Festival Metro Metro
Critique Publié le

La bonnefemme sort #11 : Avoir 91 ans au Metro Metro

Samedi, 18 mai, 14h: ma coiffeuse vient de terminer mes p’tites tresses à-la-Cardi-B, mon sac banane est rempli, mon beau pepi est fait : je suis prête pour le Festival Metro Metro au Parc Olympique.

On arrive sur place pis je pogne 91 ans. Il y a une vague de filles parfaites, habillées en parfaites, qui sentent les parfaites. Normalement, je me serais sentie comme une vieille vidange. Mais, grâce à mes p’tites tresses, j’me sens comme un bac de recyclage. Rempli de pots pas rincés.

À la billetterie, il y a nous et une fille en robe transparente qui hurle « SONT OÙ LES PUTES? ». On regarde un peu partout, mais on ne peut pas l’aider. On ne trouve pas les putes.

J’entre dans la file pour prendre ma passe média, mets mon p’tit bracelet, me rends au point d’accès média… pis j’me fais revirer d’bord. Apparemment, ma passe média n’en est pas une. C’est une passe week-end. Le p’tit gars de la billetterie a dû se tromper. Ça s’peut, t’sais. C’est stressant, être juste six pour servir trois personnes. Je refais la file pour prendre ma passe média, mets le deuxième p’tit bracelet, me rends au point d’accès média… pis j’me fais encore revirer d’bord. C’est toujours pas une passe média. C’est une « passe de bière », whatever that is. Retourne dans la file, mets mon troisième p’tit bracelet, retourne au point d’accès, me fais ENCORE revirer de bord. L’employée n’a aucune idée à quoi c’bracelet doré du Beach Club-là sert. Mais elle sait qu’c’est pas pour entrer dans la zone média. J’m’obstine pas, ça donnera rien.

Je pars donc vers l’admission générale avec mon p’tit chum. Et, magie, un de mes bracelets, j’sais pas lequel, me permet de passer par un corridor spiiciiial. Je me fais quand même fouiller par une fille hyper cute. Hihihi, elle a mis ses doigts en dessous de ma vieille brassière de femme. C’est l’fun, le Metro Metro, you guys.

On rejoint Jesse, le photographe, vers 16h30 pour nos photos concept on site. On veut traverser vers la section média/VIP mais l’agent de sécurité me dit que j’peux pas y aller parce que, et je le cite: « Ils m’ont dit qu’il faut un bracelet mauve… jaune ou… vert me semble mais je sais pas pour les bracelets que t’as, j’sais même pas c’est quoi pis je suis même pas sûr de ce qu’ils voulaient dire. ».

C’est aussi clair qu’un projet de loi de la CAQ. Mais c’est pas la faute de l’agent de sécurité. Comme tous ses collègues, il est smatte, mais mal informé.

Je sais qu’un festival de cette envergure, c’est dur à organiser. Mais cibolaille, pourquoi j’aurais trois bracelets qui servent à rien? Pis j’suis supposée écrire une critique d’un festival que je vois du fond d’une foule de 15 000 milléniaux surexcités?!?

Le gardien nous laisse entrer, le temps des photos. Mais il ne nous dit pas de partir après. C’est grâce à lui que vous n’êtes pas en train de lire mon article intitulé « TROP SICK LE SHOW D’ALASNOOP CARDI ».

Il nous dit toutefois que si on quitte l’espace média de la scène Bud Light, on ne peut plus revenir. Faits amusants: il n’y a pas de toilettes dans la section. Et la vessie humaine ne peut contenir une quantité illimitée de pisse.

Moi, mon chum et ma vessie stressée abandonnons le projet de voir Ludacris sur la scène Motorola et restons sagement là où nous sommes. On voit une adorable Saweetie, un excellent Lost, un drôle de Waka Floka Flame pis un A$AP Ferg passable.

Suite à un retard, Rich the Kid se fait changer de scène. En bons minces, Alaclair lui cède sa place et ne performe pas. Dommage, car Rich non plus. Deux beaux shows n’ont pas eu lieu, pis le crowd fait entendre son mécontentement.

Oui, c’est plate, mais voyons, les jeunes. Vous avez un maudit beau festival avec plein de bons artistes là. Vous avez Snoop et Cardi. Dans mon temps, à Noël, on avait une orange.

M’avez-vous entendue huer parce que j’ai eu trois billets qui valent même pas une envie d’pisser? Non. Mon plancher pelvien est su’l bord de buster pis je souris comme un sénateur qui vient de passer une loi en Alabama.

SOURIEZ, CIBOLE.

Snoop est fresh pis laid back dans son suit du Canadien. Il a dépensé une partie de son cachet là-dessus pis je respecte ça en osti. Même si son show était un peu mou à mon goût.

Pis Cardi. Ooooh my god Cardi. J’en ai vu, des shows que je rêvais de voir. Mais j’me suis pas sentie de même depuis que j’ai vu Mitsou à Rouyn en 1989. Elle a fait tous ses gros tracks, à part Washpoppin et Be Careful. Elle est belle, belle belle, en forme pis drôle! Surprise par les effets de feu après ses tounes, elle nous dit que si elle s’était brûlée, elle nous aurait poursuivis pour « All the Canada money ».

J’ai braillé pour vrai. J’ai 39 ans pis j’ai braillé en voyant un show d’une rappeuse de 26 ans. Jugez-moi, j’m’en Belcalis.

Je retiens trois choses du festival Metro Metro.

1. Olivier Primeau est sur son X. Il est vraiment bon dans ce qu’il fait. Il risque, il ose, il fait en sorte que les choses se passent. On fait ben des jokes sur c’gars-là, parce que c’est facile. Mais il nous donne ce qu’on aurait chialé de pas avoir tout en portant la paire de lunettes la plus inquiétante pour tous les parents du Québec.

2. Le système d’éducation québécois devrait créer un BAC en bracelet. Un pré universitaire, au moins.

3. Le remplissage maximal habituel de la vessie est d’une capacité physiologique de 300 à 600 ml.

La première édition du Festival Metro Metro a été, selon moi, une réussite, dis-je du haut de mes 91 ans.

P.S.: Mon chum veut absolument que j’ajoute qu’il en revient pas qu’y’ait eu des toilettes fermées. Quin, c’est fait, j’vais avoir la maudite paix.

 

Galerie photo de la journée de samedi

 

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