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IAMX au Belmont | L’hydre à la voix de sirène

IAMX a enflammé le Belmont, hier soir à Montréal! Présentement dans la partie nord-américaine de leur tournée « Alive In New Light Tour 2018 », les quatre acolytes ont présenté de main de maître des pièces de leur nouvel album, et ils ont également parcouru leur discographie étoffée. Résumé d’une soirée sans première partie, qui a passé bien trop vite.

Le monstre électro à plusieurs têtes

Si IAMX aime bien se comparer à un loup, hier soir, le groupe mené par Chris Corner s’est fait plutôt navire, voguant lascivement sur les flots de ses propres décibels! Avec une fougue incomparable, le groupe britannique s’est aventuré avec une maîtrise parfaite sur des mers tempétueuses.

Le public baignait dans une lumière bleue, et on le croyait transporté dans un étrange monde sous-marin sensuel, où les créatures se meuvent à travers les vagues musicales veloutées. Elles deviennent algues superbes qui ondulent sous le contrôle du commandant, et soutiennent cette construction immense qu’est IAMX. Couverte de peinture glow in the dark et de rose fluo (pour les claviéristes), cette barque improbable étincelle au coeur de la nuit montréalaise. Chris Corner devient sirène éplorée, dont les chants résonnent, aussi affûtés que le tracé d’un doigt sur des parois de cristal. Son visage androgyne, sa démarche féline ainsi que ses traits fins, inspirent et fascinent. D’ailleurs, en entrevue, il mentionne adorer se travestir. Utilisant des miroirs du décor comme des armes, coiffé de plumes noires ou de chapeaux singuliers, il bouge comme un animal sauvage.

IAMX, ce quadrupède marin à voix aériennes, se pavane sur scène avec raison. Le monstre à plusieurs têtes fait étalage de ses chansons et le public compact, remplissant le Belmont à pleine capacité, crie à assourdir. D’ailleurs, cette foule est tout à fait bigarrée. De tous âges et tous styles confondus, tirant un peu vers les tons foncés, mais sans avoir de prédilections particulières… IAMX touche plusieurs types de publics, autant les gothiques maquillés et chaussant d’imposantes bottes à plateformes, que les petits couples entre deux âges habillés bien sobrement. Il rejoint aussi quelques hipsters, et de jeunes étudiantes… Un paquet de gens disparates, réunis par ces sons quasi-universels, hochant la tête sur les rythmes des maîtres de l’électro sombre… Inspirantes possibilités.

Répertoire infini et merveilleux

Côté détails pratiques, le show a commencé une demi-heure plus tard que prévu, mais bon, ça valait la peine d’attendre. Les fans ont patientié en écoutant des pièces de Unfall, l’album instrumental du groupe, sorti en 2017.

Il est à noter que les versions live des chansons sonnent différemment des albums studio, mais le résultat est intéressant. Le groupe a pioché dans toute sa discographie, jouant des morceaux de Metanoia (2016), et The Alternative (2006), mais aussi de The Unified Field (2013), dont I Come With Knives, qui a fait particulièrement sautiller la foule. Spit it out également fut beaucoup appréciée. Le groupe a également joué plusieurs pièces de leur nouvel album Alive in New Light (dont voici d’ailleurs une critique), par exemple Exit, Stalker et Stardust. The Power And The Glory a clôturé la soirée à merveille. Aussi, Mercy de Kiss + Swallow (2004) a été jouée en rappel; ils ont d’ailleurs tenté de nombreuses fois de s’éclipser, mais la foule les retenait toujours sur scène!

Bref, le groupe a enchaîné ses chansons de façon rapide et très professionnelle, prenant à peine son souffle entre les morceaux, si ce n’est que pour remercier le public à maintes reprises. D’ailleurs, les back vocals de Janine Gezang étaient très à point. Elle possède une voix plutôt masculine, ce qui cadre bien avec le genre d’énergie qu’elle déploie sur scène.

Short and sweet

Tout s’est passé très vite: un concert « straight to the point », d’environ 1h30. Concis et efficace, comme eux seuls peuvent le faire.

IAMX poursuit donc sa tournée nord-américaine, et fera également deux dates au Mexique à la fin mai. On peut écouter Alive In New Light sur Spotify ou Apple Music, et il et également possible de se procurer l’album juste ici. D’ailleurs, suivre IAMX sur Facebook et Instagram, c’est continuer à prendre part aux aventures tumultueuses de ce quatuor, un peu encore méconnu pour toute l’envergue qu’il mérite.

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