Leeroy Stagger
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Leeroy Stagger au Divan Orange | L’éclaircie venue de l’Ouest

C’est dans un environnement extrêmement positif que les spectateurs du Divan Orange ont assisté ce mardi soir à la prestation de Leeroy Stagger. Tout à fait à l’aise derrière ses six cordes, l’auteur-compositeur-interprète canadien a présenté en grande partie son dernier disque dans le cadre de son The Love Versus Tour à travers le pays.

Parcourant depuis mi-mars les routes de son pays, de l’Alberta jusqu’au Québec, le natif de Colombie-Britannique joue, espérons-le, avec passion dans chaque place qu’il visite. Car oui, pour ce qui est de Montréal, c’était le cas. Leeroy Stagger est un cool guy sur scène mais qu’en est-il de sa musique ?

Fort de onze albums produits depuis 2002 déjà, le guitariste barbu a roulé sa bosse depuis une dizaine d’années. Pas nécessairement aussi connu que d’autres artistes canadiens, il a toutefois su devenir un artiste important de la scène nationale, voire internationale lorsqu’apparaissent ses musiques dans des séries télévisées telles que Grey’s Anatomy ou Sons Of Anarchy. De ce parcours artistique atypique a aussi germé des chansons aux allures variées. Mais difficile toutefois de catégoriser l’artiste lorsque certaines de ses titres s’inspirent de plusieurs genres comme le rock. Et lui-même le dit dans sa biographie :

 

« I just go where the songs take me. I’m not afraid of commercial rock or pop, but my feeling is you have to be clever in writing catchy music while somehow laying out a framework to include intelligent lyrics. »

 

Un Leeroy aux deux faces

À la fois dynamiques et apaisantes, ses productions sont extrêmement solides pour être présentées sur scène. C’est pour cela que Leeroy Stagger a deux faces. Avec une variété de genres flirtant de l’Americana au rock en passant par le country, le spectateur y trouve nécessairement son compte quelque soit l’étaire internationale lorsque ce soit l’tre . On y trouve son compte, ant de la scène nationale, voire internationale lorsque ceétat d’esprit qui l’anime.

Tout commence d’abord par l’entraînante I Want It All où les quatre musiciens accompagnant Leeroy Stagger sont plus qu’alerte dans l’entame du concert. Les harmonies sont justes tandis que ça tape fort sur la batterie et le clavier au son organique. La dynamique se poursuit avec Love Versus où la belle voix parfois enraillée du chanteur se fond très bien avec la réverbe du piano et le pickin’ du banjo. L’harmonica vient de temps à autre ponctuer les fins de refrain, dans le plus pur style Americana. La barbe de Leeroy Stagger est presque en train de se coincer dans son instrument à vent mais, tout en maîtrise, le canadien enchaîne avec la groovy Poison The Well avant de conclure la chanson par une déclaration d’amour. « It’s good to be in your beautiful province » dit-il. Alors oui, c’est le Québec. Mais on se croirait parfois dans un bar de Nashville, avec ce parquet en bois et ces lumières tamisées…

 

Un concert sincère

Pendant une heure et demie donc, le public semble apprécier ce moment musical sincère où Leeroy Stagger rend notamment hommage à son frère, victime d’un accident en auto qui a failli lui coûter la vie. Présent dans la salle, il lui dédie Little Brother. L’émotion est palpable. Une panoplie de genre est là aussi pour rappeler par la suite des références multiples, que ce soit Johnny Cash, Bob Dylan ou Creedence Clearwater Revival avec notamment l’excellente New Music Biz Blues. Une belle complicité se révèle ici entre Leeroy Stagger et son guitariste, tout comme pour la belle ballade Just In Case. On notera aussi ce lien tacite entre le compositeur et son pianiste sur Dream, dont l’introduction est profonde. Mais c’est Living In The Future, sosie de Weight Of Love de The Black Keys, qui récolte sûrement les applaudissements les plus nourris tant les musiciens arrivent à se mettre au diapason pour provoquer une montée d’adrénaline comme cet échange de solos épique entre Stagger et son guitariste.

La musique de Leeroy Stagger est à première vue simple, mais elle est surtout efficace. Si elle n’a pas empêché la sédentarité de la trentaine de spectateurs disposés autour des tables Divan Orange, elle représente à l’inverse un beau message positif. Elle rend heureux. C’est d’ailleurs après Dirty Windshields qu’un discret mais symbolique « a lot of beautiful things going on down here » est lancé, en réponse aux récents évènements qui ont attaqué la culture de plein fouet. Car oui, la musique a entre autres ce pouvoir de faire passer des message d’amour comme le veut Leeroy Stagger au cours son voyage à travers l’Amérique. Et on veut y croire, vraiment.

 

Liste des chansons 

  1. I Want It All
  2. Love Versus
  3. Enemy Inside
  4. Crooked Old World
  5. Poison The Well
  6. Little Brother
  7. New Music Business
  8. Joe Strummer and Joey Ramone
  9. Just In Case
  10. Dream
  11. Living In The Future
  12. Run Rabbit Run
  13. Something Beautiful
  14. Mister
  15. Beautiful House
  16. Radiant Land
  17. Until The End Of Time
  18. Dirty Windshields
  19. Passing Through
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