Cirque du Soleil - Juste une p'tite nuite - Les Colocs (série hommage)
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Juste une p’tite nuite à l’Amphithéâtre Cogeco | Hommage émouvant à Dédé Fortin et Les Colocs

C’est mercredi soir dernier que se tenait la première du spectacle Juste une p’tite nuite, le quatrième de la série Hommage du Cirque du Soleil à l’Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières. Cette année, ce sont Les Colocs qui ont l’honneur de voir leur répertoire revisité par les arts du cirque et comme à chaque fois, c’est une réussite surprenante.



 

C’est probablement le spectacle de la série qui rend le mieux hommage à l’oeuvre de l’artiste choisi. Les décors, les costumes et l’atmosphère rendent bien l’univers de Dédé Fortin et sa bande: l’esprit un peu punk, rebelle, la ruelle un peu sombre mais animée, festive, les groupes d’amis qui se retrouvent pour fêter, pour se quereller, pour rire, pour pleurer.

Le spectacle débute dans l’effervescence avec un numéro survolté de danse sur Passe-moé la puck, avant que des acrobates arrivent sur scène via tyroliennes et qu’ils prennent d’assaut les trampolines qui entourent le décor urbain sur des extraits de Maudit qu’le monde est beau. C’est bien envoyé et ça rappelle passablement les bons moments du spectacle La Nouba, aussi du Cirque du Soleil.

Suit ensuite un numéro de mât chinois sur Belzébuth, puis un main à main évocateur sur le succès Tassez-vous de d’là. C’est probablement la force de cette édition: les numéros de cirque s’accordent à merveille avec le texte et les propos de la musique choisie. C’est aussi poétique visuellement que textuellement.

La danse est aussi bien présente tout au long du spectacle et contribue à la fluidité des transitions, comme avec Atrocetomique, qui se transforme en numéro de gymnastique et de percussions sur Bon Yeu. On a même droit à un solo de drum qui survole les artistes, se croyant presque dans un spectacle de Blink-182 (ouais, pas tant finalement).

Pas tant, parce que suit le clou du spectacle, certainement le numéro le plus doux et le plus violent à la fois: Le répondeur. À la base, la chanson est déjà touchante à l’extrême, mais apposée sur un numéro solo de lampe acrobatique exécuté avec finesse, avec cette même lampe pour seule lumière, elle prend un tout autre sens. C’est le moment qui arrache assurément des larmes, même au plus insensible. On peine à s’en remettre, même 2 chansons plus tard. Il faut dire que l’enchaînement avec Tout seul et Dehors novembre n’aide pas la cause du coeur non plus…

On parle beaucoup de musique pour un spectacle de cirque, mais il est certain que cette série met énormément de l’avant la musique, les chansons et ses relectures. Tellement que la musique éclipse quelques fois le reste du spectacle et pour ça, il faut blâmer remercier Jean-Phi Goncalves. Ses arrangements musicaux sont, fidèle à son habitude, pertinents et respectent autant l’oeuvre du groupe que son esprit festif en y ajoutant une touche actuelle. Le tout marié à la voix de Dédé qui survole toujours un peu le spectacle comme un ange gardien.

Après la tristesse par contre, on retrouve le coeur bon enfant des Colocs avec de la jonglerie sur Dédé, des cordes à danser amusantes et littéralement enflammées (oui, littéralement) sur Julie et des clowns un peu espiègles sur La rue principale, qui est bien caricaturée. Et bien évidemment, on retrouve aussi l’amour à travers le duo s’adonnant au cerceau aérien sur Juste une p’tite nuite. 

Sans trop de surprise, et comme c’est souvent le cas pour les spectacles du Cirque, le spectacle s’est conclu avec un numéro de balançoires russes sur la très à propos La comète, cette pièce inédite posthume et révélatrice parue en 2009, 10 ans après la mort de Dédé Fortin. Une finale classique qui se prend toujours bien. La troupe d’acrobates s’est ensuite simplement réunie sur scène, avec des cartons qui formaient les mots « Salut Les Colocs ». Un point final bien posé à une soirée déjà émotive.

Juste une p’tite nuite est présenté jusqu’au 18 août à l’amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières. Et ça vaut amplement le détour sur la 40.

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