Joshua Bell
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Joshua Bell à la Maison Symphonique | Partage d’énergies avec l’OSM

Mardi soir à la Maison Symphonique de Montréal, le célèbre violoniste américain Joshua Bell a fait preuve une nouvelle fois d’une grande polyvalence en endossant le rôle de premier violon, soliste et chef d’orchestre, dans un programme sous le signe du romantisme allemand en compagnie de l’Orchestre Symphonique de Montréal.

S’il a démontré une connaissance accrue de la structure détaillée des pièces et de l’équilibre des différents pupitres, l’orchestre est quant à lui apparu nettement moins érudit… On a pu constater un décalage entre la vision globale de Joshua Bell et la vision beaucoup plus centrée des musiciens.

Cela s’est particulièrement remarqué dans le concerto de Max Bruch où l’orchestre semblait troublé de ne pas avoir de chef « exclusif » face à lui, étant donné que c’est Joshua Bell lui-même qui dirigeait tout en étant soliste. On a pu noter notamment le manque d’homogénéité dans les entrées des bois, le manque de cohésion des cuivres avec le reste de l’orchestre, et le manque de répondant de l’orchestre à certains endroits et surtout dans le Ier mouvement…

La Symphonie n°7 de Beethoven a toutefois permis de révéler davantage les qualités de l’orchestre. Dirigeant les interprètes (sans conducteur), Joshua Bell a su transmettre son énergie à l’ensemble des pupitres et créer de très beaux univers, en donnant des directions, en proposant des dynamiques, en insufflant des élans, en établissant des équilibres, plus qu’en battant une battue stérile.

On a pu apprécier les magnifiques couleurs de l’ouverture définissant les régions harmoniques de la symphonie, et le thème poétique du hautbois dont la fin s’est toutefois perdue dans cet orchestre trop massif. La douceur, la souplesse et la rondeur du deuxième mouvement ont parfaitement été transcrites notamment grâce au tapis sonore créé par les contrebasses et les violoncelles en parfaite harmonie.

Si l’orchestre s’était montré quelque peu timide dans l’ouverture des Hébrides de Mendelssohn, il s’est davantage affirmé dans les deux derniers mouvements de la symphonie au point de provoquer dans la salle une véritable ovation et des « bravo » à n’en plus finir. Un public donc très satisfait, bien qu’il ne se soit pas toujours montré très respectueux aux vues des retards, des bavardages, des sonneries de téléphones, et des emballages de bonbons sonores…

Toujours est-il qu’une nouvelle fois, la générosité, le charisme et l’énergie de Joshua Bell ont été confirmés. Aucun doute donc à avoir sur l’accomplissement de ce musicien talentueux et sur le caractère immanquable de l’événement.

Un concert donné également ce soir dans la série des Grands Mercredis Fillion Electroniques. Détails par ici.

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