Jean Leloup
Critique Publié le

Jean Leloup au Métropolis | L’Eden à Leloup

Il n’y a qu’un seul Jean Leloup. Et quand il est de bon poil, bon sang ce qu’il peut donner lieu à de grands moments d’extase…

 


Dès son entrée en scène, vers 20h40, on sentait qu’il allait en mettre plein la vue. Le grand rideau qui cachait la scène s’est levé, dévoilant un décor pour le moins épatant : des fleurs de marguerites géantes suspendues dans les airs parmi les nuages, un gros soleil (qui sera remplacé par une lune pour la deuxième partie), et des plateformes au sol affichant des fleurs et des racines. Du gros (et bon) travail signé Yves Archambault. Les éclairages de Jean-François Couture vont s’y agencer merveilleusement, créant de petits tableaux pour chacune des chansons.

On se trouve en plein Paradis City, et au milieu de ce joli bazar savamment mis en scène se trouve une passerelle de quelques mètres de haut, sur laquelle se trouve Leloup dans toute sa splendeur, qui prend la pose sous le gros projecteur. Évidemment, il fut accueilli comme si John Lennon était ressuscité.

À ceux qui se demandaient si le nouvel album allait occuper une grande partie de la soirée, la réponse est venue assez vite avec Barcelone, Isabelle, Le Dôme et Edgar coup sur coup. Du gros calibre tiré tout droit du passé de Leloup. Ça mitraillait le greatest hits comme s’il n’y avait pas de lendemain.

Bien sur, les chansons de Paradis City ont trouvé leur place : Petit PapillonWillie (qui n’a pas pris de temps à trouver son chemin parmi les classiques de Leloup), Retour à la maisonFlamants Roses, Le Roi se meurt… Elles se faufilaient de manière bien dosée entre les Paradis PerduLe Monde est à pleurer et autres Les Fourmis ou encore Voyager.

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Bien entouré

Peu bavard mais fort souriant (et dansant), Leloup avait bonne mine et son public l’adorait bruyamment.

Il porte sa précieuse Fender sur laquelle ses doigts se promènent allègrement. À ses côtés, Alain Berger à la batterie et David Mobio au clavier (qui a apparemment remplacé à pied levé un bassiste malade), ainsi qu’un quintette à cordes, dont le travail (signé Martin Roy et Alexis Le May) donne une nouvelle saveur à plusieurs chansons, reprenant ici le solo de guitare d’Isabelle, entonnant plus tard la mélodie de L’Amour est sans pitié, ou encore en ajoutant un brin d’élégance lorsque les cordes furent pincées sur Sang d’encre au rappel.

Parlant de rappel, Leloup s’est payé la traite avec Pigeon, La Chambre et La vie est laide, durant laquelle il a paru, pour une première fois, peu motivé, voire presque machinal. Après avoir quitté assez promptement, on croyait bien que c’était fini pour ce soir. Mais non. Johnny Guitar est revenu pour exploiter davantage sa passerelle, qui pivotait à 180 degrés, afin de permettre au chanteur d’interpréter 3 chansons au-dessus de la foule.

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Après Feuille au Vent, il s’est carrément assis sur la passerelle, jouant de la guitare et chantant comme si on se trouvait entre potes sur le bord du feu. Les Bateaux et Je joue de la guitare sont venus fermer la marche.

Intitulé Tome I – Splendeur et chute à Paradis City, le spectacle de plus de deux heures – scindé en deux parties avec un entracte, en plus des deux rappels – n’est que la première moitié d’un diptyque qui sera complété au début décembre avec Tome II – Le Fantôme de Paradis City, avec Leloup en solo, à la Place des Arts, au Grand Théâtre de Québec et au Centre National des Arts d’Ottawa. (Voir les dates au bas de l’article)

Pour ceux qui tiennent le compte, on est rendu à 11 Métropolis et 4 Capitoles de Québec pour le premier tome, en plus de 3 Salles Wilfrid-Pelletier, 2 Grands Théâtres de Québec et 1 CNA pour les spectacles solo.

Et après une première aussi intense, parions que les supplémentaires se multiplieront.

 

Grille de chansons

  1. Barcelone
  2. Isabelle
  3. Le dôme
  4. Edgar
  5. Petit Papillon
  6. Paradis Perdu
  7. Fashion Victim
  8. Willie
  9. Le Monde est à pleurer
  10. Faire des enfants
    (ENTRACTE)
  11. L’innocence de l’âme
  12. Voyageur
  13. Vieille France
  14. Les Fourmis
  15. L’amour est sans pitié
  16. Retour à la maison
  17. Flamants Roses
  18. Le Roi se meurt
  19. Voyager
  20. Je suis parti
  21. Paradis City

Rappel 1

  • Pigeon
  • La Chambre
  • La vie est laide

Rappel 2

  • Sang d’encre
  • Personne II
  • Feuille au vent
  • Les bateaux
  • Je joue de la guitare
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