King Dude
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King Dude au Turbo Haus | Le plus enjoué des suppôts de Satan

St-Henri s’est fait envahir par une armée de vestons de cuir ce mardi, le temps d’un passage de King Dude au Turbo Haus. Un spectacle agréablement boute-en-train et jovial pour un artiste qui aime autant les ténèbres.

Parce qu’avec sa facture visuelle plongée dans un monde sombre et occulte, son folk/rock n’roll mené par sa voix d’outre-outre-tombe, ses classiques comme Lucifer’s the Light of the World, on pourrait s’attendre à ce que King Dude soit un peu introverti et/ou bizarre.

Mais il n’en est rien.

Le grand gothique est au contraire le plus poli et enjoué des suppôts de Satan.

Il a entre autres pris le temps de piquer des jasettes avec pas mal tout le monde en vendant lui-même sa marchandise dans l’entrée du Turbo Haus. Et il avait autant de jasette une fois sur scène, s’adressant à la foule comme si tout le monde présent était ses meilleurs amis, nous enchaînant les anecdotes.

Il nous a même raconté la fois où il se promenait dans Montréal avec ses amis du groupe black métal Watain et que ces derniers s’affairaient à capturer des pigeons dans un parc pour extraire leur sang et l’utiliser dans leur show.

Tsé, des bons gars, les gars de Watain. Du monde tranquille.

Mais bref, son attitude amicale faisait par moment que la performance était un peu bonne franquette, et que lui et ses deux musiciens se permettaient du lousse.

King Dude sur demande

Ceci étant dit, ça lui a surtout permis de prendre une pause de ses musiciens en milieu de spectacle pour simplement prendre les demandes spéciales de la foule.

Qui furent sans surprise Lucifer’s the Light of the World, Barbara Anne, Born in Blood.

Une sélection de hits passés qui a fait le gros bonheur de tous, puisque jusque-là, le roi Dude s’était surtout concentré sur ses deux derniers (excellents mais beaucoup plus rock) albums.

Dans tous les cas, il y avait de l’amour réciproque dans l’air et le spectacle s’est clos sur les mots « Montreal, you are a secret city. Didn’t know you were that cool. »

Un sombre pianoman et du new wave en ouverture

Aussi éclectique peut avoir l’air la programmation, la succession du piano mélancolique de Old Boy et du new wave/cold wave de Drab Majesty fonctionnait étrangement bien comme première partie à King Dude.

Et ce bien qu’Old Boy et Drab Majesty soient littéralement l’opposé l’un de l’autre au niveau de la mise en scène.

Old Boy est seul, assis devant son clavier, en fixant les notes, et chante d’une voix d’une gravité angoissante (dans le bon sens d’angoissant).

Alors que Drab Majesty est complètement maquillé, porte une perruque blanche, y va fort sur la machine à boucane et est accompagné sur scène d’un énorme buste grec peinturé en rose.

Mais dans les deux cas, c’était ben bon.

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