Iron & Wine
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Iron & Wine au Théâtre Corona | La fête dans les nuages

Iron & Wine, alias Samuel Beam dans le civil, était de passage avec ses musiciens ce dimanche 4 novembre dans un théâtre Corona plein à craquer. Avec plus d’une dizaine d’albums et d’EP à son actif dont le dernier en date « Weed Garden » sorti au mois d’août de cette année, le chanteur et guitariste folk avait de quoi régaler son public pour la soirée.

Du fer et du vin

Après une première partie de Ohmme assez chaotique (voir plus bas), les musiciens s’installent sous les nuages lumineux suspendus pour l’occasion. Tandis que ceux-ci entament une intro musicale, Iron & Wine arrive à pas de loup dans une semi-pénombre, la silhouette de sa longue barbe se détachant du reste de son corps. Et la joyeuse bande d’attaquer avec la sympathique Winter Prayers. Là, c’est clairement deux salles/deux ambiances comme on dit. Les musiciens sont dans une maitrise totale de leur instrument respectif: on retrouve d’ailleurs trois dames derrière le violoncelle, les claviers et les fûts (la batteuse Elizabeth Goodfellow mériterait un article entier à elle-seule) tandis qu’un autre grand barbu tient la basse et la contrebasse. Pendant plus d’une heure, le groupe enchaîne les titres qui touchent avec brio à différents styles comme le jazz tzigane, le cajun comme sur Last Night, le country pur et dur avec Song in Stone tout en gardant cette sonorité qui fait la marque d’Iron & Wine. Il faut dire que le monsieur, qui est bon compositeur, est plutôt habile de ses mains et de sa voix.

Si le fer fait penser aux cordes de guitare que le barbu longiligne torture allègrement avec une dextérité implacable, le vin fait référence… tout simplement à la boisson, dont un verre posé sur un guéridon juste à coté du chanteur fait le bonheur de celui-ci. Au milieu du concert, lorsque celui-ci se retrouve vide, le technicien guitare et accessoirement « sommelier personnel » du chanteur selon ses dires, arrive avec une bouteille et un torchon blanc sur le bras pour le remplir à nouveau à la manière d’un serveur d’un établissement chic.

C’est le moment pour Iron & Wine d’interpréter une poignée de chansons, seul en scène, seulement éclairé par la lumière des nuages qui changent de couleurs au gré de la musique. On aura droit à Right for Sky, Naked as We Came et Waitin’ for a Superman (une reprise du groupe The Flaming Lips). Puis, un à un, les musiciens regagnent leurs instruments pour la dernière ligne droite, dont la batteuse Goodfellow mentionnée plus haut. On a rarement vu une telle maitrise d’un instrument et surtout une habileté à créer des ambiances avec toutes sortes d’objets: carillon, clochettes, archet sur les cymbales, cloche ou congas. Ça pose un instrument pour en reprendre un autre, tout en gardant le rythme. Un grand bravo.

La barbe !

C’est sur Boy With a Coin, que le quintet termine son set sous les vivats d’un public debout, avant de revenir pour un court rappel avec la douce Fever Dream tandis que tous les membres du groupe (enfin surtout les dames) se trouvent affublés d’une fausses barbes pour cette dernière chanson. Un petit clin d’oeil humoristique au frontman et son bassiste, ainsi qu’à tous ceux qui portent cet élégant attribut facial.

Au final, en dépit d’une première partie un peu décevante, ce fut un très beau concert nom d’une barbe !

Des contretemps avec Ohmme

Ohmme, c’est le nom du duo (trio en scène) du groupe de rock/shoegaze originaire de Chicago. Mais Ohmme, c’est aussi l’onomatopée que l’on émet lorsqu’on les entend jouer. En effet, derrière une attitude travaillée de fausse nonchalance/rébellion, la proposition du groupe au niveau musical est plus que moyenne, voire anarchique parfois. C’est bien beau de vouloir prendre certaines libertés avec le rythme et la mélodie dans une volonté d’être à contre-courant,  tel un saumon sauvage au printemps… mais le saumon, lui, nage en cadence et en harmonie avec ses congénères. Là, on avait juste l’impression parfois d’assister aux répétitions du groupe où chacun joue sa partie dans son coin. Dans le genre double voix féminines/batterie, Chances aurait eu largement plus sa place car il faut l’avouer, le groupe québécois est au sommet de son art. Devant Ohmme, on avait plutôt l’impression de voir Frodon et Sam au pied de la montagne du Mordor. Bref, une première partie assez chaotique.

 

Liste des chansons :

  1. Winter Prayers
  2. The Trapeze Swinger
  3. Jezebel
  4. Last Night
  5. Claim Your Ghost
  6. Milkweed
  7. What Hurts Worse
  8. Someday the Waves
  9. Monkeys Uptown
  10. Right for Sky
  11. Naked as We Came
  12. Waitin’ for a Superman
  13. Grace for Saints and Ramblers
  14. Lovesong of the Buzzard
  15. Muddy Hymnal
  16. Song in Stone
  17. Call It Dreaming
  18. Big Burned Hand
  19. Boy With a Coin

Rappel :

  1. Fever Dream

 

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