François Bellefeuille
Critique Publié le

Juste pour rire 2015 | Gala Juste pour rire animé par François Bellefeuille – La colère

Sous le thème des 7 péchés capitaux, on donnait le coup d’envoi aux Galas Juste pour rire, samedi soir, dans l’immense salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts. On commençait ça en grand avec la colère, et qui de mieux pour présider une soirée colérique que l’échevelé François Bellefeuille.

Une soirée parfois maladroite, parfois bien envoyée, qui semblait surtout manquer de préparation ou de rodage.

Après un amusant, mais pas marquant monologue d’ouverture où Bellefeuille se qualifiait de « Gregory Charles de la colère », c’est Guillaume Wagner qui est monté sur les planches, lui qui sera d’ailleurs de tous les galas cette année en sorte de résidence. Pour le thème de la colère, il s’est appliqué à nous rappeler que Jésus était lui aussi colérique puis a dévié sur la misogynie, sujet difficile à aborder dans l’humour, sans demeurer trop sérieux. Bel essai.

Korine Côté est ensuite venue discuter des « haters » en ligne, mais surtout, de sa haine (tout à fait rationnelle) pour la coriandre, dans un numéro bien ficelé.

Mais c’est Laurent Paquin – qui tiendra également la barre de son propre gala le 15 juillet prochain, sur le thème de la luxure – qui a offert le numéro le mieux construit et surtout, le plus intelligent de la soirée. Très politisé dans ses propos, Laurent Paquin a débuté en citant Léo Ferré, admettant qu’il n’est qu’un artiste de variété, puis déboulant sur une suite d’idées lancées en l’air mélangeant jeux de mots et pensées tirant des sourires et poussant à la réflexion. De l’humour subtil et réfléchi que l’on aimerait entendre plus souvent au Québec et qui lui a valu une demie-ovation.

Paquin a ensuite laissé place au traditionnel sketch collectif, qui portait sur les frustrations du service à la clientèle. Billy Tellier, dans son rôle de téléphoniste baveux répondait aux Sylvain Larocque, Réal Béland alias M. Latreille et bien sûr, Bellefeuille, mais aussi à Scott Price et Marie-Chantale Toupin (!). De bons flashs amusants, auto-dérisoires, qui manquaient pourtant de fini, de fluidité, de coordination.

Le public s’est levé d’un bond pour applaudir le numéro de l’invitée suivante, Marianna Mazza, qui est venue déconstruire l’idiote expression « avoir du sable dans le vagin » en insistant sur le fait que les femmes n’ont « pas le droit » d’être en colère. Crue et drôle, comme à son habitude.

Seul réel numéro en lien avec le thème de la soirée, Bellefeuille a lui aussi reçu une ovation pour son propre numéro de mi-soirée. Une reconnaissance bien méritée alors qu’il se glissait dans la peau de son personnage antipathique et colérique, ce qu’il joue le mieux, avouons-le.

L’humoriste-chanteur Julien Tremblay était lui aussi pertinent avec son numéro, listant une série d’événements le fâchant, tout en s’accompagnant à la guitare, tel un bluesman et punchant plus souvent qu’autrement en anglais. Sympathique.

La fin du gala est malheureusement tombée un peu plat avec un numéro correct de Dominic Paquet sur les façons de se fâcher et un numéro final un peu décousu où Bellefeuille invitait son groupe préféré sur scène, Les Beatles, pour se rendre compte qu’il s’agissait en fait de The Bagels. Fâché de la situation, le jovialiste Jean-Marc Chaput est venu tenter de le calmer, alors que Bellefeuille a quitté la scène pour aller chercher son meilleur ami, le faucon (un vrai). Il était difficile de garder le fil et le punch final était totalement raté. Dommage pour une soirée qui aura été sympathique, mais qui manquait peut-être de pratique.

 

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