Orchestre Symphonique de Montréal
Nouvelle Publié le

L’été classique de Kent Nagano et l’OSM sera chaud devant | Venez voir la musique !

Le maestro Nagano est arrivé avec du retard à la conférence de presse lançant la programmation de la saison estivale de l’Orchestre symphonique de Montréal : problèmes d’avions et de bagages pour le vénéré chef d’orchestre en constants déplacements sur la planète musique. Mais rien ni personne n’aurait pu l’empêcher de venir présenter son avant-dernier été classique en tant que directeur musical de l’OSM. Et, à n’en pas douter une seconde, l’été sera chaud!

C’est le comédien et animateur télé bien connu, André Robitaille, porte-parole de l’OSM estival pour une troisième année, qui avait la noble tâche d’interroger le chef, assis chacun sur une balançoire fleurie, au beau milieu de l’Espace culturel Georges-Émile Lapalme de la Place des Arts.

Kent Nagano et André Robitaille, photo par Lino Cipresso

 

Une programmation en trois axes

Une programmation conçue en fonction de trois grands axes : la participation de l’Orchestre au Festival de Lanaudière avec quatre grands concerts; la 8e édition festive de la Virée classique avec ses 31 concerts, dont 11 dirigés par Nagano; et enfin, la série OSM dans les parcs qui sera offerte aux mélomanes en plein air au Parc Wilfrid-Bastien de Saint-Léonard, au Parc équestre de Blainville, et au Parc Sorbonne de Brossard, respectivement les 23, 24 et 25 juillet.

Sans compter la présentation de plusieurs concerts et activités gratuites à la Maison symphonique et d’autres salles de la PdA, au Complexe Desjardins avec des prestations d’ensembles musicaux de la relève, et même cette année sur la rue Sainte-Catherine avec des formes inusitées comme du yoga immersif accompagné d’une prestation musicale, un atelier de Bhangra (danse indienne originaire du Pendjab) et même des ateliers de percussions.

La grande fête de la musique commencera le 5 juillet avec l’ouverture du Festival de Lanaudière où depuis tant d’années l’OSM se sent comme chez lui, ne manquant jamais d’embraser les vrais mélomanes purs et durs à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay.

Le coup d’envoi de la Virée classique, qui est en soi un festival unique en Amérique du Nord, aura lieu le 7 août sur l’esplanade du Parc olympique avec l’exécution du toujours phénoménal Requiem de Verdi dont on reconnaît la dimension théâtrale voulue par le célèbre compositeur d’opéra. Quatre solistes, parmi lesquels Leslie Ann Bradley et Mario Bahg, et pas moins de 500 choristes se joindront à l’Orchestre pour ajouter du grandiose à ce qui l’est déjà. Kent Nagano commente ainsi la Virée classique dont il est l’initiateur et qui court jusqu’au 11 août :

« Par la pluralité des genres musicaux présentés, la Virée classique reflète la diversité du paysage sonore et culturel de Montréal et de son public. Cette année, nous ouvrons notre programmation, généralement basée sur les formidables œuvres de musique classique, à de nouveaux royaumes musicaux que nous vous invitons à explorer avec nous : ceux de la musique indienne, du jazz, et de la musique autochtone canadienne. »

Une riche offre musicale

L’offre musicale est si riche qu’il est difficile d’en dégager les moments forts à prévoir. Le concert Légende et poésie avec Marc Hervieux et Kent Nagano est assurément du nombre. Le ténor québécois viendra y interpréter Les Illuminations de Britten, un cycle de mélodies avec orchestre sur des poèmes d’Arthur Rimbaud.

Ali Kian Yazdanfar à la contrebasse solo, photo par Lino Cipresso

Plusieurs stars de la musique classique venues de partout au monde seront présentes chez nous cet été, comme Vadim Repin, violoniste russe virtuose jouant Bruch, Respighi et Rossini; comme le toujours excellent ensemble Canadian Brass avec sa prédilection pour les cuivres; comme encore, pour la première fois à Montréal, la grande violoniste lettone Baiba Skride qui jouera Chostakovith et Tchaïkovski.

À ne surtout pas manquer : Kent Nagano et Mahler en symbiose le 3 août à Lanaudière; les couleurs de l’Inde avec le maître du sitar Nishat Khan le 9 août au Piano Nobile; la majestueuse Suite no 1 pour violoncelle de Bach par Andrei Ionita le 10 août au même endroit; le pianiste Herbert Schuch qui jouera Beethoven et Bizet le 10 août aussi, mais à la Maison symphonique.

Nous aurons droit même à une soirée à l’opéra avec la soprano Leslie Ann Bradley et le ténor Mario Bahg accompagnés au piano par Marie-Ève Scarfone le 10 encore au Piano Nobile qui compte comme une salle en soi, avec la Maison symphonique, la Cinquième Salle, et la minuscule Salle Claude-Léveillée de la Place des Arts, avec ses billets à 10 $ pour des concerts intimes comme celui, très attendu, du jeune prodige violoniste Blake Pouliot.

Interrogé après la présentation de ce copieux menu de musique classique estivale, le porte-parole André Robitaille disait : « Je ne suis pas un érudit, ni un expert, et je ne suis pas musicien non plus, mais j’écoute de la musique tout le temps, et mes enfants aussi. Il faut dire que j’ai joué le personnage de Mozart pendant huit ans dans Edgar et ses fantômes, ce qui m’a permis d’élargir mes horizons. J’ai joué aussi dans Amadeus de Peter Schaeffer, avec Gilles Pelletier dont ç’a été le dernier rôle. Je viens souvent à la Maison symphonique. J’aime beaucoup Bartok qui m’attire et m’émeut, même si je ne comprends pas tout. J’ai beaucoup lu sur Mozart et tout écouté. Et Beethoven, je suis happé par tout ce qui vient de lui. La musique est vraiment importante, je dirais essentielle, dans toute ma vie. »

Le concert de clôture de cette Virée classique 2019 s’intitule Delirium Vivaldi! Il sera présenté à la Maison symphonique le 11 août en après-midi, avec huit superbes musiciens, dont Baiba Skride et Blake Pouliot. Des instruments insolites comme le marimba, le cymbalum et l’octobasse seront mis à contribution sous la direction de Kent Nagano qui ajoutait le faire « sans compromis possible ».

Que du grand art donc, que du bonheur aux oreilles et à l’âme des mélomanes, jeunes comme moins jeunes, à propos de qui Wilfrid Pelletier aimait dire : « La musique appartient à tout le monde ».

Vos commentaires