Lucifer
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Lucifer et Spell à Montréal | Quand le heavy metal flirte avec les 70s

Les Suédois de Lucifer ont envoûté un Turbo Haus plein à craquer alors que les Canadiens de Spell ont aussi fait forte impression, mercredi soir. Le tout bien introduit par les locaux du Lüger : retour sur une soirée réussie où les groupes ont tous balancé du gros riff jusqu’à l’apogée finale de Lucifer.


Lüger lance les hostilités

Un mardi soir frileux où le printemps se fait toujours attendre, mais il faut quand même ouvrir les fenêtres du Turbo Haus qui affiche complet. C’est les bûcherons locaux de Lüger qui ouvrent le bal avec un mur de guitares baveuses et fuzzy à souhait, du lourd et du sale pour appuyer les compos de leur premier album Hellraisers Of the Waste. Des dynamiques variées, et du bon gros riff stoner dans la tronche : Lüger ne fait pas dans la demi-mesure et démarre en force.

 

Spell

Place au trio de Vancouver, Spell, qui ont même deux fans qui sont venus du Mexique spécialement pour ce spectacle ! Ouvrant avec l’excellent Madame Psychosis, le groupe prend quelques chansons pour trouver ses marques et ajuster leur son, et la machine se met vite en place.

Avec des effets de synthétiseurs (ce serait intéressant de les voir avec un claviériste!), Spell envoie une musique teintée de hard-rock et prog 70s avec des structures travaillées, s’aventurant dans des sonorités plus alternatives et presque psychédéliques. Certains morceaux paraissent difficiles à traduire en live mais l’ensemble reste bien exécuté, on ne peut qu’apprécier la qualité de leurs compositions, comme Silent Towers qui voit le batteur prendre le chant. Spell affirme sa place dans la scène métal canadienne avec une belle couleur 70s.

Lucifer

Et c’est enfin Lucifer qui monte sur scène pour conclure en beauté. Tout d’abord avec la maîtresse de cérémonie Johanna Sadonis qui livre une excellente prestation, alors qu’elle avait du annuler le spectacle à Québec la veille suite à une extinction de voix.

Non sans rappeler Blood Ceremony par moments, la musique de Lucifer prend vraiment une autre dimension en live, que ce soit pour le chant ou les morceaux en général, les dynamiques et variations sont beaucoup mieux accentuées, et ça donne un groupe assez incroyable. La mise en place est impressionnante, ça groove mais c’est réglé au millimètre. Avec un bon son chaud et rock’n’roll, les deux guitaristes s’échangent les solos et se croisent même à la Free Bird dans la nouvelle chanson Ghosts. Le bassiste à franges ne manque pas une note, avec des lignes qui remplissent parfaitement entre les guitares ou viennent plaquer des riffs qui groove à mort.

Et que dire de Nick « Royale » Andersson, guitariste des Hellacopters qui est aussi un batteur hallucinant. Un poste qu’il occupe aussi dans le groupe de death metal Entombed. Ça tape dans tous les sens et à toute vitesse, il s’envole pour toujours retomber parfaitement avec le reste du groupe. Une performance remarquable qui ajoute beaucoup au groupe qui met la barre très haut.

Mélodique, accrocheur et envoûtant : Lucifer maîtrise son hard rock Sabbathien d’une main d’acier. La foule est conquise. Les Sudéois font un rappel surprenant avec Bomber de Motorhead, pour terminer avec leur California Son. On espère les revoir dans une salle un peu plus grande la prochaine fois!

Grille de chansons (Lucifer)

  1. Faux Pharaoh
  2. Eyes In The Sky
  3. Dreamer
  4. Phoenix
  5. Aton
  6. Purple Pyramid
  7. Morning Star
  8. Ghosts
  9. Reaper On Your Heels

Rappel

Anubis
Bomber (Motorhead)
California Son

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