Orchestre Symphonique de Montréal
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L’Amérique de Glass, Barber et Gershwin à l’OSM

Programme très américain ce matin à la Maison Symphonique où l’Orchestre Symphonique de Montréal, dirigé par le chef invité Michael Francis, présentait du Debussy, du Glass, du Barber et du Gershwin.

C’est tout d’abord un arrangement pour orchestre par C. Matthews du célèbre prélude pour piano La cathédrale engloutie qui a été interprété. Un peu hésitant, l’orchestre n’a pas réussi à reproduire le charme qu’offre cette pièce où la cathédrale est censée émerger des flots petit à petit dans un éclat triomphant avant de replonger dans les abîmes. Dès le début, les instrumentistes ont manqué de précision et de mystère, trop présents et pas assez délicats. C’est peut-être la faute du chef d’orchestre qui dirigeait un peu trop mollement ou bien simplement dû à un manque de répétition mais La cathédrale n’a pas vraiment convaincu.

Ce fut ensuite au tour de Paul Jacobs de venir nous interpréter la magnifique Toccata festiva de Barber pour orgue et orchestre. Très à l’aise dans cette pièce qu’il a menée d’une main de maître, l’organiste nous a offert un beau moment, oscillant entre puissance, douceur et passages dansants.  Barber nous montre encore fois sa maîtrise de l’orchestration et nous a offert de magnifiques mélanges de timbres : il est un coloriste hors pair et mériterait que l’on entende ses oeuvres plus souvent. Paul Jacobs est définitivement l’un des plus grands organistes de sa génération et il fut soutenu avec beaucoup de précision et de caractère par Michael Francis et l’OSM.

La troisième pièce de la matinée fut le Concerto pour violoncelle n°1 de Philip Glass interprété par Matt Haimovitz. La musique de Glass se revendique comme étant minimaliste et cette pièce-là n’échappe pas à la règle. Un motif initial évolue petit à petit jusqu’à ce qu’un autre prenne sa place et ainsi de suite.

Très intéressante musicalement, l’oeuvre possède quand même quelques longueurs dans le deuxième mouvement. Difficile cependant de juger la performance de Matt Haimovitz. Présent dans le premier mouvement malgré un son assez restreint, on l’a complètement perdu dans les deux mouvements suivants jusqu’à ne plus l’entendre du tout pendant plusieurs minutes à certains autres. Il était un peu frustrant de devoir tendre l’oreille à ce point pour distinguer une ligne « violoncellistique » à travers une masse orchestrale pourtant pas si monumentale. En effet, le chef d’orchestre a fait un beau travail de clarté avec les différentes sections des tuttis.

Le concert s’est terminé par la célèbre pièce de Gershwin Un Américain à Paris où Michael Francis s’en est très bien tiré. Sans être une version d’anthologie, on a pu passer un bon moment en reconnaissant les fameux thèmes qui ponctuent l’oeuvre.

De ce concert, on retiendra donc tout particulièrement la Toccata de Barber et l’excellent Paul Jacobs, qui en plus de démontrer une technique impressionnante fut tout aussi intelligent dans la pensée musicale de l’oeuvre.

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