Kandle
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Kandle au M2 | Écran de (sainte) fumée

Après quelques (visiblement douloureuses) années d’absence, la sous-estimée Kandle Osborne ressurgit finalement avec un nouvel album, lequel était lancé ce mardi soir au M2, la charmante petite salle sous-utilisée du MTELUS. La Kandle qu’on y retrouvait semblait toutefois fort différente de la dernière fois où on l’a vue sur scène…


On ne saura probablement jamais toute l’histoire, mais une chose est claire : Kandle a dû surmonter des défis considérables au cours des années qui ont séparé la sortie de son premier album In Flames, en 2014, et celle de son nouveau disque Holy Smoke, qui vient tout juste de paraître.

À mots à peine couverts, elle évoque un entourage ayant trompé sa confiance, des ennuis contractuels, et d’autres aléas d’une carrière de musicienne en dents de scie. Des obstacles sur le plan personnel aussi. Elle en avait d’ailleurs long à dire lorsqu’elle s’est entretenu avec notre collègue Cindy Savard à la fin de l’été, en marge de sa présence au FME (qui a finalement été annulée…).

Sans surprise, elle fait table rase pour la suite des choses : nouveau band, nouveau management, nouveaux alliés. En revanche, on croit comprendre que les chansons de son nouvel album remontent à l’ancienne époque, puisque quelques nouvelles NOUVELLES chansons, qui ne sont même pas sur l’album Holy Smoke, ont été jouées sur scène mardi soir, et semblent indiquer déjà une nouvelle direction pour l’artiste. Pas facile à suivre…

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, dit l’adage. Ok. Mais ça laisse aussi parfois des traces. Dans le cas de Kandle, ça se manifeste par une attitude un peu plus sarcastique, une posture un peu plus dark et une dégaine un peu plus désabusée… La jeune femme aux apparences candides de ses débuts, qui se dandinait langoureusement sur des scènes emboucanées au son de chansons plus innocentes et naïves comme Know My Name ou All That I Need, fait place à une femme complexe, plus affirmée mais aussi visiblement encore en période de guérison.

C’est le début d’une nouvelle phase pour KandleHoly Smoke est disponible, ce n’est pas un vilain disque, mais il y en aura d’autres, probablement bientôt. Sur scène, l’artiste retrouve peu à peu ses repères après avoir sérieusement considéré de tout laisser tomber.

On l’imagine pourtant mal faire autre chose que composer, jouer, chanter, performer. Comme le disait un vieil ami il y a quelques années, « Kandle is Can-rock royalty. » Fille de Neil Obsorne, leader du groupe de rock alternatif canadien 54-40, elle a grandi en observant papa sur scène, en tournée, de festivals en festivals. La pomme n’est pas tombée loin de l’arbre. Elle a le sens mélodique du paternel, tout en ayant trouvé sa voie (et sa voix).

Et quand ça clique, ça clique fort. Quand elle interprète Child of Fate, les yeux fermés, les poings crispés, ou Bender qui semble évacuer une bonne grosse dose de frustration, on retrouve une performeuse hors du commun. Demon demeure un classique entraînant, Know My Name un hymne, Not Up To Me un cri d’alarme grisant.

Ça fait du bien de revoir Kandle à l’oeuvre. Le temps arrangera sans doute les autres tracas, et le vécu nourrira l’artiste. Le meilleur est à venir.

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