Gala Juste pour Rire
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Juste pour rire 2015 | Gala Juste pour rire animé par Guy Nantel

Sixième soirée de gala à Juste pour rire, sixième péché capital à dévoiler : cette fois place à l’avarice avec l’engagé humoriste Guy Nantel. Une soirée de gars dont le thème s’apprêtait bien au climat d’austérité politique, couronnée d’un téléthon sur un malentendu, la varice.

Les gratteux de fonds de tiroir qui ont assisté au gala de Guy Nantel en ont certainement eu pour leur argent. Le sujet de l’avarice portait non seulement à rire mais aussi à la réflexion. Reconnu pour son humour caustique et collé à l’actualité, particulièrement politique, la thématique se prêtait tout naturellement au matériel de l’hôte. Guy Nantel en a judicieusement profité pour ressortir son personnage d’itinérant, venu parler des vraies affaires. Et oui, même Séraphin aurait honte de la société actuelle, dont les 1% des plus fortunés posséderaient plus de la moitié des richesses mondiales. On n’entend plus à rire…

Emmanuel Bilodeau fut le premier invité à fouler les planches, en son personnage de ministre des finances : un numéro décadent «in England». Devant une représentation du Parlement canadien, il a brossé un portrait de la situation politique entre les deux solitudes, dont un Canada qui souhaite insérer «sa big pipeline inside me» (en référence au Québec), sans oublier les Couillard, PKP et Harper au passage.

Puis, au tour de Guillaume Wagner de se frotter au sujet. Le Rémy Girard des galas Juste pour rire (il participait à tous les galas de cette édition) a écorché quelques oreilles dans un numéro rappelant amèrement que la justice s’achète. Faisant référence au cas de Michael Jackson, qui aurait payé 23 millions $ pour taire une histoire d’attouchement sexuel, l’humoriste a soudainement créé un «frette» avec l’auditoire. Toujours est-il que Wagner a osé soulever le voile sur la pédophilie, faisant lever bien des gens de leur siège en fin de parcours.

S’en est suivi d’un brillant numéro de Virginie Fortin, seule déléguée de la gent féminine, présentant la vie comme un jeu d’argent. Elle a donné l’envie de secouer le monde comme on secoue une boîte de Monopoly, laissant une chance au perdant de se refaire après une partie. Une belle image de l’injustice sociale.

Le thème de l’avarice laissait également planer une ouverture sur le quotidien, ce que Fabien Cloutier, Julien Tremblay et Jean-François Mercier ont abordé tour à tour. Tantôt avec rage vis-à-vis les «couples cheap» se repliant sur l’impertinence de certaines émissions de Canal Vie (Fabien Cloutier) ou envers les «crosses du vendu séparément» (Jean-François Mercier), chacun a su trouver son public. Or, c’est Julien Tremblay, une «recrue» de 20 années d’expérience, qui a conquis la foule avec son sens du timing dans un foutu bon numéro chanté.

En clôture de spectacle, les Denis Drolet n’ont fait qu’à leur tête en animant un téléthon sur la varice. Un bon prétexte pour faire monter des invités surprises, comme Béatrice Picard et Jasmin Roy. Après les riches, Micheal Jackson et le gouvernement, au tour de François Bugingo d’être écorché, en duplex de l’Égypte ou de la lune. Un très bon clin d’oeil. Toutefois, le numéro final rappelait étrangement celui d’Éric Salvail, en 2013, qui se terminait aussi sur les notes de Si fragile de Luc De Larochellière lors d’un téléthon.

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