Humans (Circa)
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Humans par les Australiens de la compagnie Circa à la Tohu | Les as de l’acrobatie extrême

On dit que la compagnie Circa, basée à Brisbane en Australie, s’est produite déjà devant un million de spectateurs dans une quarantaine de pays. À la TOHU actuellement, Circa en est à sa 8visite, avec cette fois le spectaculaire Humans qui a déjà atteint quelque 90 000 mordus de cirque contemporain dans 13 pays. De la grande et belle visite en ville.

Circa, dont on a pu apprécier entre autres Beyond en 2015 et Opus l’année dernière, a été fondée à même le fort courant d’un cirque renouvelé et moderne qui a déferlé en Australie au début des années 2000. Délaissant les disciplines coutumières des arts circassiens, la compagnie a fait le pari de l’acrobatie pure dans Humans qui est en même temps à la lisière du cirque, de la danse, du théâtre et du mouvement chorégraphié, le tout emballé avec grand art.

* Photo par Pedro Greig.

Ils sont dix intrépides, quatre filles et six garçons, à repousser avec un talent certain les limites du corps dans leur pratique. D’une moyenne d’âge dans la mi-vingtaine, on les regarde s’exécuter en ayant l’impression que tout est facile, tellement sont au point leurs numéros dont on ne peut quantifier le degré d’effort, de dépassement de soi, de détermination et de travail acharné pour arriver à un aussi beau résultat.

Ce sont des jeunes de leur temps, certains arborant jusque sur leurs cuisses et leurs jambes des tatouages surdimensionnés. Variant en nombre, ils exécutent des figures acrobatiques d’une extrême complexité sur la piste circulaire de la TOHU. Des figures qui demandent autant de force que d’agilité, livrées sans répit aucun avec une fabuleuse énergie créatrice, canalisée par le metteur en piste et directeur artistique de la compagnie, Yaron Lifschitz.

* Photo par Pedro Greig.

S’interrogeant dans le programme de la soirée sur « ce que cela signifie d’être humain », voyant dans l’humanité « une espèce relativement faible et peu impressionnante », le pro du cirque ajoute que « C’est dans cette relation étroite avec notre vulnérabilité que notre force trouve sa véritable articulation. Dans nos limites se trouvent nos possibilités ». Celui qui est tout autant chorégraphe que dompteur de jeunes loups athlétiques, confronte ses artistes à la finalité de la vie qu’il appelle « notre défaite inévitable ».

Poussés à l’extrême, les dix interprètes nous éblouissent avec des figures de haute voltige, comme ces deux acrobates portant à la verticale et en hauteur deux autres se tenant debout sur leurs épaules, et auxquels viendra s’en ajouter une cinquième grimpant au sommet de cette pyramide humaine bien précaire. Une autre figure renversante est celle où une acrobate marche littéralement, un pied à la fois, debout sur la tête de ses acolytes placés en ligne au premier étage de ce qui constitue un tableau vivant en mouvement, pendant qu’on entend Brel chanter L’inaccessible étoile.

À certains moments, le créateur et metteur en piste utilise le ralenti pour mieux nous complaire, affichant au plus près une gestuelle précise, innovante et complètement fluide de la part de ces acrobates aériens d’un cirque réinventé dont les 70 petites minutes du spectacle
Humans, avec son lot de prouesses acrobatiques incroyables, sont bien vite passées entre les murs ronds de la TOHU.

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