Kyan Khojandi
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Kyan Khojandi à L’Olympia | Quand les éléments du passé réalisent le présent

ntre anecdotes de jeunesse et réalités du monde adulte, Kyan Khojandi a excellé hier soir dans un exercice scénique à saveur autobiographique. Durant plus d’une heure et demie, l’humoriste a offert avec « Une bonne soirée » un spectacle qui aura fait rire aux éclats, terminant sur une note qui aura certainement réjouit les inconditionnels de la série « Bref ».

 Pour cette première de deux soirées prévues à L’Olympia, et ce avant sa visite samedi au Comédie Ha ! de Québec, l’humoriste aura su captiver les près de 1 300 spectateurs présents dans la mythique salle du Village. À quelques heures de Fierté Montréal, la métropole pouvait aussi être fière d’accueillir celui qui imagina les séries télévisées Bref, Bloqués ou encore Serge le Mytho écrites aux côtés de son ami de toujours, Bruno Muschio.

Celui qui se nomme Navo dans le milieu fût d’ailleurs le premier à prendre le micro pour chauffer une salle très réceptive. Dans un exercice introductif particulièrement savoureux par son flegme attachant, le co-auteur de Une bonne soirée sera passé au travers de ses déboires de trentenaires qui font que ses fins de semaines en gîte (traduit en « chalet ») sont devenues désormais « chiantes ».

Puis après vingt minutes de première partie, le public assista à l’arrivée tout feu tout flamme de Kyan Khojandi. L’humoriste né à Reims est visiblement heureux d’être sur scène à Montréal, et cela se ressentira également jusqu’à la fin de sa performance puisqu’il n’hésitant pas à interagir avec la majorité de Français présents selon l’applaudimètre (on vous rassure, il y avait également beaucoup de Québécois).

 

Un irrésistible storytelling

Photo par Laura Gilli

À partir de la montée sur scène du comédien, c’est une rafale qui s’abat sur l’Olympia. De son irrésistible storytelling mené dans un rythme effréné émane alors une performance lancée à pleine vitesse qui résultera des moments exquis. Sans jouer la carte de l’improvisation, Une bonne soirée est un spectacle extrêmement bien rôdé, consistant et forcément bien écrit.

C’est ainsi que, petit à petit, le public prend la mesure des qualités de cette pièce humoristique qui le force à plonger dans les méandres des souvenirs de l’humoriste. Il revient toujours sur son fil conducteur après plusieurs détours, preuve que le scénario est aussi bien ficelé qu’un gigot. Le synopsis est dès lors très simple : Kyan Khojandi raconte l’histoire de la meilleure soirée de sa vie qui s’est déroulée il y a environ un an. Il apparaîtrait compliqué de parler pendant une heure et demi d’une simple soirée, or l’artiste prouve bien le contraire.

 

Entre flashbacks et découvertes trépidantes

Comme dévoilé en entrevue (à lire ici), la soirée « part d’une manière assez catastrophique » mais tout s’enchaînera alors très vite puisque l’humoriste délaissera sa verveine pour rejoindre la piste de danse d’un club. Là, face à une bande de jeunes, il prend un coup de vieux du haut de ses 36 ans et ses danses de canard.

À ce moment là, le spectateur est plongé dans des flashbacks interminables, mais néanmoins passionnants, qui retracent une vie remplie de souvenirs de jeunesse jusqu’à ceux de ses premiers mois à Paris. On découvre progressivement des personnages qui dicteront le récit tels son premier colocataire parisien Rémi ou son père Aziz qui le sommera d’être « gentil et honnête » dans la vie. Un conseil enfantin qui se manifestera, sans crier gare, à l’âge adulte… et qui plus est à la fin du trépidant récit.

Sans en dévoiler trop sur l’intrigue circulaire qui porte notamment sur des fantasmes (sexuels) irréalisés ou des avis mésestimés, Kyan Khojandi arrive à rendre tous les petits détails importants. Il fait en sorte que chaque mot tient une place capitale dans la construction d’un récit désopilant qui tient en haleine, en témoigne le final qui résume, en trois minutes seulement, une heure et demie de spectacle sous l’emprise de la célèbre trame narrative d’un épisode de Bref.

Bref. C’était une bonne soirée.

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