July Talk
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July Talk – Touch (****1/2) | Un disque enfin à la hauteur de la formation live

July Talk - Touch July Talk Touch

La formation July Talk nous revient avec un deuxième album qui correspond davantage à l’image que ces rockeurs imprévisibles se sont construite sur scène au cours des quatre dernières années, c’est-à-dire un mélange explosif d’énergie pure et de provocation, mêlé d’une certaine vulnérabilité.

Touch est un album qui tente visiblement de rendre sur disque l’esprit de July Talk en spectacle. Ça veut aussi de nous faire danser, beaucoup plus que son prédécesseur.

Une touche disco inattendue, mais bienvenue s’ajoute au son rock auquel le groupe nous a habitués. On en a un bon exemple avec la première chanson, Picturing Love, qui s’ouvre sur un rythme à faire taper du pied, où la batterie et l’orgue sont les principaux instruments, et qui évolue en un son plus rock avec l’ajout de la guitare de Peter Dreimanis et le reste du band.

L’excellent single lancé plus tôt cette année, Push + Pull, est également un bon exemple de la tournure disco que prend la musique de July Talk. Il y aurait peut-être un parallèle à faire avec un autre groupe canadien, Metric, qui a toujours su mêler le rock à la pop, mais July Talk est tellement unique que ça ne ressemble vraiment à rien d’autre.

Le groupe a travaillé fort au cours des quatre dernières années pour se faire un nom sur scène. Nous les avons vus passer au fil des ans de petits bars où le public ne comptait que 20 personnes à de grands festivals tels que Wayhome et Osheaga. Les spectacles de July Talk sont toujours des expériences mémorables, peu importe le lieu ou l’ambiance. Et la musique sur ce disque bénéficie de l’expérience accumulée par la formation, et de l’évolution de la relation entre ses deux chanteurs.

Le groupe est mené de front par Peter Dreimanis et Leah Fay. Lui, le guitariste à la voix graveleuse, et elle, tantôt ingénue tantôt fauve sauvage. Sur le premier disque, la chimie entre les deux chanteurs était déjà palpable, et sur scène leurs rôles étaient déjà bien établis, mais Leah Fay s’affirme davantage sur ce nouveau disque et elle déploie davantage ses capacités vocales, comme sur la chanson So Sorry. Ni l’un ni l’autre ne seront jamais considérés de grands interprètes, mais c’est l’unicité de leurs voix, et l’union de celles-ci, qui constituent une bonne partie du charme de July Talk.

Le disque nous propose du rock ‘n’ roll, comme Beck + Call, et à l’opposé, nous transporte ensuite dans quelque chose de plus introspectif, Strange Habit, où la grosse basse ronflante de Josh Warburton vient appuyer la douce voix de Leah Fay et celle plus grave de Peter Dreimanis, accompagnées de légères touches de claviers. Le groupe n’a rien perdu de son talent pour les mélodies accrocheuses, car dans ces deux cas, et sur la plupart des chansons,  on se surprend à rapidement fredonner les airs.

L’une des meilleures pièces de l’album est Jesus Said So, qui écorche notre société voyeuriste. Le texte provoque (comme plusieurs autres sur le disque) alors que la musique possède un petit quelque chose de mystérieux, tout en étant très entraînante.

Après d’innombrables tournées, un EP en 2014, un film en 2015 (Diamond Tongues, dans lequel Fay jouait le rôle principal et Dreimanis agissait en tant que directeur photo – présentement sur Netflix), July Talk a enfin le disque qui devrait les propulser à l’avant-plan de la scène musicale canadienne. Tout y est – force brute, qualité des compositions et de l’interprétation – et ils ont maintenant du matériel encore plus solide qu’auparavant à jouer sur scène. Les prochains spectacles devraient être toute une expérience. Ce n’est que le début de l’aventure pour July Talk.

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