Gala Juste pour Rire
Critique Publié le

Juste pour rire 2015 | Gala Juste pour rire animé par Anaïs Favron et Maxim Martin – L’envie

C’était au tour de l’envie, parmi les sept péchés capitaux, d’être à l’honneur dans le cinquième gala de la série ce vendredi. Avec Maxim Martin et Anaïs Favron à l’animation pour une deuxième année, le public a eu droit à toute une soirée. Les numéros variés, travaillés et bien rendus ont donné suite à une chaîne d’ovations debout grandement méritée.

En arrivant sur scène dans un décor aux allures de The Price is Right , le duo d’animateur a parfaitement introduit le thème de la soirée en parlant de ce qu’on envie généralement chez les autres, de leurs propres envies et ainsi de suite en élaborant sur leur vision de ce péché.

Présenté comme étant envié pour sa grandeur et son accent français, Jérémy Demay est venu expliquer qu’il n’a finalement pas de quoi rendre jaloux. Parce qu’aller aux toilettes dans un avion s’avère très difficile du haut de ses 6’ 5  et que son accent français lui enlève toute sa virilité. En élaborant sur ces faits à coup de démonstrations comiques et de comparaisons d’expressions ou d’habitudes françaises et québécoises, Jérémy Demay a commencé la soirée en force en récoltant une ovation debout.

Vétérans de l’humour

Difficile d’enchaîner après l’énergique humoriste, même pour Sylvain Larocque. Il a tout de même présenté de bons gags, repris de son plus récent spectacle et bien retravaillés pour être liés au sujet de la soirée. Mais, de son envie d’être beau, des gens qui sont en amour, de ceux qui ont le sens de l’orientation, jusqu’à sa jalousie envers les chiens et les chats, il s’est un peu perdu en cours de route.

Parmi les plus expérimentés sur le gala, Michel Barrette a pour sa part reçu une ovation debout de plusieurs minutes, en plus d’être applaudi longtemps jusqu’en coulisse. Contrairement aux autres humoristes, il a plutôt parlé de ce qu’il n’envie pas, c’est-à-dire : avoir 18 ans aujourd’hui. Il a bien prouvé son point en sortant un 10$ de sa poche et en racontant comment il aurait dépensé ce montant en 1975. Une anecdote « du temps qu’on chauffait une bière entre les deux jambes » signée Michel Barrette, toujours aussi efficace.

Photo par Vanessa Leclair

Michel Barrette, photo par Vanessa Leclair

Présenté comme « le duo le plus populaire du Québec » Dominic et Martin, puis les Denis Drolet sont montés sur scène dans un excellent numéro autodérisoire et absurde pendant lequel les duos se sont obstinés, puis échangés pour déterminer quelle paire serait la plus drôle. Le quatuor a évidemment terminé en parlant en même temps, classique cliché des Denis Drolet.

Envies surprenantes

Adib Alkhalidey s’est inspiré de sa récente expérience dans la websérie 7$ par jour pour aborder le thème du gala sous un angle original avec l’envie d’être un enfant, ou du moins, d’agir comme ceux-ci pour se lancer par terre quand il n’a pas envie de faire quelque chose ou pour avoir droit à l’erreur. Katherine Levac s’est elle aussi distinguée avec son envie d’être une princesse au 17e siècle et Simon Gouache a confié les plus sombres envies des hommes lorsqu’ils sont seuls à la maison. Les trois jeunes humoristes en pleine ascension ont tous obtenu une ovation debout également, avec raison.

Adib Alkhalidey, photo par Vanessa Leclair

Adib Alkhalidey, photo par Vanessa Leclair

Guillaume Wagner a plutôt parlé de l’envie au sens religieux en se disant jaloux des croyants, notamment de ses voisins orthodoxes juifs et de leurs traditions. Puis il a poursuivi avec l’envie inévitable qu’on éprouve envers les gens riches et beaux dans « notre société capitaliste ». Le propos était là, les gags aussi, mais la barre était haute ce vendredi et Wagner est passé en dessous.

Dans la vie de Maxim Martin

Au milieu du gala, la scène s’est transformée en salon d’Anaïs Favron pour un sketch avec Maxim Roy et Pierre-François Legendre. Les deux animateurs, qui travaillent ensemble depuis maintenant un an, ont illustré avec une situation inspirée de leur vie personnelle, l’envie mutuelle que ressentent les célibataires et les hommes en couple alors que Favron tentait de matcher Maxim et Pierre-François.

Photo par Vanessa Leclair

Photo par Vanessa Leclair

Pour le numéro final de la soirée, Maxim Martin était encore au centre du sujet. On s’est retrouvé cette fois-ci en coulisse où Simon Gouache se faisait prendre à assouvir une de ses envies absurdes avec de la farine (très bon flash d’ailleurs d’être revenu sur ce gag). Anaïs Favron, puis Dominic et Martin se sont mis de la partie, gravitant tous autour de l’idée que Maxim Martin soit en rechute. Deux bons sketchs, très drôles, quoique peu liés au reste du gala.

Il y en avait donc pour tous les goûts, tous les âges et toutes les envies. Alors que la soirée s’annonçait axée sur la jalousie générale, matériel et physique, en ouverture, la majorité des humoristes ont finalement très bien intégré le sujet à leurs styles personnels.

Événements à venir

Vos commentaires