Heavy Montréal
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Heavy Montréal 2014 – Jour 2 | Slayer, Lamb of God, Hatebreed, Body Count, Twisted Sister et plus

Bien qu’aussi ensoleillé que le précédent, le jour deux du Heavy Montréal 2014 fut beaucoup moins mouvementé. Pas par manque d’offre de bonnes prestations, mais surtout à cause d’une foule exponentiellement moins grande que celle de la veille.


 

SLAYER

Évidemment, c’était à prévoir : peu peuvent rivaliser en popularité avec les énormissimes Metallica, mais n’empêche qu’il était un peu triste de voir une foule déjà un peu éparse s’amincir davantage à mesure que la prestation de Slayer avançait.

En fait, au moment où résonnaient les notes de South of Heaven, beaucoup de festivaliers se tassaient déjà aux portes de sorties.

Est-ce que ça empêche Tom Araya d’afficher son charmeur sourire tout au long du spectacle ? Nope. Est-ce que ça empêche le reste de groupe de se donner entier ? Non plus, à en juger par les hochements de tête frénétiques de Kerry King.

En fait, la prestation était très bonne, les interventions d’Araya sont fréquentes et pertinentes (mention spéciale à son discours sur les conflits du monde arabe juste avant Die By the Sword).

Ce qui est un plus dommage c’est que la grille de chanson contenait plusieurs chansons consécutives avec exactement la même structure, le même tempo, des solos semblables. Tellement que les moments où le rythme descendait (comme pendant le break de At the Dawn They Sleep) devenaient ceux qui créaient le plus de réactions.

Et pour ceux qui avaient vu le groupe lors de sa venue au CEPSUM il y a quelques mois, il y avait une petite déception à voir qu’il s’agissait du même décor et de pratiquement la même mise en scène.

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Photo par Renaud Sakelaris.

 

 

LAMB OF GOD

Lamb of God – le « meilleur groupe de métal de l’ère moderne », pour citer Jamey Jasta de Hatebreed – était de retour à Montréal pour la deuxième fois depuis la sortie de prison de son chanteur.

C’est d’ailleurs devant une foule pleine de fans arborant des chandails « Free Randy Blythe » que le groupe américain s’est produit.

Épaulés d’assez troublants montages vidéo (les images d’évangélistes qui manient des serpents et de preachers pendant Ruin étaient particulièrement hypnotisantes), le quintette a déchiré la lace à grands coups des hymnes métal que sont devenus Laid To Rest et Redneck.

Si pesante soit leur musique, ils ont quand même réussi à faire sortir les briquets de la foule pendant Vigil.

Ou plutôt pendant la première minute de Vigil, avant que les gens recommencent à se rentrer dedans de plus belle.

 

Photo par Karine Jacques.

Photo par Karine Jacques.

 

TWISTED SISTER

Moment de nostalgie totale : la présence des gars de Twisted Sister. Les cinq membres originaux à part de ça.

« Pas comme les bands qui leur reste juste un membre original. J’nommerai pas de nom. *WHITESNAKE* » de dénoncer le toujours délirant chanteur Dee Snider.

En fait, on peut clairement couronner Snider en tant que personnage le plus divertissant et charismatique de tout le Heavy Montréal 2014.

Affublé de sa caractéristique tignasse blonde, il s’est fait un devoir de faire rire la foule entre presque chacune des pièces interprétées. Et mentionnons que ces pièces étaient toutes tirées de Stay Hungry, album phare du groupe, parce que les gars s’étaient donné pour but de le jouer en entier.

Ce qui veut dire We’re Not Gonna Take It, The Price, S.M.F et bien sûr I Wanna Rock.

Une expérience sociale a d’ailleurs été menée par le groupe durant cette pièce, à savoir si les gens allaient crier plus fort « I WANNA ROCK » ou « I WANNA FUCK ».

Conclusion : « 100% du monde entier préfère la deuxième option. »

 

Photo par Renaud Sakelaris.

Photo par Renaud Sakelaris.

HATEBREED

Sauf erreur, c’est Hatebreed qui aura fourni à cette édition du  festival ses toutes premières chorégraphies de mosh.

Et ce qu’il y a de bien, c’est que tout juste à côté du moshpit se trouvait un autre amas de gens qui ne moshait pas mais se fonçait joyeusement dessus. En gros, Hatebreed semble avoir été le groupe réunissant le plus les trois solitudes présentes au Parc Jean Drapeau : les fans de hardcore, les punks et les invétérés du métal.

Mais peut-être que les gens se donnaient autant simplement aussi parce que le chanteur du groupe a proféré la menace que tous ceux qui restaient immobiles étaient des fans de Kanye.

*Shout out tout spécial à la personne en béquilles en plein milieu du chaos.

 

Photo par Renaud Sakelaris.

Photo par Renaud Sakelaris.

 

BODY COUNT

Pour un groupe qui ne se prend pas réellement au sérieux, fondé autour de la légende du gangsta rap Ice-T, Body Count offre une solide prestation musicale.

De bons riffs, de bons solos et surtout une très étrange crédibilité.

Plutôt que d’avoir l’air un peu clownesque comme bien des artistes qui changent drastiquement de style musical, Ice-T a toute la prestance du monde pour être à la tête d’un groupe de métal.

Quand il dit que si tu ne te bouges pas plus que ça, il va descendre t’en mettre une, vu ses antécédents il y a une chance que ce ne soit pas que des paroles en l’air.

Et quand il dit à une jeune adolescente de 16 ans que si quelqu’un de son école lui causait du trouble, « tonton Ice-T » irait personnellement régler le cas, ben tu y crois.

Et quand il gueule « TALK SHIT, GET SHOT. » ça en jette.

Même quand le groupe reprend une chanson de The Exploited, ça sonne comme une tonne de brique. Sincèrement, une des très bonnes performances du festival.

Photo par Renaud Sakelaris.

Photo par Renaud Sakelaris.

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