Dialogue des Carmélites
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Le Dialogue des Carmélites à l’Opéra de Montréal | Poignant

L’Opéra de Montréal présentait, samedi soir à la salle Wilfrid-Pelletier, Le Dialogue des Carmélites. Cette œuvre, qui prend ses idées des écrits de Georges Bernanos est tirée du répertoire du compositeur français François Poulenc. Soixante ans, presque jour pour jour, nous séparent de la grande première de cette œuvre composée en 1953 et jouée pour la première fois le 26 janvier 1957. Poulenc a côtoyé les Stravinsky et les Satie de ce monde. Contemporain dans son approche, il a écrit un opéra sans ouverture qui commence direct dans l’action et qui met l’accent sur les dialogues.


Une jeune femme, nommée Blanche, jouée admirablement par Marianne Fiset, annonce à son père qu’elle veut entrer chez les Carmélites de Compiègne. Un personnage à la recherche d’une paix intérieure ; une quête spirituelle l’habite. Arrivée au couvent, Blanche s’aperçoit que Madame de Croissy, la prieure très malade, va rendre l’âme bientôt. La peur de mourir de cette dame, chantée par Mia Lennox, pousse celle qui devient Sœur Blanche de l’Agonie du Christ à se questionner sur ses propres peurs. L’acte I finit sur cette scène où Madame de Croissy rend l’âme et où les sœurs se rassemblent et se mettent à prier. Ce premier chant en chœur, en latin, se fait rassembleur et réconfortant.

Au deuxième acte, les révolutionnaires empêchent les prêtres de prononcer des messes et les sœurs d’exercer et de porter les vêtements religieux. Elles font alors vœux de martyrs et se rallient derrière leur nouvelle prieure Madame Lidoine, jouée par Marie-Josée Lord qu’on aime admirer. Les révolutionnaires reviennent avant que les carmélites quittent le couvent. Leurs têtes sont mises à mort. Elles devront faire preuve de courage pour affronter la guillotine. Prise de peur, Blanche se sauve, mais revient pour mourir au côté de sa compatriote qui avait rêvé qu’elles rendent l’âme ensemble.

La scène finale de l’acte III est inoubliable. Les seize sœurs chantent Salve Regina et des bruits très sourds de guillotine se font entendre. À chaque coup, une sœur meurt. La mélodie continue et se termine avec la voix de Blanche qui s’éteint devant nos yeux. Entendre cette finale avec de moins en moins de voix est intense et poignant. Outre les trois interprètes mentionnées ci-haut, nous avons eu droit, entres autres, aux magnifiques voix de Gino Quilico, d’Antoine Bélanger et de Magali Simard-Galdes.

La mise en scène de Serge Denoncourt, plus connu pour ses œuvres dans le milieu du théâtre, proposait un travail sobre et statique. Plus de déplacements aurait peut-être dynamisé l’opéra qui s’anime lentement.

Vous avez envie de vous initier à l’art de l’opéra? Le Dialogue des Carmélites ne serait peut-être pas une première recommandation. Par contre, si vous êtes des amoureux de cet art de la scène et que vous l’appréciez sous toutes ses formes, un petit détour dans le couvent des Carmélites serait plus que souhaitable.

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