Jack Johnson
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Jack Johnson – All The Light Above It Too (***1/2) | Doux activisme

Jack Johnson - All The Light Above It Too Jack Johnson All The Light Above It Too

Cinq années après la sortie de From Here To Now To You en 2013, Jack Johnson revient sur le devant de la scène avec All The Light Above It Too. Un titre aussi long que sa planche de surf qui dévoile finalement un album simple et efficace. Reste plus qu’à s’installer sur une chaise longue et déguster ce cocktail savoureux.

 

Cinq années d’attente. Autant dire une éternité pour un prolifique Jack Johnson aux huit albums produits en à peine plus de dix ans. Du rafraichissant Brushfire Fairytales en 2001 à From Here to Now to You en 2013, le chanteur américain a réussi à abolir, à son échelle, la paranoïa dans laquelle vit le monde d’aujourd’hui en imposant sa griffe, celle d’une cool attitude.

Ancien surfeur, cet homme originaire d’Hawaï se mue en un solide protecteur de l’environnement. Ecologiste affirmé, le combat contre la pollution des mers, son terrain de jeu initial, est un enjeu important. Pas pour rien que le guitariste se met en scène autour de déchets plastiques sur la cover de son nouvel album sortit fraîchement des eaux le 8 septembre dernier.

 

Un chanteur activiste

Cinq années donc ont été nécessaires pour laisser à Jack le soin de quitter provisoirement le monde de la musique pour réaliser des films ou promouvoir sur le terrain ses actions à portée écologique à travers deux programmes, All At Once et la Johnson Ohana Charitable Fondation. Ecumant le monde comme le ferait une vague sur les plages parfois polluées de notre planète, son discours activiste se traduit une nouvelle fois par des mélodies qui embaume les cœurs.

Ce nouvel opus est là pour témoigner cette faculté chez Jack Johnson à jouer simplement, sans fioriture, dans le but de rendre accessible à tous sa musique à nous faire grimper aux palmiers pour admirer la beauté d’un soleil couchant. Car c’est bel et bien entamant Subplots que l’on atteint déjà ce sentiment. Reprenant le titre du disque dans ses paroles, l’ensoleillement hawaïen est palpable avec cette douce basse qui caresse le slide joué sur ces fameuses guitares posées à plat.

 

Entre discours d’amour et de politique

Outre de belles ballades caractéristiques du jeu de Jack Johnson où la voix ne fait qu’un avec la mélodie (Sunsets For Somebody, Love Song #16), il y a aussi cette preuve que le chanteur-surfeur ne fait pas qu’un avec la politique de Donald Trump. Rarement politisées, ses chansons ne sont dans l’affront à l’exception faite de son single My Mind Is For Sale. Là pour dénoncer par une plume apaisante voire sarcastique (« I heard there’s six or seven words he likes to use »), Jack Johnson cherche toujours à amener le positif dans ses titres. Il dénonce d’ailleurs et affirme : « I don’t care for your paranoid « Us against them » walls ».

On s’évite de nouveaux affrontements plus tard avec le plaisant Big Sur, référence encore et toujours à cette fantastique ambiance océanique tintée de chaleur ou encore à l’excellente Gather avec son riff efficace et une voix saturée du meilleur effet. Coup de cœur, cette dernière s’affirme dans un autre registre, certes plus accrocheur, mais qui donne corps à ce disque.

 

Une épaule sur qui se reposer

Un disque qui se termine par une touchante ballade (encore !) reprise de la bande son de son documentaire The Smog Of The Sea relatant la pollution des mers. Une nouvelle manière d’apercevoir l’étendue des talents qui habitent Jack Johnson dont le dernier All The Light Above It Too mérite une attention toute particulière pour ces facettes multiples et sa thérapie positiviste contagieuse. Sans être transcendant mais tout aussi réussi que les précédents albums, son écoute offre un rayon de soleil dans les cœurs meurtris. L’attente fût longue mais l’épaule de Jack Johnson est revenue pour qu’on puisse s’y reposer quelques fois.

Jack Johnson sera en spectacle ce soir, jeudi 14 septembre 2017, au CityFolk d’Ottawa. Détails par ici.

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