Les Denis Drolet
Critique Publié le

La bonnefemme est crampée #2 | Traîner l’bonhomme au show des Denis Drolet

C’est en faisant des jokes de péter dans une casserole nommée Carole Cassée que je me rends, avec un sceptique Bonhomme, à la Salle André-Mathieu de Laval pour assister au show « En attendant le beau temps » des Denis Drolet.

Le Bonhomme trippe pas sur les Denis, parce qu’il est un peu mort en dedans. Mais coudonc, je l’aime.

Avant d’entrer à L’École nationale de l’humour, j’étais morte en dedans aussi. J’embarquais pas dans leur buzz pantoute.

Mais à L’École, TOUT LE MONDE capotait sur les Denis. J’me suis dit qu’ils devaient pas être si pires. Que je devrais leur donner une autre chance.

A-YOYE. Ça. Ça. Je tombe en amour. Ben raide. Et surtout ça :

Je comprends que je disais ne pas aimer les Denis juste pour avoir une opinion sur quelque chose de controversé. J’avais aucune idée c’était quoi, pour vrai. Les Denis, c’est deux Ionesco québécois. PIS JE CAPOTE SUR IONESCO.  Genre autant que je capote sur Le Bonhomme. Pis sur les Denis Drolet.

Alors pour moi, pas question que le père de mes enfants ne capote pas sur les Denis.

Durant tout le show, je ne regarde pas s’il rit. J’ai pas le temps. Je suis occupée à ne pas me pisser dessus. C’est, sans l’ombre d’un doute, le meilleur show d’humour que j’ai vu de ma vie. Toutes catégories confondues. En attendant le beau temps a battu tous les shows de Chappelle. Non, j’exagère pas. Chappelle est un génie. Les Denis le sont aussi. Je les préfère car ils me ressemblent, pis c’est pas une affaire de race; commencez pas.

Sébastien Dubé et Vincent Léonard possèdent la plus grande intelligence humoristique EVER. Ils savent quand pousser, pis quand slacker. Et/Pis/Mais ils savent quand c’est pu drôle et choisissent de franchir ou non la limite; transformant ainsi le pu drôle en drôle. Si j’étais sur le mush, je dirais qu’ils rendent le laid drôle et le drôle laid. Drolet.

Ce qui est fuckant avec les Denis, c’est le rush d’expliquer avec exactitude pourquoi ils nous font rire. On rit parce que c’est drôle. Pis ça fait du bien. Je n’enlève rien aux autres humoristes. Encore moins aux autres genres d’humour. Mais je maintiens qu’on a besoin de celui des Denis Drolet. On a besoin de rire juste parce que.

Les bonhommes ont besoin de rire de jokes de bonnefemmes. Les mères ont besoin de rire de jokes de vie parentale. Les humains ont besoin de rire de jokes de jus d’orange. Les humains, au moins une fois dans leur vie, auront besoin d’une joke à saveur de Denis.

 

Public étonnant

Je ne sais pas si la salle est comble, mais je suis pas mal sûre que oui. Le public me surprend. Je m’attends à être la seule xéniale parmi 824 milléniaux mais non. Je suis une des p’tites jeunes dans’ place. Mais mon cerveau marche au ralenti: j’ai aucune idée comment je vais critiquer ce show-là. Je prends des notes dans le noir, dans le vide.

À ma grande surprise, le spectacle se tient (pour autant qu’un spectacle d’humour absurde frisant le non-sens peut se tenir). Je fonds dès la première minute alors que Barbu drop une joke sur Robin Williams.

Je ris tout le long. Pis je pogne un petit sentiment de jalousie lors du segment Nouveau numéro, car c’est le number que je rêve d’écrire depuis ma vie. Celui de la rondelle d’oignon, aussi. Oh, et celui où ils parlent à Mr. Blondin est absolument parfait. Pis les trois personnages; de la magie. Je ne veux pas vendre de punchs, mais je dirai ceci: c’est du génie. Du génie cave. Merveilleusement cave.

Barbu est drôle, dominant, irrévérentieux. Il est dans sa bulle pis il est ben. Palettes est, à 75%, son opposé. Et, fun fact, il (Vincent Léonard), joue VRAIMENT bien. Il vient chercher de quoi en moi qui me fait réellement sentir mal pour lui. À un point, il s’emporte pour une niaiserie; assez pour finir les culottes aux chevilles. Quand il se rend compte qu’il s’est rendu là, il se décompose complètement, sans faire de scène. Mais on le sent. C’est drôle, si drôle qu’on se sent mal sans toutefois pouvoir s’empêcher de rire. Le public ressent la même chose lorsqu’on le voit se faire abuser par Barbu pour une question de Brian Mulroney. C’pauvre homme.

Bon. Astheure, comment décrire le show sans vendre de punch? En transcrivant les seules notes lisibles que j’ai prises dans mon beau calepin!

Patrick Bruel Walking Dead. Bikini miroir bat noir. Tranche-de-Cul. Son muffin. Marketing King Kong. Michel Mitigremimiel. Christian. Boucle d’Or. Ours Bipolaire. Roch Leboeuf. Se rentrer un bébé dans l’ventre. Imiter un lavabo. L’eau, c’est dangereux. Un bec d’infirmière. Monsieur Blondin (LE BOUT DE MONSIEUR BLONDIN, OMG WOW.) Papillon doux avec deux queues de vieux. Calculer en coats. Ce besoin de se posséder en format figé (J’ai trippé sur c’phrase-là).

Le reste est illisible.

 

Bref, un excellent show qui fait du bien. Tout le monde sort de la salle avec un sourire. Tout le monde. Même Le Bonhomme. Il me dit qu’il n’est toujours pas convaincu, mais c’est de l’entêtement et je le sais. Parce qu’après le show, il installe le poster des Denis sur les siège d’appoint des enfants avec une tendresse de père.

Et il ne chiale quand je l’installe sur le plafond de la chambre à coucher.

Il ne l’avouera jamais, mais je sais que comme moi, il a senti que cet extrait de la toune En attendant le beau temps s’adresse à moi, à lui, à tous ceux qui ont été touchés par le non-message des Denis Drolet:

On pourrait retomber en enfance

On pourrait se donner une autre chance

En attendant le beau temps. 

Événements à venir

Vos commentaires