King Gizzard & The Lizard Wizard
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King Gizzard & The Lizard Wizard à L’Olympia | Du rock avec un grand R

C’est comme un cadeau prêt à déballer que s’est présentée la formation australienne ce lundi soir à l’Olympia. Salle bondée d’un public exalté, les fans de King Gizzard & The Lizard Wizard ont assisté à une performance à la hauteur de la réputation du band.

 


C’est en pleine maîtrise de leurs moyens que les sept membres du groupe ont explosé sur scène. Aucune marque de fatigue à l’horizon même s’ils sont présentement en pleine tournée olympique, ils se dirigent vers les États-Unis où ils présenteront une série de dix concerts avant de s’envoler vers l’Europe, où ils continueront sur leur lancée, pour terminer le tout en Asie, en Thaïlande ! En plus de faire le tour du monde avec leur flamme effervescente sans jamais répéter les mêmes setlists, ils sont productifs ! Dans la dernière année, King Gizzard a sorti deux autres albums, Infest the Rats Nest et Fishing For Fishies, cumulant ainsi un total de quinze albums depuis leur formation en 2011.

Le concert d’hier soir n’avait rien à voir avec leur dernière apparition à Montréal, dans la même salle en juin 2018, où ils avaient enchaîné davantage de pièces à saveur rock-métal-progressif et psychédélique issues de leurs albums Flying Microtonal Banana et Polygondwanaland, tous deux parus en 2017.

Toujours fort en son mais aussi en lumières, la première pièce Planet B, a résonné sur l’image impressionnante associée à leur dernier album à forte saveur métal, Infest the Rats Nest, où on voit deux crânes d’animaux qui se font face. Clin d’oeil nécessaire à la prestation du claviériste qui, pendant la prestation de la pièce The Cruel Millenial s’est lancé dans la foule à la recherche du casque vedette du clip Cyboogie. Un fan prévoyant l’avait sûrement apporté pour mieux survivre lors de ses envolées de body surfing.

La quintessence du rock

L’absence de Rattlesnake aura été décevante mais force est de mettre en valeur leur capacité à renouveler constamment leur stock et de surprendre avec des sonorités hors métal. Impossible de leur poser une étiquette, King Gizzard ce sont des polyglottes du rock capables de créer une confusion agréable. D’abord reconnus pour leur rock psychédélique, ils savent agencer les autres style de rock : krout, acide, garage, expérimental, rock’n’roll, progressif, métal, psychédélique en passant par le blues et le jazz.

La soirée d’hier en aura été une démonstration éloquente. De l’indie métal, ils sont passés au rock’n’roll et au blues pour mieux dévier vers du rock progressif psychédélique avant de fermer les valves sur une grande finale bien lourde en métal avec les très énergiques pièces Self-Immolate et Hell. En délire, vue d’en haut, la foule était surchauffée! Après les dernières notes, le rideau s’est aussitôt fermé, la lumière s’est rallumée, King Gizzard & The Lizard Wizard ne donnent jamais de rappel.

Mention spéciale à la formation qui a assuré la deuxième première partie du concert : Stonefield. Quatre filles au tempérament ambitieux, elles ont sorti leur troisième album Bent en juin dernier, elles ont tourné avec Fleetwood Mac et Black Rebel Motorcycle Club. Elles connaissent bien King Gizzard, elles ont d’ailleurs enregistré leur dernier album dans leur studio à Melbourne. C’est enivrant de voir quatre filles qui ont du chien enchaîner des pièces de hard rock et surtout, qu’elles aient été intégrées au programme d’un concert à forte prépondérance masculine. Bien joué!

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