet de constater l’étendue des styles musicaux maitrisés par le groupe, que ce soit par leur emblématique funk rock, leur côté plus métal ou leur côté plus soul ou R’n’B avec leurs reprises des Commodores (l’excellente Easy) ou de Burt Bacharach. On a d’ailleurs apprécié le comique clin d’oeil à notre Céline nationale avec un extrait de The Power of Love durant Midlife Crisis.

Le décor d’un blanc immaculé, costumes inclus, parsemé de boites de fleurs était d’ailleurs tout en contraste avec leurs pièces plus agressives, mais s’accordait bien avec ces interludes plus posés. Intéressant concept.

Patton s’est aussi permis une petite incursion dans la foule, après avoir pris le contrôle des caméras à l’avant-scène, durant Ashes to Ashes.

Bref, de belles retrouvailles avec le groupe californien pour le public montréalais.

 

La légende Iggy Pop

Iggy Pop, photo par Renaud Sakelaris

Iggy Pop, photo par Renaud Sakelaris

Journée marquée par des légendes du rock. Juste avant Faith No More se produisait Iggy Pop, cet inépuisable rockeur « en bédaine » de 68 ans. S’il s’est pointé sur la scène, le veston de cuir sur les épaules, ça n’aura duré que quelques minutes, alors qu’il s’est empressé de le retirer à mi-parcours de No Fun. 

Il est frippé, le Iggy, mais il a toujours la flamme de la passion dans les yeux. Même s’il n’a plus l’énergie de ses 20 ans, il s’efforce toujours de se promener d’un bout à l’autre de la scène, en se dandinant et nous sert toujours ses mouvements et poses chorégraphiées, quand il ne s’enroule pas dans son fil de micro, après l’avoir fait virevolté au-dessus de la foule tel un lasso.

Beaucoup de ses succès y sont passés, de The Passenger à Lust for Life en passant par Nightclubbing, durant laquelle on pensait bien avoir droit à un strip-tease…

Bien qu’il n’était pas le plat de résistance de la soirée, Iggy Pop s’est tout de même permis un rappel de quelques chansons.

 

NOFX 

Juste avant, c’était la fête avec NOFX, que certains auront eu la chance d’aussi voir la veille (comme notre collabo Olivier Mathurin), au Métropolis, dans le cadre d’un afterparty du festival.

Il y avait réellement quelque chose à célébrer, puisque le sympathique guitariste El Hefe fêtait ses 50 ans en direct, sur scène! Il s’était d’ailleurs coiffé d’un chapeau d’anniversaire format géant pour la cause et les membres lui avaient réservé une surprise, plus tard dans le spectacle: deux grosses piñatas, l’une rouge, l’autre noire, remplies de bonbons, que le musicien s’est amusé à démolir entre deux chansons. Toute une fiesta.

El Hefe de <a href='/artiste/nofx/' >NOFX</a>, photo par Karine Jacques

El Hefe de NOFX, photo par Karine Jacques

Outre les célébrations anniversaires, Fat Mike était, comme la veille, affublé d’une moulante robe rose, agencée à son style capillaire, qui mettait bien en valeur son corps svelte. Il n’a pas manqué de se moquer des autres groupes annoncés durant la journée, annonçant que NOFX était sans contre-dit le meilleur groupe de la journée, que Billy Talent était une blague et qu’il ne valait pas la peine de se déplacer pour, qui ?  Iggy Pop ?

Baveux et irrévérencieux, c’est comme ça que l’on aime les membres de NOFX dont les prestations sont toujours un divertissement assuré.

 

Billy Talent

Le groupe canadien n’a pas donné sa place en début de soirée samedi soir alors que fidèle à son habitude, le quatuor a offert une solide performance, remplie de succès au grand plaisir des nombreux fans qui étaient au rendez-vous.

Billy Talent, photo par Karine Jacques

Billy Talent, photo par Karine Jacques

Il n’y a pas à dire, Benjamin Kowalewicz et sa bande savent livrer la marchandise. Envoyant la prestation avec un « Bonsoir mes amis, ça va? » bien senti sur la rapide Devil in a Midnight Mass, le ton était donné.

Enchainant succès après succès, le groupe en a profité pour dédier Kingdom of Zod à ses compatriotes de Alexisonfire, qui se produisaient sur la même scène le jour d’avant, dans un concert-réunion.

Autre moment marquant, le passage d’un avion à bannière durant Running Across the Tracks, arborant l’inscription « Jessica, will you marry me? », que le chanteur a bien pris soin de pointer. L’histoire ne dit pas quelle réponse le prétendant a obtenu, mais on leur souhaite bien du bonheur…

Tout juste après, la perfo s’est terminée sur une suite bien envoyée de River Below, suivi de Devil on My Shoulder, Red Flag, Fallen Leaves avant de terminer avec la classique Try Honesty que tous ont entonné en choeur. Fichue belle prestation.

 

Deafheaven, Glassjaw et Masked Intruder

En début de journée, on a flané sur le site pour rencontrer les immenses statues de la Mort, faire un détour par la scène Heavy Mania qui présentait un match enlevant (!) de lutte et par la scène de la Forêt, où se produisaient entre autres les amusants Masked Intruder, dont les masques de lutteurs (justement), s’agencent aux couleurs de leurs guitares respectives. Un interlude pop punk fort divertissant parmi l’offre plus hard rock ou métal de la journée.

Glassjaw, photo par Karine Jacques

Glassjaw, photo par Karine Jacques

Un peu avant, on a fait un détour par la scène de l’Apocalypse pour voir Glassjaw, avec Daryl Palumbo en tête. Excellente présence de scène pour le chanteur qui alterne entre le scream et le chant plus aigu digne des meilleurs groupes pop punk. Mention spéciale au guitariste Justin Beck, un peu en retrait derrière, qui prend un réel plaisir à jouer, le sourire aux lèvres, se déhanchant tel un reggaeman. Un bonheur à regarder!

Deafheaven, photo par Renaud Sakelaris

Deafheaven, photo par Renaud Sakelaris

Enfin, on a débuté la journée avec l’excellent groupe Deafheaven, qui marie les genres à merveille, mélangeant le shoegaze au post-hardcore pour un style unique et franchement maîtrisé. Un groupe à découvrir, si ce n’est pas encore fait, ne serait-ce que pour s’imprégner de l’intensité du chanteur George Clarke, qui semble carrément en transe, submergé par ses mélodies.

Belle journée, somme toute, pour le festival qui semble éprouver des difficultés côté ventes cette année. Déjà, les festivaliers étaient plus nombreux et enthousiastes que la veille…

 

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