Kataklysm
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Kataklysm et Belphegor au Théâtre Corona | Quand l’extrême rencontre l’émotion

Une foule d’amateurs de musique extrême a convergé vers le Théâtre Corona vendredi soir. L’affiche proposée était attirante: un plateau de groupes montréalais suivis du groupe lugubre Belphegor, pour ensuite terminer la soirée avec les féroces gars de Kataklysm.

La soirée offrait cependant plus que des attentes de brutalité musicale. Le concert de vendredi était le dernier d’une très longue série de shows organisés par Brave Concerts International (BCI). Cette série s’est étalée sur 21 ans. Sous les T-Shirts noirs et les manteaux de cuir, une certaine tristesse se mêlait à la passion de l’extrême.

 

Montréal en entrée

Il y a quelque chose de satisfaisant à voir des groupes locaux ouvrir pour des groupes connus mondialement. Les fans de vendredi dernier ont été servis de ce côté-là: ils ont été réchauffés par trois groupes de Montréal.

Les thrashers de Ashes of Eden ont ouvert le bal. Ils ont débuté devant une salle peu remplie, mais cela n’a pas semblé affecter leur énergie. Ils ont offert un 30 minutes de riffs rapides, qui a conduit à un mosh pit timide pour leur dernière chanson. Dans l’intervalle de leur performance, le Théâtre Corona a vu sa population métalleuse s’agrandir considérablement.

Les membres de Urban Aliens ont ensuit repris le flambeau dans un tourbillon de vulgarité et de paroles graphiques. Les fans ont semblé apprécier ce flot de termes inappropriés sur fond de guitare électrique. Le chanteur d’Augury, Patrick Loisel, a joint le groupe sur scène le temps d’une chanson, ainsi que leur merch guy, Alex Pilon. C’était la fête sur scène comme dans la salle. Avertissement: oreilles et âmes sensibles s’abstenir.

Fraîchement rentré d’une tournée en sol américain, le groupe Necronomicon a par la suite dévoilé ses charmes. Ça a pris quelques chansons à peine pour que la foule s’anime.

La chanson Through the Door of Time a lancé le coup d’envoi au pit. Ils ont joué un 30 minutes qui a passé beaucoup trop vite. Bien que triste de les voir quitter la scène, les fans avaient hâte de voir leurs successeurs. Le mélange de death et black metal de Necronomicon a donné un coup d’envoi parfait pour Belphegor. Ils ont ouvert les portes d’outre-tombe.

 

D’entre les morts

La pause entre Necronomicon et Belphegor a duré environ 40 minutes. C’était trop long, et les fans ont bien fait comprendre leur impatience en scandant le nom du groupe à plusieurs reprises.

Finalement, les Autrichiens sont arrivés d’entre les morts. Les crânes de chèvres, les os accrochés au micro et l’atmosphère globalement macabre cadraient bien avec le corpse paint des membres du groupe. De plus, la voix rauque que le chanteur utilisait lorsqu’il parlait aux fans donnait une valeur ajoutée à leur musique déjà ténébreuse.

Belphegor a ouvert sa prestation avec Feast Upon the Dead, qui a suscité un mosh pit instantané. Pendant environ 50 minutes, le public s’est immergé dans l’univers sombre du groupe avec des titres tels que Gasmack Terror, Bondage Goat Zombie et Conjuring the Dead / Pactum in Aeternum. On en aurait tous repris.

 

La fin d’une époque

Le concert n’était pas qu’une occasion pour les passionnés de musique extrême de se rassembler, c’était aussi une soirée où plusieurs avaient le cœur gros : BCI tirait sa révérence après 21 ans de concerts et de gros fun sale.

Un hommage émouvant a été rendu à toute l’équipe, plus particulièrement à Stephan Mellul, qui a fondé BCI avec Maurizio Iacono de Kataklysm. Ce sont d’ailleurs les guerriers death metal de Montréal qui ont pris d’assaut les planches du Théâtre Corona pour le dernier concert de BCI.

 

Entre nous

La réputation de Kataklysm n’est plus à faire, surtout dans leur berceau d’origine. Les gars ont offert un concert à la hauteur de ce à quoi le public s’attendait de leur part.

Leur groovy death metal a fait vibrer la moelle épinière de tous et chacun. La taille de la salle a créé une ambiance plutôt intime, et l’absence de zone de photographie devant la scène a permis à plusieurs fans de se rendre sur scène après une séance de crowd surfing. Maurizio,

Stéphane et Jean-François se sont d’ailleurs amusés avec leurs fans, ils ont connectés avec eux. Le groupe a une attitude différente lorsqu’il joue au Québec plutôt qu’ailleurs dans le monde: les gars sont à la maison, et ça parait. Les interactions avec la foule sont plus relax, plus amicales et improvisées. On est entre nous, c’est tout. Et ça fait du bien.

Si la fatigue commençait à se faire sentir chez certains après plus de 4 heures de concert, l’énergie a de nouveau été injectée dans la foule dès les premières notes. Le mosh pit a été bouillonnant pendant la totalité de la prestation et les crowd surfers ont été nombreux. Bref, ça n’a pas arrêté.

Les muscles du cou du public ont eu droit à une petite pause lorsque Maurizio a décapsulé la première bière du groupe en distribution au Québec. L’annonce que la très attendue St-Tabarnak se retrouve sur les tablettes québécoises a été accueillie avec enthousiasme. La table de merch offrait d’ailleurs le verre à bière officiel aux côtés de la nouvelle sauce piquante du groupe. La brutalité de Kataklysm envahit maintenant nos garde-mangers en plus de nos étagères à CD.

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